Gonalons, impact pleasure

Olympique Lyonnais

RANK’N’OL #S03E10C’est l’histoire d’un bon coup qui doit beaucoup à celui qui en donne le plus. La performance de premier choix d’un entraîneur qui ne l’était pas. Avec un but vilain inscrit par un fondamentaliste du beau. Inégal mais sûr de ses convictions, presque génial au moment où on craignait la lassitude : face au PSG (1-1), l’OL a un peu rendu hommage au Rank. Qui lui rend la pareille en décapsulant son pack de cinq. Le pack des Princes.

 

Le match : Les Lyonnais valent le top 5

 

Olympique Lyonnais

Le mode d’emploi : Let’s Rank’n’OL !

 

GONALONS1. Maxime Gonalons

« C’est toujours le même principe que me rappelle sans cesse Joël Bats : pour faire souffrir les autres, il faut souffrir avant. » (L’Équipe) Si l’on en croit le niveau de souffrance infligé au milieu parisien à partir de cette 60e minute, ce moment décisif où l’on voit qui fait le plus mal dans l’échange de coups durs envoyés depuis le milieu, Maxime Gonalons est un type qui en a trop bavé. Pas seulement dans ce début de saison où, balloté de Toulouse à Metz, il cédait face au mal faute de pouvoir l’imposer. Il en est aussi question dans ce début de match où la pression parisienne renvoie le milieu lyonnais à ses limites du moment. C’est Gonalons, canal plaie, d’abord à vif. Et puis à vices, parce qu’il ne sert à rien de morfler si l’on ne peut pas renvoyer à son bourreau du soir la monnaie de sa pièce, de préférence à celui qui y tient le premier rôle. Thiago Motta sur le banc, c’est avec Ibra que le capitaine dégomme. Gonalons manie le verbe comme il envoie du taquet, allumant tout ce qu’il peut pour mieux éteindre le Parc. Comme s’il fallait en passer par ces heures les plus crades pour redevenir enfin Washing Maxime, celui que Diarra avait repéré comme son successeur un soir d’exploit à Madrid : « Il est bon le petit : il fait mal. » La souffrance, tu l’aimes et tu la quittes.

Olympique Lyonnais2. Nabil Fekir

Sa zone d’action a beau se situer au plus près du sol, Nabil Fekir n’en demeure pas moins au-dessus. Que ce soit comme relayeur en amical à Copenhague ou en pointe pour un match de gala au Parc. S’il est sorti prématurément lors de la première journée contre Rennes, on aura beaucoup de mal à invoquer le hasard pour justifier que l’OL n’a pris aucun point quand il était absent et n’a jamais perdu quand il était là. Percutant et créatif, toujours dangereux, Nabilon met les défenseurs en panique sur chaque prise de balle. La question était de savoir s’il parviendrait à se hisser au niveau du PSG. Difficile de répondre oui. Car à Paris, Nabil Fekir n’a pas été à la hauteur de l’événement. Il était un peu plus haut encore.

Olympique Lyonnais3. Samuel Umtiti

On peut célébrer le joueur qui voulait toujours faire de belles choses sans nier celui qui oublie souvent de faire les choses bien. Il ne nous a pas échappé que Samuel Umtiti n’était toujours pas le grand défenseur qu’il doit être (et qu’il sera). Et qu’il n’a toujours pas été face au PSG. Pourtant, au Parc, on a senti quelque chose changer. Un peu comme si le destin avait décidé de le sortir de ce monde plein de « Franchement, Koné ne me rassure pas moins qu’Umtiti », de « Il est pas mieux dans le couloir Sam ? » et d’autres horreurs. Le tournant, il a bien évidemment eu lieu à la 71e quand il a obligé Anthony Lopes à la parade en ayant soit raté son dégagement en corner, soit un peu sous-estimé les dangers d’une passe en retrait quand on est lancé et à trois mètres de ses propres cages. Au lieu d’être le boulet qui aurait enterré les espoirs de siens, le Fossoyeur de Ménival sera treize minutes plus tard le héros de l’égalisation, heureuse elle aussi, grâce à un but marqué sans maîtrise ni ambition esthétique. Une action seulement efficace. Pour rien au monde il ne faudrait soustraire l’amour du geste au football d’Umtiti. Mais sa veine du jour est aussi là pour lui rappeler qu’on a le droit d’être au-dessus de certaines choses, à condition d’être au-dessus de tous les autres.

4. Hubert Fournier

Les vents contraires ont trop soufflé depuis le début de saison pour ne pas menacer d’emporter Hubert Fournier. D’autant plus s’ils ravivent un peu plus les braises de cette nostalgie qui s’appelle Rémi Garde. On en tient pour preuve cette sortie de Jean-Michel Aulas plus tôt dans la semaine : « Willy Sagnol était mon premier choix. » (Le Parisien) Qu’un président connu pour protéger ses entraîneurs se mette à souffler dans le sens du vent, c’est que les regrets promettent d’être éternels. Ou alors que la donne est peut-être en train de changer bien plus qu’on n’aurait pu l’imaginer entre Saône et Rhône. Comme si JMA reprenait à son compte la méthode de Fournier qui préfère bousculer ses hommes, en public de préférence, plutôt que de ménager les susceptibilités. Si l’on en croit l’effet obtenu par cette ligne appliquée à lui-même, la recette pourrait bien avoir de l’avenir. Plutôt que de céder à la frilosité qui avait perdu Garde dans ce même Parc la saison dernière, alignant une défense à cinq comme on envoie une fusée de détresse, Fournier conserve le 4-4-2 qui a eu raison de Monaco une semaine plus tôt. Pour s’en sortir dans une première mi-temps passée à la limite de la suffocation, il faut une bonne dose d’orgueil et un soupçon de chance, celle qui fait manquer le cadre à Cabaye (14e), celle qui voit Aurier tenter le tir côté fermé plutôt que le centre en retrait (27e) ou qui fait dévisser la frappe de Cavani face au but vide (37e). Disons surtout que dans ces moments-là, l’intention tient lieu de discours. Et plutôt que de subir, les Lyonnais ont encore 45 minutes pour se mettre à jouer dans le sens de la compo alignée par leur coach. Lequel balance N’Jie (58e), Gourcuff (70e) et Bedimo (76e) comme autant de signaux d’une ambition retrouvée. À cette occasion près de Tolisso seul face au but (87e), Fournier confirme qu’il n’est pas l’homme du premier choix. Ce qui ne l’a pas empêché d’être l’homme des bons choix.

Olympique Lyonnais5. Clinton N’Jie

Certains soirs, il faut que le football ait la couleur de l’innocence pour qu’on se mette à croire toujours plus au miracle N’Jie. Y compris quand les premières prises de balle qui suivent son entrée sur le terrain (58e) nous ramènent à ces mêmes limites du joueur, celles qui le voient manquer ce contrôle sur une passe de Fekir qui doit l’envoyer seul face au but (61e) ou ne pas maîtriser la règle du hors-jeu une fois que la touche vient d’être effectuée (90e). Là où d’autres pourraient s’en vouloir de ces approximations qui menacent de foutre en l’air tout le travail collectif, N’Jie repart comme si de rien était. Mieux, il donne l’impression de tout oublier, comme si le foot était un éternel recommencement. Il peut bien menacer de repousser toujours plus loin l’art de dilapider les ballons qu’on lui envoie, c’est aussi lui qui pousse Sirigu à cette claquette main opposée sur une frappe enroulée (83e) ou qui décale Tolisso seul face au but (87e). On est loin de la grosse dose d’égo qui a servi de point de repère dans la carrière d’Eto’o fils. Bien plus qu’un cigare, c’est bien ce refus de prendre la mesure de l’événement qui le voit s’embarquer dans une série de dribbles à la limite de l’absurde, seul au milieu de la défense parisienne, avant qu’Umtiti finisse par reprendre le contre qui vient (84e). Sa fantaisie pourrait très bien en faire le pire attaquant du monde, tant que ses tentatives les plus manquées lui réussissent, on est prêt à voir de nouveau traîner Eto’o fils fils.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

Retrouvez le Rank’n’OL sur OL Dirty Bastards et le Libéro Lyon.

(Photo Anthony Bibard – FEP / Panoramic)

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>