OL – Ajax (2-0) : Bourgoin joyeux

OL

AMICAL. Quelques mois à peine après la désillusion des demi-finales, l’OL s’est offert une revanche pour du beurre face à l’Ajax Amsterdam dans la charmante localité de Bourgoin. De ce match amical, on retiendra le talent individuel et le projet de jeu de l’OL qui, à défaut de faire rêver, semble se clarifier…

Match amical, mardi 18 juillet

OL – Ajax Amsterdam : 2-0

Buts : Viergever CSC (12e) et Gouiri (77e)

OL : Lopes – Tete (Rafael, 62e), Marcelo (Mammana, MT), Diakhaby (Morel, 62e), Marçal (Mendy, 57e) – Tousart (Ferri, 62e), Darder (Grenier, MT) – Cornet (Geubbels, 72e), Fekir (Aouar, 72e), Depay (Maolida, 62e) – Gouiri. Entr. Pep Genesio.

Ajax : van Leer – Veltman, D. Sanchez, De Ligt, Viergever – Schöne, van de Beek, Ziyech – Younes, Kluivert, Dolberg. Entr. : Marcel Keizer.

Quelques jours après une victoire plutôt anecdotique face à la réserve du Celtic, l’OL s’attaquait mardi soir à son fantôme de la saison dernière : l’Ajax Amsterdam. Une revanche pour du beurre sans Lacazette, Tolisso et Gonalons, mais avec les regrets toujours coincés quelque part dans la gorge. Dans un stade de Bourgoin visiblement ravi de voir un peu de football dans son stade de rugby, Lyon a réalisé une performance plutôt solide en l’emportant 2-0. Comme face au Celtic, les Gones auront davantage brillé par leur talent que par leur maîtrise. Il faudra probablement s’y faire.

 

Le royaume des évidences

Il parait qu’il ne faut jamais tirer d’enseignements des matches amicaux de pré-saison. Ca tombe bien : les conclusions que l’on pourrait tirer de cet OL-Ajax, premier match avec un adversaire digne de ce nom, sont toutes plus ou moins déjà écrites depuis longtemps.

La première, c’est qu’à défaut d’avoir décidé qui portera le brassard, l’OL possède bien un capitaine sur le terrain. Lucas Tousart, absolument monstrueux dans l’impact et la récupération, prend chaque jour davantage la mesure de son statut futur. Qu’importe si le Bulldozer d’Arras hérite du brassard cette année : sur la pelouse, le patron, c’est lui. Monstrueux dans l’impact physique, énorme à la récupération et même précieux dans ses projections, Lucas Tousart n’est pas juste indispensable à l’OL, il en est son pilier.

Le seconde concerne Clément Grenier. Même si on aimerait vraiment que l’Ardéchois renaisse de ces cendres, chaque match éloigne l’espoir. Physiquement très en difficulté face à des Néerlandais pourtant pas monstrueusement costauds, le numéro 7 des Gones a surtout brillé par ses passes manquées. Face à la pénurie de milieux à l’OL, l’occasion est pourtant belle pour que Grenier retrouve confiance. Continuons d’espérer.

Enfin, la dernière concerne la charnière centrale. Sans aucune surprise, la doublette Marcelo-Diakhaby a certes parfaitement tenu en joue l’attaque de l’Ajax, mais s’est retrouvéé en totale panique lorsqu’il fallait donner la première passe et que les latéraux étaient bloqués par le pressing néerlandais. Oui, les Twin Towers de la défense lyonnaise font peur avec leur double mètre quatre-vingt-dix, et cet atout physique sera surement d’une grande aide lors des matches couperets face à des clubs de bas de tableau. Mais que ce fut laborieux dans la relance…

 

L’Académie est douce

Puisque l’on parle d’évidence, abordons les jeunes. La qualité de l’Académie lyonnaise n’est plus à démontrer, et cet amical contre l’Ajax n’a fait que démontrer la puissance du vivier lyonnais. Seul joueur avec Anthony Lopes à avoir disputé toute la rencontre, Amine Gouiri a un peu pêché dans la finition en ratant quelques 1 contre 1. Le jeune Gone s’est malgré tout offert un but de renard en reprenant un centre de Willem Geubbels, lui-même lancé par une merveille de Houssem Aouar du rond central. Un but d’une douceur infinie 100% OL Academy. Chaque match qui passe met davantage la pression à Mariano Diaz, toujours blessé. L’ancien du Real a régardé le match du banc de touche, et n’a pas du être déçu…

Si le talent de buteur d’Amine Gouiri allié à la vitesse et l’intelligence de Willem Geubbels sont déjà de grandes promesses pour l’avenir, c’est sur le meneur de jeu de l’OL que l’on s’attardera. Houssem Aouar est doux. Lorsqu’il rentre sur la pelouse, c’est tout le jeu lyonnais qui s’illumine. Entré en jeu à la place de Nabil Fekir, le néo-numéro 8 de l’OL a pourtant joué un peu plus bas, dans un rôle de meneur de jeu en retrait qui lui sied à merveille. Comme point d’orgue de ses 20 minutes de jeu mardi soir, cet enchaînement dans le rond central où il se défait du pressing de trois néerlandais avant de balancer une ouverture superbe dans la course de Willem Geubbels. On ne sait pas si Houssem Aouar pourra jouir d’un grand temps de jeu dans l’ombre de Nabil Fekir, lui aussi étincelant sur cette pré-saison. Le salut du jeune Gone viendra peut-être plus bas, au poste de relayeur à côté de Lucas Tousart. Espérons.

 

Et si ça marchait ?

On a beaucoup – à raison – critiqué les choix, l’ambition et les limites tactiques de Bruno Genesio. Certes, l’OL n’a disputé que trois matches face à des adversaires parfois médiocres, mais force est d’établir un premier constat : aussi limité et décevant puisse-t-il être, le projet de jeu de l’OL est cohérent. Bruno Genesio a promis un bloc bas avec des attaques rapides : c’est ainsi que l’OL a inscrit ses deux buts ce soir. Perte de balle de l’adversaire, récupération haute, projection rapide et but.

L’an dernier, Lyon avait bégayé toute la saison avec une possession stérile et une incapacité chronique à marquer sur attaque placée. Bruno Genesio avait alors deux choix : apprendre à développer un football léché, ou bien faire le maximum pour que son équipe soit le plus souvent possible dans une situation d’attaque rapide. Contre le Celtic et l’Ajax, l’OL n’a pas vraiment brillé par son football, et certaines phases de jeu pouvaient donner mal à la tête. Cependant, il faut reconnaître à ce plan de jeu le mérite de mettre les talents individuels de l’OL dans de bonnes conditions pour créer le danger. Lancé face à un bloc déséquilibré, Memphis Depay et Nabil Fekir se régalent, et Amine Gouiri, avec son jeu dos au but et ses appels, est comme un poisson dans l’eau. Oui, l’OL ne jouera probablement pas l’un des plus beaux football de Ligue 1 cette année, malgré son immense stade, malgré son énorme budget et ses recrues en nombre. Mais peut-être que le résultat sera au bout. L’Olympique Lyonnais de Bruno Genesio part pour une saison entière de pragmatisme à double tranchant : on ne pardonne pas l’absence de résultats à ceux qui sacrifient le romantisme.

Charly M.

(Photo Ajax)

3 Comments

  1. FORTICHE

    19 juillet 2017 at 5:35

    ALors, on ne s’emballe pas. Il reste quand meme….38 journées de championnat ;-)

  2. ArmaGueïda

    19 juillet 2017 at 5:57

    Je sais pas si Jean-Michel Aulas y a pensé, mais faudrait peut-être donner un nom à tout ce joli projet.
    OL Champions Project par exemple, ça sonne pas mal.

  3. kabongo

    20 juillet 2017 at 10:22

    Il est un peu tôt pour juger mais les ingrédients ont été changés et il reste pourtant la même bouillie de football.
    Genesio est le fossoyeur du jeu.
    Le néant.

    Nous prendrons moins de but, nous en marquerons moins.
    Restera l’ennui.

    Geubbels, quelle rentrée !

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>