OL : un 8e titre « pour faire mieux que les garçons »

FÉMININES. Comme son entraîneur Patrice Lair, qui se serait bien vu également à la têtes des Bleues, la section féminine de l’OL a bien du mal à se trouver des challenges après avoir enchaîné sept titres de championnes de France, deux Ligues des champions et trois Coupes de France. Après un nouvel été douloureux pour les nombreuses internationales, les Lyonnaises retrouvent le chemin de la D1 dimanche (15 heures) à Hénin-Beaumont. Avec l’envie de résister à la montée en puissance du PSG mais aussi de battre le mythique record de titres des garçons.

Olympique Lyonnais

« C’était jouable d’être à la fois entraîneur de l’OL et sélectionneur des Bleues. » En attendant, Patrice Lair s’est lancé d’autres défis. (Photo Panoramic – Anthony Bibard)

 

De vraies vacances, pour la première fois depuis… trois ans !

Patrice Lair n’a retrouvé l’intégralité de son groupe que le 21 août lors du traditionnel stage à Tignes, qui a pris fin jeudi. C’est vraiment tard lorsqu’on sait que le championnat reprend ce dimanche (15 heures) à Hénin-Beaumont. Mais les nombreuses internationales (neuf ont fait partie de la sélection française à l’Euro, plus Lotta Schelin qui était encore la meilleure joueuse suédoise) ont été sous pression jusqu’au 22 juillet et une traumatisante élimination dès les quarts face au Danemark (1-1, 2-4 t.a.b). Leur entraîneur leur a donc accordé un mois de vacances. Une première… depuis trois ans pour certaines d’entre elles (Franco, Renard, Abily, Necib, Thomis et Le Sommer). « Elles avaient besoin d’une vraie coupure, explique Patrice Lair. L’équipe ne sera sans doute pas vraiment prête avant le mois d’octobre. On voit beaucoup de choses en très peu de temps. Mais tant pis, c’est un risque que je devais prendre car je tenais à éviter une usure. Là, j’ai senti à Tignes que les filles avaient envie de revenir. »

Lair : « Elles se rendent compte que leur palmarès international est toujours vierge… »

Le technicien briochin avait donné un programme de préparation individuel aux internationales, avant qu’elles ne participent à douze journées de reprise commune avec le reste du groupe en Savoie. Leur troisième échec consécutif en bleu (après deux 4es places consécutives au Mondial et aux Jeux Olympiques) est-elle digérée ? « Cela a évidemment été une grande déception pour toutes les filles car c’était le moment de frapper fort, reconnaît Patrice Lair. La plupart ont beau être encore assez jeunes, elles se rendent compte que leur palmarès international est toujours vierge… Je leur ai conseillé de faire le vide complet. Il faut effacer le passé et garder en tête que ce groupe a encore de belles heures à vivre. »

Une reprise en mode Diesel annoncée

La saison passée, un OL plus impérial que jamais avait quasiment tué tout suspense en D1 dès Noël. Cette fois-ci, tout au moins à en croire Patrice Lair, ses joueuses chercheront surtout à se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions et à « ne pas être décrochées en championnat ». La montée en puissance physique n’est ainsi planifiée que pour 2014, en raison de l’Euro suédois et de la non participation à une éventuelle Coupe du monde des clubs en novembre, contrairement à l’an dernier au Japon. « Attention, il n’y aura pas 22 victoires cette saison (le bilan parfait de l’OL en 2012-2013 avec 132 buts inscrits… contre 5 encaissés, ndlr), assure l’entraîneur lyonnais. Le Paris-SG annonce notamment la couleur en visant le triplé. »

Paris, enfin un rival de taille en France ?

Le PSG fait évidemment figure de grand outsider pour le titre. Notamment car, après avoir recruté à Lyon l’ancien entraîneur Farid Benstiti puis son infatigable milieu de terrain Shirley Cruz, le club parisien a cette fois misé sur la solide Laura Georges en défense centrale et sur la prometteuse U19 Ghoutia Karchouni. Si Patrice Lair concède aisément que « Paris – qui va découvrir la Ligue des champions – a désormais le nombre de joueuses pour faire tourner grâce à de grosses garanties financières », il est sceptique quant à l’apport de la recrue phare Marie-Laure Delie, indétrônable titulaire de l’ère Bruno Bini, à la pointe de l’attaque : « Delie, ça n’a jamais été ma tasse de thé ! Elle va peut-être passer un cap à Paris mais on ne peut pas dire qu’elle ait cassé la baraque à Montpellier… » Avant un choc aller à Paris le 29 septembre, l’OL va déjà devoir défier à Gerland dès le 8 septembre (15 heures) Juvisy, 3e du dernier championnat et demi-finaliste de la Ligue des champions, en étant « très loin de (sa) forme optimale ». Descendu de son piédestal européen en mai face à Wolfsburg après deux Ligues des champions consécutives, l’OL pourrait donc (enfin) avoir à batailler en D1 également.

« Le seul truc négatif qui nous guette, c’est la lassitude »

Au vu de l’impeccable force collective qu’a encore dégagée l’OL la saison passée, hormis en finale de Ligue des champions face à Wolfsburg (0-1), les Lyonnaises n’ont vraiment rien d’un ténor en bout de course. « Le seul truc négatif qui nous guette, c’est la lassitude, confie Patrice Lair. À nous de nous replonger dans cette D1. » Il est clair qu’un anonyme déplacement à Hénin-Beaumont dimanche n’aura pas grand chose à voir avec un passionnant Euro suédois ou une finale de Ligue des champions… Sous contrat encore trois saisons, l’entraîneur lyonnais confirme d’ailleurs que pour combattre lui aussi cette lassitude propre aux équipes quasi invincibles, il aurait vu d’un bon œil de prendre les commandes de l’équipe de France après l’Euro. « Il me semble que c’était jouable d’être à la fois entraîneur de l’OL et sélectionneur des Bleues, à l’image de ce qui se fait dans le basket. Cela aurait peut-être mis le feu auprès de certains clubs mais de toute façon, je n’ai eu aucun contact avec la fédération », regrette-t-il. Reconquérir le titre européen et enchaîner un 8e titre de champion de France, « pour faire mieux que les garçons », semble pour le moment lui permettre de se consacrer pleinement à une nouvelle saison dédiée à l’OL.

Saki Kumagai, « un vrai plus défensif « 

Blessées en fin de saison dernière, Amandine Henry et Laëtitia Tonazzi sont de retour dans un effectif toujours aussi pléthorique, malgré les départs cet été de Laura Georges, des remplaçantes Céline Deville, Shinobu Ohno, Ami Otaki, Laura Agard et surtout la fin de carrière de Sonia Bompastor, désormais en charge de la formation à l’OL. Si bien que, hormis quelques cadres inamovibles comme Sarah Bouhaddi, Wendie Renard, Amandine Henry, Camille Abily et Lotta Schelin, personne n’a une place de titulaire assurée. Lyon n’a ni les moyens, ni le besoin de faire des folies sur le marché des transferts, et l’élimination des hommes de Rémi Garde en barrages de Ligue des champions devrait économiquement empêcher tout renfort supplémentaire durant la saison. L’internationale japonaise Saki Kumagai est arrivée de Francfort pour former une impressionnante charnière défensive avec Wendie Renard. Elle s’est même déjà offert un petit triplé le 16 août lors du seul match de préparation des Lyonnaises à Nîmes (11-0). « Elle m’apporte un vrai plus défensif », constate Patrice Lair, qui a également recruté Mélissa Plaza (25 ans, ex-Montpellier). Celle dernière constitue un recours possible au poste de latérale, à droite ou à gauche. Quant à Megan Rapinoe, qui dispute actuellement le championnat américain avec Seattle, elle reviendra comme prévu à Lyon vers le 20 septembre. Ce qui pourrait éventuellement lui permettre de participer au choc face au PSG, qui fait déjà saliver tous les amateurs de football féminin.

Jérémy Laugier

2 Comments

  1. sebtheouf

    30 août 2013 at 2:21

    Salut, merci pour l’article. La prochaine fois, demandez lui s’il compte lancer quelques unes de nos u19? On a gagné 22 matchs sur 22 l’an passé… y avait surement la place.

    • Jérémy Laugier

      1 septembre 2013 at 6:25

      Patrice Lair serait tout à fait favorable mais il m’expliquait la saison passée que c’était impossible d’intégrer dans la durée une fille n’ayant pas encore le Bac vu que tous ses entraînements sont en journée, et souvent doublés. Cela est donc incompatible avec l’emploi du temps d’une lycéenne, et au vu de la concurrence dans le groupe pro, cela serait un peu compliqué de justifier auprès de ses remplaçantes qu’une jeune ne participant pas à beaucoup d’entrainements puisse parfois leur passer devant…

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