OL – CSKA Moscou (2-3) : coup de balai russe

OL

LES NOTES. Ne manquait plus qu’un dernier naufrage pour avoir raison d’une saison déjà mal embarquée. Le Parc OL y a eu droit. Entre choix douteux et mauvaises inspirations, les Lyonnais ont fini par quitter la dernière compétition dans laquelle le vague espoir de sortir avec un titre pouvait encore être agité. Il a suffi au CSKA de remuer un peu la poussière pour avoir raison, d’un coup de balai, des dernières illusions lyonnaises.

 

8e de finale retour de Ligue Europa, jeudi 15 mars 2018

Olympique Lyonnais – CSKA Moscou 2-3

Buts : Cornet (58e) et Mariano (71e) pour l’OL, Golovin (39e), Musa (60e) et Wernbloom (65e) pour le CSKA Moscou

Avertissements : Mariano (78e) à l’OL, Nababkin (14e) et Musa (36e) au CSKA

OL : Lopes – Tete, Marcelo, Diakhaby, Marçal (Mendy, 70e) – Ferri (Myziane, 68e), Tousart, Ndombele – Cornet, Mariano, Memphis (Traoré, 66e). Entr. : Bruno Genesio.

CSKA : Akinfeev – Ignashevich, V. Berezutskiy (Schennikov, 46e), A. Berezutskiy – Nababkin, Natcho, Dzagoev (Gordyushenko, 90e+4), Golovin, Kuchaev – Wernbloom, Musa (Vitinho, 72e). Entr. : Viktor Goncharenko.

Lopes 4 – Tete 4, Marcelo 4, Diakhaby 4, Marçal 3 – Ndombele 6, Tousart 5, Ferri 2 – Cornet 2, Mariano 4, Memphis 3

 

LE JEU. Puisqu’on se fout du jeu, mieux vaut s’intéresser aux onze types qui débutent le match. En titularisant Ferri au milieu et Cornet sur le côté droit de l’attaque, Bruno Genesio aligne donc une équipe de coupe. De quoi poser le coach lyonnais en maître du suspens, alors qu’il était plutôt question de l’avoir tué après le bon résultat ramené de Moscou au match aller. Le trailer du match qui s’engage est simple : une équipe de coupe qui s’est fait sortir de toutes les compétitions où elle a été alignée peut-elle maintenir une qualification qui semblait bien acquise ?

 

OL of Shame

Après 35 minutes de jeu, on tient déjà une première réponse : il ne faut pas compter sur cette équipe pour valider sa qualification. Les approximations moscovites s’enchaînent et les situations de contres avec, sans que les attaquants lyonnais ne sachent qu’en faire, Mariano et Cornet en tête. Si le premier est totalement obsédé par l’idée de planter, au risque d’oublier une première fois Memphis démarqué (17e), le second devrait savoir depuis le temps que le but est complètement obsédé à l’idée de se laisser planté par lui. Au point qu’on ne sache plus ce qui relève de l’oubli coupable, d’un problème de vision périphérique ou d’un hommage un peu trop appuyé aux passements de jambes emmêlés de Kader Keita quand il finit par se crasher dans la défense du CSKA après avoir ignoré Mariano resté seul en retrait (35ème).

Cette occasion manquée est bien trop magistrale pour ne pas lui promettre de figurer au OL of shame des actions qui ont nourri la légende noire de l’Olympique Lyonnais : Abidal qui perd sa tête devant Chevchenko à Milan, l’envolée lyrique de Vercoutre un soir de finale de Coupe de la Ligue au Stade de France, Njie qui balance de l’extérieur un tour préliminaire en Roumanie. Sans compter ce premier coup d’éclat dans le final de la demie d’Europa League face à l’Ajax, un an plus tôt. Le spectre de l’élimination n’est déjà plus très loin quand Golovine ponctue la première mi-temps d’une frappe enroulée qui trompe Lopes (38e)

 

Sextoy russe

Reste quand même un dernier doute qui peut encore jouer en faveur des Lyonnais : ce qu’il reste d’ADN européen peut-il encore résister longtemps à ce traitement de choc ? On se dit que c’est bien ce qui pourrait sauver Ferri et Cornet, frères de poisse pendant les 45 premières minutes, quand ils s’y mettent à deux pour relancer l’idée d’une qualification (58e). Ou à trois, tant l’absence du cinquième arbitre qui ne voit pas Jojo passer la ligne balle au pied tient de la passe décisive un rien métaphysique.

Il faut croire que la chance ne résiste pas plus qu’un entraîneur discipliné à l’insulte faite au jeu depuis l’entame de la rencontre – et depuis bien plus longtemps si l’on en croit l’exaspération qui a fini par l’emporter parmi les supporters les plus à vif. Deux oublis défensifs, côté gauche d’abord (60e), puis côté droit ensuite (64e), ont vite fait de torpiller les espoirs d’une sortie par le haut. A moins de se dire que cette sortie annoncée depuis des mois soit la meilleure nouvelle pour ceux qui souhaitaient lever les dernières équivoques quant au jeu proposé depuis des mois entre Saône et Rhône. Une reprise rageuse de Mariano sur un centre de Traoré (70e) n’y fait rien. L’histoire retiendra que l’OL s’est fait sortir en huitièmes de finale sans jouer et de manière un peu honteuse. Comme un sextoy russe.

 

Les maillons fiables

LES JOUEURS. Dans une saison qui n’a jamais tenu qu’aux exploits individuels envoyés par ses joueurs, inutile de s’attendre à ce que les choix d’un entraîneur fassent la différence. Surtout quand il faut ressortir Jordan Ferri et Maxwell Cornet du banc. Bien sûr, l’élimination de l’OL ne saurait leur être imputable. Reste que dans ce dispositif qui laisse la prime au talent, leurs limites n’en sont apparues que plus évidentes.

Pour s’en convaincre, il suffit de se demander à quelles occasions on a pu apprécier la présence de l’un ou de l’autre. La réponse est simple : à chaque fois que l’OL tenait un collectif dans lequel les deux joueurs pouvaient se fondre. Façon de dire que c’est à chaque fois qu’ils ont pu disparaître qu’on a pu les apprécier pour ce qu’ils étaient vraiment. Le premier en soudard du milieu de terrain qui sait y faire pour colmater les brèches, le second en impénitent du bord de touche pour pourrir les montées adverses.

Ferri et Cornet sont sans doute deux équipiers modèles, deux maillons fiables. Dans un match pareil, suffisamment décisif pour consacrer les joueurs qui ne le sont pas moins, ils étaient appelés à apparaître tels qu’ils sont, toujours borderline. Jusque dans le but qui manque de faire leur fortune.

 

Sweet tender hool en gants

Si certains sont apparus dans toutes leurs limites, c’est aussi que la providence n’a pas fait son boulot parmi ceux qui, normalement, sont appelés à la porter. Memphis peut tenter tous les appels, sentir les mouvements qui doivent faire mouche en première période, le destin décide de le snober pendant toute la première partie. Surtout quand le destin s’appelle Mariano ou Cornet.

Au milieu, Ndombele est bien coupable de quelques relances hasardeuses en début de partie. Sa partition physique et technique finit par faire la différence à chaque fois que le jeu lyonnais menace de jouer trop bas. En toute fin de match, il lui manquera un dernier coup de rein pour en faire une dernière, de différence, celle qui aurait pu changer le destin de l’OL en Europa League.

Derrière, Lopes n’a jamais pu jouer sa partition de sweet tender hool en gants. Aucune sortie à mener pour se lancer dans un match qui ne sent pas encore le souffre des grands soirs. Sur les premières interventions, Marcelo lui permet de se tenir à distance. Et c’est peut-être là que la défense lyonnaise finit par pêcher. A l’entrée de la surface pour Golovine qui y enroule un premier but. Depuis les côtés pour les deux suivants. Un peu à l’image de l’OL, Lopes aurait sans doute eu besoin de voir venir le danger d’un peu plus près pour pouvoir prendre les devants. Et s’épargner le coup de vent qui promet de souffler sur la fin de saison lyonnaise.

Serge Rezza

(Photo UEFA)

One Comment

  1. Saint Hubert 41

    16 mars 2018 at 6:24

    « toujours borderline. Jusque dans le but qui manque de faire leur fortune. »…joli ! parce que ça aurait été un beau vol une qualif entachée d’un but comme ça.
    Sinon, je vais pas en remettre une couche sur notre trio offensif avec toutes ses limites collectives et techniques, mais un mot sur un maillot bien faible à mes yeux hier (et depuis un bout de temps) : Kenny Tete. Ce mec n’apporte plus rien, est prévisible dans ses rares projections vers l’avant et se montre fébrile dans ses positionnements défensifs. Son entente avec Traoré qui était un atout a tout simplement disparu depuis la blessure de ce dernier en Janvier.

    Put

    La saison est finie, Génesio ça va bientôt être du passé heureusement (même si j’aime bien le gars en soi avec sa bonhomie)

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