OL – Villarreal (3-1) : Memphis torpille le sous-marin jaune

Memphis Depay

LES NOTES. L’OL s’est imposé sur un score surprenant face à Villarreal dans ce seizième aller de la Ligue Europa (3-1). Malgré la victoire, les Lyonnais ont rendu une copie brouillonne et déconcertante magnifiée par quelques minutes de folie et coups d’éclat – on devrait finir par avoir l’habitude – face à une formation espagnole peu inspirée. Ça ressemble à un cliché et c’est surtout une façon de ne pas se croire qualifiés trop vite : tout se jouera la semaine prochaine au Madrigal.

 

16e de finale aller de Ligue Europa, jeudi 15 février 2018

Olympique Lyonnais – Villarreal Club de Fútbol 3-1

Buts : Ndombele (46e) Fekir (49e) Memphis (82e) pour l’OL, Fornals (63e) pour Villarreal

Avertissements : Marçal (73e) à Lyon, Alvaro (42e) Cheryshev (43e) et Rodri (90e) à Villarreal

OL : Lopes – Rafael (Mendy, 85e), Marcelo, Morel, Marçal – Tousart, Ndombele – Traoré (Cornet, 77e), Fekir (cap), Aouar (Memphis, 73e) – Mariano. Entr. : Bruno Genesio.

Villarreal : Asenjo – Gaspar, Alvaro, V. Ruiz, J. Costa – Castillejo (Ünal, 54e), Rodri, Trigueros – Fornals (Raba, 89e) – Bacca, Cheryshev (Soriano, 74e). Entr. : Javier Calleja.

Lopes 7 – Rafael 7, Marcelo 3, Morel 5, Marçal 4 – Tousart 4, Ndombele 6 – Traoré 3, Fekir 6, Aouar 4 – Mariano 7

 

L’OL a livré une première mi-temps conforme à leurs récentes prestations. Peu inspiré offensivement mais animé de bonne volonté, l’OL a peiné à se créer des occasions franches mais a offert un semblant de pressing, certes désordonné, qui a perturbé Villarreal. En deuxième période, la très bonne entame a permis à Ndombele puis à Fekir de frapper deux fois coup sur coup. Quelques minutes où le match bascule dans une sorte de folie où le talent pur fait la différence : la formule avait conduit l’OL en demi-finale de Ligue Europa.

Les flottements défensifs lyonnais sont eux aussi une constante et la seule phase de transition bien abordée par le sous-marin jaune s’est soldée par un but de Fornals. C’est alors que Memphis a décidé de ressortir un des golazos qu’il affectionne tant. Au moment du coup de sifflet final, on peut se dire que l’on a vécu ce soir l’illustration parfaite du « genesisme ». C’est pas toujours beau, rarement cohérent, mais sur la scène européenne ça nous offre un bon paquet de moments qui resteront forcément dans l’histoire du nouveau stade. En face, Villarreal n’a pas vraiment sombré. Il semble surtout que les Espagnols n’ont jamais vraiment su par quel bout prendre cette rencontre (et leurs imprévisibles adversaires). Au retour, le scénario sera limpide : ils devront marquer au moins deux fois.

 

 

Anthony Lopes a sans doute réalisé son meilleur match de l’année civile face à Villarreal. Trois parades capitales en première mi-temps, une sortie inspirée mal récompensée dans les pieds de Fornals n’a pu empêcher les Espagnols de réduire l’écart. Il se rattrape dans les dernières minutes en arrêtant un boulet de canon du même Fornals.

Devant lui, sa charnière a été peu mise à contribution. On a connu un Jérémy Morel plus préoccupant. J-Mo est l’auteur (oui, on a vérifié plusieurs fois) d’une incroyable diagonale (les mauvaises langues diront une saucisse) depuis sa surface qui amène le deuxième but lyonnais. En revanche, Marcelo semble dans le dur (et on ne fait pas que référence au ciment qui a été coulé sur ses pieds). Très peu de passes pertinentes (ça, on savait. Mais quand même…) et un tacle raté invraisemblable face à Cheryshev sur le but espagnol. Sur les côtés, Fernando Marçal a bataillé face au remuant Castillejo. Guère plus à son aise après la sortie de ce dernier, il a livré un match sans relief. De l’autre côté, Rafael a été plus remuant. Libéré des tâches défensives grâce au faible rendement de son adversaire direct russe, il est à l’origine du premier but et a donné le tempo des offensives les plus incisives. Re Au milieu, que dire sinon qu’on assiste lors de chaque match, un peu plus, à la Gonalisation de Lucas Tousart. Sobre défensivement, il semble dispensé de toute prise d’initiative offensive. Malheureusement, c’est un peu le même topo pour Tanguy Ndombele. Celui-ci a toutefois plus tenté de casser des lignes lorsqu’il avait le ballon et s’est vu récompensé de son engagement en ouvrant le score.

Sur les côtés, Bertrand Traoré continue sa triste série en subissant peut-être le contrecoup de son retour de blessure. Peu d’engagement, un refus quasi constant de jouer de l’avant, remplacé logiquement par Maxwel Cornet. Houssem Aouar a livré une copie préoccupante. Exilé sur le côté gauche, il n’y a aucun rayonnement. Sans surprise, on l’a trouvé plus saignant lorsqu’il revenait à l’intérieur du jeu, mais ce fut trop rare. Remplacé par Memphis Depay, une nouvelle fois sauveur du soir. Un coup du foulard et une patate de 30 mètres qui vient lécher le poteau et claquer les filets d’Asenjo. Rien d’autre à signaler. On prend les paris qu’il sera titulaire pour le match retour, surtout qu’il y aura des espaces à exploiter.

Devant, Nabil Fekir a été sur courant alternatif. Souvent très bas, il a marqué après avoir suivi une contre-attaque éclair. Il est un peu sorti de son match après avoir reçu une amabilité sévèrement cramponnée d’un joueur de Villarreal. Ce ne serait peut-être pas mal qu’il puisse souffler, pour de vrai, ce week-end. Mariano Diaz a sorti toute sa panoplie ce soir, match diffusé à une heure de grande écoute dans son pays d’origine oblige. Engagement à tout-va, frappes impossibles… Il a essayé de faire l’essuie-glace devant, mais il ne pleuvait malheureusement pas beaucoup de ballons. Passeur décisif (volontairement ?) sur le premier but, il est à l’origine d’un rush à couper le souffle qui amène la situation occasionnant le deuxième but. Espérons que la semaine prochaine, dans sa chère Espagne, il trouve le chemin des filets. L’OL n’est pas forcément taillé pour conserver le score à l’extérieur et en aura bien besoin.

Monsieur Aymeric

(Photo UEFA)

3 Comments

  1. Gazier

    16 février 2018 at 12:38

    Ca serait prétentieux de dire que j’aurai pu écrire cet article, mais je partage cette analyse sur tous les points auxquels j’ajouterai la gestion de Nabil Fékir. Le laisser sur le terrain dans son état physique nous coûte un but et aurait pu tourner à la catastrophe.

  2. Demaison

    16 février 2018 at 1:13

    Comme quoi Mariano peut etre très bon dans un match ou il ne marque pas…Danger permanent. Et une belle progression en 6 mois à peine avec des qualités athletiques et mentales au-dessus de la moyenne.

  3. pier feuil scifo

    18 février 2018 at 8:30

    Pareil que Gazier, je fulminais de voir Nabilon sur le terrain alors qu’il ne pouvait plus poser son pied.
    Match de dingos de Mariano, faudrait qu’on joue dans le championnat d’Espagne en fait. Il a même fait plusieurs tentatives (peu ont réussit) de jeu en remises.
    Et en hommage à G’N’R, Genesio est une grosse ouiche ça ne fait plus aucun doute.

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>