Sylvinho est-il le meilleur entraîneur de l’histoire du Parc OL ?

Sylvinho

ZÉNON C’EST NON. Rapidement confronté à la défiance d’une partie des réseaux sociaux, qui le critiquait avant même qu’il ne dirige son premier match en se basant sur ses expériences précédentes en tant qu’entraîneur principal, Sylvinho a pourtant rapidement mis tous les suiveurs de l’OL d’accord. Décryptage.

Un philosophe du football

« J’aime le 4-3-3, j’aime la possession de balle, j’aime jouer dans le camp adverse. » Lorsque la traductrice Isabelle Dias arrive au bout de cette interminable tirade, la stupeur est palpable dans la salle de conférence de presse du Parc OL. Jamais ces quatre murs n’avaient en effet autant entendu parler de football et personne ne sait vraiment comment réagir. Les journalistes, en état de choc, regardent leur calepin ou leur écran d’ordinateur.

Certains devront même quitter la salle quelques minutes plus tard sous assistance médicale. L’un d’eux fixe le mur avec le regard perdu en prononçant des mots incohérents comme « envie », « abnégation », « jeunesse » ou « c’est un vrai amoureux du club ». Le discours révolutionnaire de Sylvinho demandera sans doute un petit temps d’adaptation à des observateurs qui avaient perdu l’habitude d’entendre parler de losange, de carré, de triangle, de rectangle.

L'emblématique 4-3-3 de Sylvinho décrypté tactiquement : l'occupation du terrain est impeccable, avec notamment une arrière-garde solide grâce à la présence de quatre défenseurs, le milieu de terrain est bien quadrillé grâce à un triangle en pointe basse, trois joueurs sont présents en attaque pour marquer des buts.

L’emblématique 4-3-3 de Sylvinho décrypté tactiquement : l’occupation du terrain est impeccable, avec notamment une arrière-garde solide grâce à la présence de quatre défenseurs, le milieu de terrain est bien quadrillé grâce à un triangle en pointe basse, trois joueurs sont présents en attaque pour marquer des buts ou faire des passes décisives.

Un entraîneur avec des résultats

Lorsque Sylvinho a pris en main l’équipe, tout l’OL craignait les deux tours de barrages estivaux en Ligue des Champions. Un premier gros test passé haut la main par l’entraîneur brésilien, qui a décroché sans trembler un sésame direct pour la phase de poules de la plus prestigieuse des compétitions européennes.

Une excellente nouvelle d’un point de vue EBITDA, même si les impatients supporters de l’OL attendent maintenant un premier titre. Il pourrait arriver rapidement : Benfica ne devrait en effet pas tarder à annoncer le nom de l’équipe invitée à disputer l’Eusébio Cup 2019.

Un vrai formateur

Souvenez-vous de l’état de l’effectif de l’OL lorsque Sylvinho est arrivé : des joueurs jeunes et irréguliers, très clairement surcotés par des supporters qui voient les Lyonnais beaucoup plus beaux qu’ils ne le sont (sauf lorsqu’ils sont entraîneurs) et qui avaient encore beaucoup de boulot avant d’espérer atteindre le plus haut niveau.

Sylvinho a parfaitement su exploiter ce potentiel qui ne sautait pas toujours aux yeux : depuis son arrivée, Ferland Mendy a (presque) signé au Real Madrid, Léo Dubois est devenu international, Nabil Fekir a obtenu la Légion d’honneur, Tanguy Ndombele et Houssem Aouar sont quotidiennement le sujet de rumeurs les envoyant dans des grands clubs, Amine Gouiri a marqué trois buts en quatre matchs à la Coupe du monde U20 et Mathieu Gorgelin a pêché un sandre de 90 centimètres à Bouligneux. Un travail de formateur incroyable qui explique pourquoi Sylvinho n’a pas peur d’accorder sa confiance aux jeunes : Maxence Caqueret a ainsi déjà joué autant de matchs de Ligue 1 en 2019/2020 que lors de la saison précédente !



Zénon Zadkine

(Photo OL)

2 Comments

  1. Luc

    6 juin 2019 at 1:46

    Sri Lanka!

  2. Grnx

    6 juin 2019 at 10:35

    C’est très drôle, bravo!

    Et très touchant comme déclaration d’amour pour un entraîneur.

    En effet, comment ne pas lire en creux les remontrances adressées à ceux qui ont jugé incompétent un entraîneur novice et crucifié Bruno Genesio avant même son premier entraînement, comment ne pas repenser, devant la vacuité d’une déclaration bateau « j’aime la possession du ballon », à cette explication claire dès la première conférence de presse d’un projet de jeu limpide (on bloque l’adversaire avec un bloc bas et on lance nos individualités vers le but) qui, intégralement copie par un entraîneur malin,, nous a offert une Coupe du Monde.
    Comment ne pas acquiescer quand on comprend que c’est Genesio que vous louez pour avoir fait briller Fékir, Aouar, Ndombele ou Dubois, ou relancé un Memphis à la dérive au point d’en faire le fer de lance de son équipe nationale.

    Magnifique hommage, encore bravo.

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