OL : le 4-3-3 a donné envie, mais…

Aouar Ndombele

TACTIQUE. L’OL a produit à Nice un match qui a illustré tous les avantages que l’on pouvait imaginer d’un 4-3-3, notamment pour optimiser à la fois les qualités de Houssem Aouar et Tanguy Ndombele (en photo au pressing face à Arnaud Lusamba). Mais sa mise en place de façon pérenne se heurte à certains problèmes.

 

La question aurait pu ne pas se poser sans un petit virus qui passait par là. Si Nabil Fekir n’avait pas été malade ce week-end et forfait pour le déplacement à Nice, l’OL aurait sans doute joué en 4-2-3-1 et basta. Oui mais voilà, l’OL a évolué en 4-3-3, en a collé 5 au troisième du dernier championnat et a surtout montré en quoi ce système de jeu pouvait être excitant avec son effectif.

La volée infligée aux Aiglons n’a paradoxalement pas levé tous les doutes sur les trois attaquants du dimanche, mais a plutôt ravivé les regrets de ne pas voir plus souvent Houssem Aouar et Tanguy Ndombele associés au cœur du jeu. Capable d’avaler les espaces laissés par la défense adverse (et ils étaient importants sur la Côte d’Azur), le trio de devant a en effet surtout pu compter sur deux rampes de lancement parfaites, chacune dans leur style : Aouar fait plutôt dans la passe soyeuse, Ndombele a la capacité à remettre le jeu dans le bon sens à la prise de balle. Bien sûr, cette répartition des rôles n’est pas figée et tous deux ont le talent pour faire autre chose : le nouveau Zidane a ainsi provoqué un carton jaune niçois sur une percée balle au pied, le Black Redondo a déclenché le but de Maxwel Cornet d’une passe somptueuse pour Kenny Tete.

Si l’envie est grande de revoir les deux jeunes relayeurs ensemble devant Lucas Tousart, elle se heurte à deux problèmes majeurs. Le premier est le manque de solutions sur le banc au milieu de terrain. Le temps de Jordan Ferri et Clément Grenier semble désormais révolu, et même leurs plus grands soutiens n’osent plus réclamer leur titularisation. Ils font des remplaçants convenables, mais la différence de niveau avec les deux titulaires de 19 et 20 ans semble déjà trop grande. La venue de Pape Cheikh Diop cet été a elle clairement été actée pour éviter de se faire piquer l’Espagnol par d’autres clubs, et pas pour en faire un habitué de l’équipe première dès sa première saison en France. Ses prestations en National 2 sont pourtant convaincantes, mais il n’a jusqu’ici été appelé qu’une fois dans le groupe (et encore, Grenier et Ferri étaient tous deux absents).

 

Fekir, un grand mais (qui pourrait le faire briller en juin)

Ce problème pourrait toutefois ne pas en être un : on peut se dire que le 4-3-3 ne restera qu’un système d’appoint voué à être utilisé sur de courtes périodes, et que le manque de banc se fera moins ressentir dans la mesure où il est possible de repasser en 4-2-3-1 si l’un des membres de la paire Aouar-Ndombele est absent. Le plus gros souci pourrait venir en réalité de la position de Nabil Fekir dans un tel système. En l’absence de Bertrand Traoré, on pourrait imaginer revoir le 4-3-3 jusqu’à la trêve hivernale avec Captain Nabilon sur le côté droit. Cette possibilité avait tourné court l’an dernier, mais le numéro 18 de l’OL n’était pas dans la même forme qu’aujourd’hui. Cela fait d’ailleurs deux conférences de presse que son entraîneur Bruno Genesio n’évacue pas totalement la possibilité de l’aligner sur l’aile. 

La présence de Kenny Tete, latéral qui sait mieux tenir son couloir que Rafael, pourrait d’ailleurs permettre de mettre en application cette idée un peu plus facilement en laissant plus de libertés à Fekir. Genesio dispose surtout d’un autre argument de choc pour convaincre son meilleur joueur de s’exiler sur le côté : Antoine Griezmann, star de l’équipe de France, devrait a priori occuper le rôle de soutien de l’attaquant de pointe des Bleus en Russie cet été. S’il veut être titulaire à la Coupe du monde, Fekir a donc peut-être intérêt à prendre ses marques dans le couloir droit…

Hugo Hélin

(Photo Alexandre Debbache / OGC Nice Medias)

3 Comments

  1. Don Ramón

    28 novembre 2017 at 4:34

    C’est quand même pas compliqué.

    Messi est bien « ailier droit » à Barcelone et pourtant il est toujours dans l’axe ! Un 4-3-3 où Fékir se réaxerait quand on a la possession. Depay jouerait haut. N’Dombele couvre à droite. L’arrière gauche attaque fortement. L’arrière droit reste derrière dans ce qui ressemble à une défense à 3. Ca ressemble à un superbe 3-3-2-2 digne d’un Bielsa, dans les phases de jeu construit. Avec Aouar et Fékir l’un à côté de l’autre dans l’axe !

    En cas de perte de balle, c’est Aouar qui fait l’effort pour occuper l’espace laissé par Depay, pendant que l’arrière gauche se replace. Ca ressemble donc à un 4-4-2 losange par moments (dans la transition défensive et sur les contre-attaques rapides, qui étaient notre force l’année où Lacazette et Fékir ont explosé dans ce système).

    Pep Genesio, est-ce que tu es capable de préparer tes joueurs à jouer comme ca ? J’en doute !

  2. Charles

    29 novembre 2017 at 12:19

    On a des joueurs complémentaires, on peut jouer en 4-3-3, 4-2-3-1 et même en 3-5-2 voire 3-4-3 pour suivre la mode !
    C’est plutôt un luxe :)

  3. gege

    29 novembre 2017 at 1:45

    Malheureusement pour Fekir la question n’est pas de savoir s’il sera titulaire a la Coupe du monde (sur l’aile droite ou ailleurs) mais s’il sera dans les 23.
    S’il n’est capable d’evoluer efficacement que dans l’axe, Deschamps devrait privilegier un joueur plus polyvalent que lui.

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