OL : Yassine Benzia, dix jours pour convaincre

Olympique Lyonnais

CRACK TEST. Il y a bientôt un an, le 8 décembre 2013, Yassine Benzia était titularisé par Rémi Garde à Bastia, où il allait marquer son deuxième but de la saison. Depuis, plus rien, ou pas grand-chose : 65 minutes de Ligue 1 en trois apparitions. Alors que l’OL retourne à Furiani le 22 novembre, le talentueux avant-centre pourrait à nouveau avoir sa chance. Et ce serait bien qu’il la saisisse.

 

Yassine Benzia n’était pas sur la feuille de match contre Guingamp, mais il a sûrement regardé le match quand même. Il a donc vu les performances de Clinton N’Jie et Mohamed Yattara et s’est probablement dit, comme nous, qu’il aurait fait mieux. Et c’est un fait : Benzia peut mieux faire. En tout cas, il doit.

Quatre ans après son arrivée à Lyon, deux ans après cette entrée enivrante à New York pour le Trophée des champions contre Montpellier, un an après ce match complet à Sochaux (deux passes décisives et un but), Yassine Benzia n’est plus la « pépite » attendue. En tout cas, il n’est plus considéré ainsi. Déjà, parce qu’il a 20 ans, un âge auquel Karim Benzema avait déjà disputé 59 rencontres de Ligue 1 pour 18 buts, quand le Rouennais stagne à 29 (bouts de) matchs pour deux pions.

Trois dernières titularisations : 2 buts, 2 passes

Évidemment, la comparaison avec Benzema est stupide et on fait dire aux chiffres ce qu’on veut. On pourrait en effet souligner qu’au cours de ses trois dernières titularisations, Benzia a marqué à deux reprises et délivré autant de passes décisives, en sortant à chaque fois à vingt minutes de la fin. Ce qui ne fait qu’amplifier la frustration générale.

Ce qui agace aussi, c’est que Yassine Benzia semble être le complément idéal d’Alexandre Lacazette. En tout cas chez les vrais numéros 9. Nabil Fekir, parfait dans le rôle de deuxième attaquant, a une longueur d’avance. Mais un rôle de doublure dans un système à deux pointes, ce serait déjà pas mal. Pour l’instant, Benzia n’est que le cinquième choix.

Fekir suspendu, N’Jie et Yattara de retour d’Afrique

Fekir, justement, sera suspendu à Bastia. N’Jie a montré ses limites quand il débute les rencontres : la folie qu’il met dans les vingt premières minutes se prolonge rarement au-delà, comme s’il était programmé pour être un joker. Et de toutes façons, le Camerounais reviendra tout juste de Côte-d’Ivoire, où il jouera le mercredi 19 en éliminatoires de la CAN, alors que Yattara et la Guinée affronteront l’Ouganda, à Casablanca.

Benzia, qui n’a pas toujours eu les éléments avec lui ces derniers mois (non-départs de Briand et Gomis ; cinq matchs de suspension pour un carton rouge en CFA ; claquage en janvier, blessure au coude en mai puis aux adducteurs fin août) a une vraie opportunité de montrer ce qu’il vaut. Sauf qu’il faut pour cela gagner sa place à l’entraînement, un concept qui le dépasse un peu. Qu’il soit véritablement dilettante ou qu’il en ait seulement l’air, peu importe, Benzia va devoir convaincre son entraîneur et tout le staff qu’il mérite de jouer. C’est son premier défi et peut-être le plus important : s’adapter aux codes des autres la semaine pour avoir enfin le droit de dicter sa loi le week-end.

Pierre Prugneau


(Photo Nolwenn Le Gouic – FEP / Panoramic)

Lire : Benzia, l’indocile heureux

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