Clément Grenier, l’impasse décisive

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MERCATO. Entre euphorie disproportionnée, âge d’or méjugé et, surtout, quatre années complètement gâchées, l’histoire de Clément Grenier avec l’OL a suscité énormément d’incompréhension. La seule certitude, c’est qu’il était arrivé au bout de son histoire à Lyon. Et que ce transfert à Guingamp ressemble à une bonne nouvelle pour tout le monde.

 

L’histoire du Libéro et celle de Clément Grenier sont assez liées. Certes, il était là avant, mais on sait désormais qu’on sera là après. Car quand le site publie ses premiers articles, au printemps 2013, Grenier est en feu. Enfin, c’est ce que croit la France. Ici, on a bien identifié que des « coups de Juni » masquent des matches moins consistants, même s’il y a quelque chose de beau à se montrer décisif quand on n’arrive pas à faire autre chose. D’ailleurs, il n’y a aucun acharnement à l’encontre du garçon, souvent bien servi au conseil des classes et pas loin du podium du Rank 2013.

N’empêche, quand JMA s’emballe, comme il l’a fait trois ans plus tôt avec Gourcuff et deux ans plus tard avec Valbuena -à croire que le flair se perd-, on fait la moue (mais pas la guerre). Les cinq mois qui suivent nous donnent raison, mais on ne se vantera pas pour les cinq ans. Car l’hiver 2013-14 restera un enchantement aussi intense qu’éphémère, et Clément Grenier n’y est pas pour rien.

 

Grenier, ça marche à l’ombre

A posteriori, ses contempteurs vous diront que son importance ne valait pas celle de Gourcuff, Fofana et Gonalons. Enfin, pour faire un losange, il faut être quatre, et il n’est de toute façon pas question de nier : c’est là, à l’ombre mais pas trop quand même, que Clément Grenier donne le meilleur de lui-même. Là qu’il a grandi, dans celle d’Enzo Reale, et là qu’il s’est senti le mieux, dans celle de Yoann Gourcuff. Un relayeur joueur, propre, bien plus combatif qu’on ne veut bien se le rappeler aujourd’hui. Moins clutch, mais plus au service de l’ensemble.

Olympique Lyonnais

(Photo Bruno Perrel – Panoramic)

Sauf que ça n’a pas duré, tout le monde s’est blessé (sauf Gonalons) et personne ne s’en est jamais vraiment remis (même Gonalons). Clément Grenier se fait opérer fin août 2014 pour une pubalgie. Son objectif est alors de revenir pour le Derby à Geoffroy-Guichard, prévu le 30 novembre. Il ne reviendra en fait qu’une semaine avant celui de Gerland, cinq mois après. C’est à peu près là qu’on l’a perdu. Entre la tête et le corps, c’est un peu l’histoire de l’œuf et la poule : on ne sait plus qui a usé l’autre. Grenier joue 44 matches, ou plutôt il fait 44 apparitions, en quatre saisons, dont 23 pour le seul exercice 2015-16, ce qui lui permettra d’offrir à Lacazette le premier but de l’histoire de l’Outil.

Pas grand-monde ne croit en son prêt à la Roma, en 2017 et, de fait, il n’en portera le maillot qu’à six reprises. Mais là encore subsiste une ambiguïté, puisque sa seule titularisation est une réussite. Pas de quoi susciter les espoirs les plus fous chez les supporters de l’OL à son retour, et pour cause : Grenier semble appartenir à l’histoire mais plus du tout au présent. Quand débute la nouvelle saison, Lopes, Gorgelin, Ferri et Fekir sont les seuls joueurs de l’effectif à l’avoir connu titulaire indiscutable. Et ça commence à dater.

 

On y croit Armor

Grenier est alors le joueur de National 2 le plus médiatisé de France. Pas pour ses stats, plutôt bonnes, mais parce qu’il reste une figure prisée des médias. Il faut dire qu’il aime ça -à moins que ce ne soit ses conseillers-, et que cette exposition inversement proportionnelle à sa présence sur les terrains de Ligue 1 lui vaut pas mal de railleries et d’animosité. Pas sûr, d’ailleurs, que ce soit du goût d’Antoine Kombouaré. Pourtant, l’entraîneur de Guingamp a voulu Clément Grenier, et il l’a eu après avoir personnellement insisté. Et c’est probablement son meilleur coup de com’ depuis longtemps. « Grenier la starlette » rejoint un club modeste, « Grenier le noceur » file dans une petite ville calme et « Grenier le fainéant » opte pour un coach exigeant. Un vrai choix sportif. Loin de la lumière, là où on le préfère.

HH (avec PP)

(Photo Panoramic)

2 Comments

  1. gégé

    31 janvier 2018 at 5:53

    Marrant d’aller a Guingamp quand on voit la liste de clubs qu’il a refusés dans le passé parce qu’ils ne correspondaient pas a son standing.
    Cela dit, pour ne pas tirer sur l’ambulance, je lui souhaite autant de réussite que possible en Bretagne (et pour commencer d’enchainer les matches, ce serait deja une belle victoire).

  2. EcOL

    1 février 2018 at 8:58

    L’article est très sympa. C’est clair qu’on a alterné entre les espoirs les déceptions et la lassitude envers ce joueur, mais il a du talent et il a fait un excellent choix en allant à Guingamp alors je serai ravi de le revoir faire quelques merveilles sur les terrains de L1. Et puis voir Briand + Grenier dans la même équipe, ça fait un bon cocktail pour tout supporter lyonnais !

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