Adieu l’OL, je t’aimais bien : Maxime Gonalons, ou la défaite du cœur

Gonalons

ADIEUX. Maxime Gonalons quitte Lyon. Ces quatre mots, qui auraient dû rester un oxymore, renferment toute la vulgarité et l’indigence de l’Olympique Lyonnais en 2017. La Plaisante Sagesse Lyonnaise, bréviaire de maximes et réflexions morales de 1920 à laquelle tout Lyonnais doit se référer dans les moments de détresse, nous rappelle une vérité : « il n’y a point si tant belle rose que ne devienne gratte-cul. » Cette formule synthétise avec tout le bon sens qu’on trouve entre Rhône et Saône le destin de Maxime Gonalons à l’OL. Un gone de Vénissieux érigé en symbole, avec un brassard bleu nuit sur lequel son nom se mélange à celui des enfants de la ville, chassé comme un malpropre par ceux qui l’ont fait roi.

 

Si Max choisit de se tourner vers La Plaisante Sagesse Lyonnaise pour se consoler, il lira aussi que « pour ce qu’est de la chose de l’amour, n’y sois pas regardant, parce que, vois-tu, que t’en use ou que t’en use pas, ça s’use ». De quoi méditer sur l’usure rapide d’une relation sincère et sur une saison médiocre, marquée par la naissance d’un deuxième enfant et les problèmes de santé de son nouveau-né. Car rien ne lui a été épargné cette saison. Il faut espérer que tous ceux qui l’ont violemment critiqué depuis septembre sont aussi exemplaires dans leur vie professionnelle quand leur équilibre personnel est fragilisé. Oui, Maxime Gonalons a été mauvais cette saison. Il a raté beaucoup de passes, gravé pour l’éternité dans l’histoire lyonnaise sa relance plein axe dans les pieds des joueurs adverses à force de répéter le geste, manqué de ténacité et de justesse dans ses interventions, abandonné sa défense à de nombreuses reprises. Et alors ? Les supporters qui l’ont cloué au pilori toute la saison ont fait preuve d’une volatilité écœurante. Avec son départ en catimini, ils n’ont que ce qu’ils méritent. On a ainsi pu entendre au stade et lire à l’envi sur Twitter des « Gonalons, dégage », à croire que le dégagisme a gagné tous les terrains de la société en cette année d’effervescence politique. On a même lu des critiques sur sa « voix fluette » quand il s’adresse aux supporters du virage Sud, des remarques indignées sur son « manque de courage » parce qu’il ne tire pas dans les cinq premiers lors de la séance de tirs aux buts face au Besiktas en quart de finale de la League Europa, même s’il marque le tir victorieux sans trembler. On a vilipendé son impuissance lors du match aller face à l’Ajax, symbolisée par ses bras levés au moment du quatrième but. On a pointé son manque de charisme, d’envie, de talent, d’engagement. Ceux qui ont formulé ces critiques, parfois justes sur le fond mais outrancières sur la forme, manquent cruellement de mémoire, mémoire qui est pourtant à la fois une qualité, une garantie et une revendication brandie par ces mêmes supporters…

 

Tanguy Blum nous avait prévenus en 2013 : « Le départ de Gonalons, je sais que je ne m’en remettrai pas »

 

A-t-on vu les supporters de Valenciennes cracher sur José Saez quand il était moins bon ? Les supporters de Chelsea accabler John Terry quand il a baissé en régime ? Ceux qui s’extasient sur les tifosi romains réclamant l’entrée de Francesco Totti quand il traversait une période indigente sont les mêmes qui réclamaient le départ de Maxime Gonalons parce qu’il est devenu mauvais durant une saison. Cette frange des supporters est à l’image de ce qu’est en train de devenir l’Olympique Lyonnais : un club de nouveaux riches, impatient et vulgaire. Aller au stade ne donne pas tous les droits, au contraire, cela confère des devoirs, comme dans les plus belles relations amoureuses où on reçoit parfois ce qu’on donne et où on donne souvent beaucoup plus qu’on ne reçoit. Mais c’est une conception de l’amour et de l’élégance qui ne s’adapte peut-être ni à l’époque ni à « l’Institution » que devient l’OL. Voici donc venu un temps où on ne pardonne pas à ceux qu’on aime, ou plutôt un temps où on aime ceux à qui on n’a rien à pardonner. Un choix facile, mais que ces supporters ingrats se rassurent : Jean-Michel Aulas partage leur analyse, Maxime Gonalons quitte « leur » club. Qu’ils commencent aussi à s’inquiéter : c’est avec ce comportement capricieux d’infidèles sans cœur et sans honneur qu’ils videront « leur » club du peu de substance qu’il lui reste.

 

Périr par la soie

Il ne s’agit évidemment pas de refaire l’histoire en faisant de Maxime Gonalons le joueur le plus talentueux de l’histoire lyonnaise, mais simplement de se souvenir de ce qu’il a fait. La tentation d’en faire un symbole est grande, mais on doit peut-être la combattre si on veut rendre justice fidèlement au joueur de l’OL qu’il a été. Même si la mémoire et l’intégrité doivent être brandies en étendard dans un contexte qui laisse de moins en moins de place à la vérité, dans un sport gangrené par un langage formaté où les formules toutes faites et le prêt à penser ont remplacé l’expression sincère ou poétique des émotions. Il faut être fort pour discerner les caractères derrière cette novlangue atroce reprise par les joueurs, les journalistes, les supporters et les dirigeants où un joueur qui enchaîne trois bonnes passes « pue le football », où un jeune de CFA est une « pépite », où son club formateur est un « club de cœur », où les joueurs sont des « compétiteurs», où le moindre défaut est lissé et les faits et gestes d’adolescents mal dégrossis disséqués sur les plateaux de radio et de télévision. La soupe tiède que servent les joueurs sur leur « club de cœur », la façon dont on les oblige à afficher leur exemplarité et leur fidélité avec force exagérations sous peine d’être suspects, leurs posts Instagram artificiels et leurs tweets sans âme suivis des couleurs du club en font des objets commerciaux à qui on peut ensuite difficilement reprocher de jouer avec les valeurs qu’on a galvaudées avant eux. Dans ce contexte, choisir d’aimer un joueur est un engagement simple et salutaire et Maxime Gonalons est un de ces joueurs lyonnais que les Lyonnais avaient tout pour aimer. Né à Vénissieux, footballeur à Reyrieux, dans l’Ain, puis au FC Villefranche-Beaujolais et enfin à l’Olympique Lyonnais, où il arrive à 11 ans en 2000, il progresse avec constance au centre de formation jusqu’en 2008. Il contracte un staphylocoque doré, manque d’être amputé et passe six mois loin des terrains. Claude Puel l’intègre ensuite au groupe professionnel en 2009 et Maxime connaît sa première titularisation le 25 août, en Europe, face à Anderlecht lors du match retour. Il naît au football et dans le cœur des lyonnais trois mois plus tard, le 20 octobre, en égalisant pour l’OL à Anfield, d’une tête plongeante après un renvoi en catastrophe de Reina à la 72ème minute et avant le but de Chelito qui scelle la victoire lyonnaise. Il devient numéro 6 à la place de Jérémy Toulalan, puis Rémi Garde lui confie le brassard à la suite du départ de Licha en 2013, posant ainsi les bases d’une nouvelle identité sur laquelle l’OL fondera sa communication, qui s’appuie sur les jeunes formés au club. De son propre aveu, ce brassard a été un cadeau empoisonné pour lequel il a dû se faire violence. Comme Héraclès à qui sa femme Déjanire fit porter la tunique ensanglantée du centaure Nessus pour le rendre fidèle, Gonalons a fini consumé par ce morceau d’étoffe. Ironie cruelle, la version lyonnaise de la tragédie de Sophocle est conforme aux traditions : quoi de mieux pour un gone que de périr par la soie ?

 

Mersey pour ce moment

 

8 saisons, 334 matchs, 12 buts, 11 passes décisives. 1m87, 76 kilos, numéro 41 puis numéro 21, comme Tiago. 1 coupe de France et 1 trophée des Champions : une armoire à trophée maigre comme lui. Voilà ce que les statistiques et la France du football retiendront de Maxime Gonalons. De Mermoz à la Croix-Rousse, de l’Arbresle aux Monts d’Or, de la Duchère à Fourvière, de Gerland à Décines, de Saint-Priest à Dardilly en passant par Bron, Rilleux, Décines, Vaulx, Saint-Genis Laval, Tassin, d’autres se souviendront d’un visage en lame de couteau qu’ils ont connu glabre puis barbu, d’un homme qu’ils ont vu grandir sous leurs encouragements, de deux grandes jambes en fer forgé capable de couper n’importe quelle vague d’attaque. D’un enfant égaré flottant dans un grand maillot blanc sur les bords de la Mersey, incrédule, le poing levé vers le ciel anglais. Ils se rappelleront la jouissance ressentie quand il a vengé toute une ville en séchant Thiago Motta avec une tacle d’une violence inouïe un soir de quart de finale de Coupe de France. Ils aimeront repenser à la façon unique qu’avait leur cœur de se serrer quand ils voyaient un Gonalons élégant remonter le terrain balle au pied puis faire une passe venue d’un autre monde par-dessus le milieu adverse. Ils retiendront l’amour irrationnel qui faisait pulser le sang plus fort dans leurs veines, l’envie de casser du béton avec leur crâne quand Gonalons taclait, l’impression que tout devenait possible et que l’univers n’avait plus de début ni de fin, le rougeoiement du ciel au-dessus de Gerland quand le capitaine de l’Olympique Lyonnais transformait son tibia en mur et son regard en feu. Ils chériront le souvenir d’un enfant de Lyon pudique, tout en intériorité et en droiture, à l’image de sa ville, que le combat transformait en chien de l’enfer écumant, la bave aux lèvres et la tête dressée comme un gladiateur.

Au-delà de la forme minable, pathétique, indigne d’un club professionnel et d’une institution lyonnaise quelle qu’elle soit, la fin de Maxime Gonalons à l’OL est aussi la mort d’une idée. Celle d’un joueur lyonnais amoureux de Lyon, passionné par sa ville et son club, qui n’a jamais menti ni intrigué, d’un joueur discret et courageux, peu vendeur, sans tatouages, lisse en apparence et peu disposé à se livrer, comme la ville qui l’a enfanté. Ses parties de pêche avec Mathieu Gorgelin, Lisandro, Robert Duverne et ses amis d’enfance appartiennent désormais à l’histoire. Chez lui à Gerland, chez lui à Décines, le seul joueur de l’OL à avoir disputé deux demi-finales européennes va partir de chez nous. Comme toutes les séparations, celle-ci est douloureuse, et comme toutes les émotions en demi-teintes suscitées par l’OL depuis deux ans, elle est sale et sans éclat. « Je ne veux pas rester à Lyon si les ambitions sont à la baisse » a-t-il déclaré avant la demi-finale retour de l’Europa League contre l’Ajax. Le genre de phrases que la direction et les supporters ont pardonné à Alexandre Lacazette. Le genre de phrases que Steven Gerrard avait eue en 2004 et en 2005 quand Chelsea lui faisait du pied. Une déclaration malheureuse a suffi à justifier la guillotine, et au moment de voir la tête de l’enfant du pays rouler dans le panier on peut regretter que le bourreau n’ait pas l’élégance de la montrer au peuple, car elle en vaut la peine.

 

Adieu Max, adieu l’OL

Les supporters de l’OL devraient être outrés de la manière dont ce départ est traité. Leur passivité est une insulte à l’amour que mérite ce club. Accepter qu’on débarque Maxime Gonalons comme on vidange un réservoir sale, c’est baisser les bras et accepter que notre club devienne porteur d’une indécence qui confine au sordide. Un club sûr de lui, qui ignore les signaux d’alarmes tirés par ses supporters (concernant Bruno Genesio par exemple) et qui casse les belles choses dans un accès de vulgarité dont on commence à redouter qu’il soit le signe de quelque chose de plus grave. L’OL urine sur les crampons d’un de ses enfants sans même le regarder dans les yeux. Lâcheté ultime ou refus de voir la vérité en face, qu’importe : cette attitude est à vomir. Au cours des trois dernières décennies, Jean-Michel Aulas s’est révélé être un président visionnaire et un excellent gestionnaire. Il s’est battu sans relâche pour son club et est incontestablement l’homme auquel l’OL moderne doit tout. Ces derniers mois ont prouvé que c’est aussi un homme sans cœur et dépourvu de savoir-vivre. En privant Maxime Gonalons d’un au revoir aux supporters, en exfiltrant son capitaine par la petite porte, en mettant sous le boisseau un symbole si précieux il vient de détruire l’incarnation d’un idéal qu’il avait mis plus de vingt ans à construire. Il devrait se rappeler cette autre maxime de la Plaisante Sagesse Lyonnaise : « vois-tu, bien des fois qu’arrive que, malgré ses sous, un homme riche ne soye quand même qu’un pauvre homme ». Ce qui vaut pour l’homme en question vaut aussi pour le club.

Adieu Max, adieu l’OL.

Tanguy Blum

(Photo Damien LG)

12 Comments

  1. Gone

    3 juillet 2017 at 12:27

    Malgré vos grandes références et vos grandes phrases vous n’êtes qu’un enfant cherchant à se venger du départ d’un joueur dont il s’était pris d’affection, refuser les critiques des supporters (évidement exagérées) envers Max pour les prendre en exemple sur leur critiques envers Génesio et comme paroles saintes est ridicule.

    Le départ de Max est triste mais on met enfin les joueurs face à leur actes (et non plus la responsabilité sur leur agents, leur entourage ou leur jeunesse), que vous parliez vos sentiments, de ceux de Max, de ceux des supporters sans évoquer une seule seconde ceux de JMA marque votre parti pris contre le club et JMA…

    Comment ne pas comprendre le sentiment de trahison que la sortie dans le progrès a pu causer à JMA ? Voir son capitaine depuis une demi-décade dire que son club n’est pas assez ambitieux malgré tous les investissements financiers et personnels à la veille du match le plus important de l’histoire du club, on peut comprendre que cela peut être pris comme une trahison (Maxime l’ayant aussi compris puisque il s’est excusé le lendemain). Chacun place son degré de pardon où il le souhaite ou le peux, JMA se servant peut être de cette sortie pour trouver une porte de sortie à Maxime.

    Enfin l’agent de Max ayant remercié les deux présidents sur twitter, on peut quand même féliciter JMA d’avoir facilité le départ d’un (ex) international de moins de 30 ans pour une bouchée de pain, oui c’est peut être normal pour vous mais un club comme le PSG ne le fait pas pour Sirigu par exemple.

    Merci pour l’article cependant, n’ayant jamais été fan de Maxime GONALONS je ne suis pas malheureux de son départ, mais je ne peux empêcher un sentiment de tristesse de voir une des grandes figures de la formation OL partir sans l’hommage que mérite tous les capitaines de ce club.

  2. RyanOufDeLyon

    3 juillet 2017 at 12:38

    Merci pour ce bel article, je partage en effet cet étonnement sur l’acharnement dont peuvent faire preuve mes con-citoyens qui semblent regarder l’OL comme ils regardent une émission de télé-réalité. On aime on déteste et on zappe. Bien sûr, nos joueurs mériteraient par fois de faire un tour sur le banc ou en CFA, mais ils restent nos joueurs. Certains cachaient sur des Cris, Juni et autres en fin de cycle, c’est juste une honte d’effacer d’un revers de la main tout ce qui nous lie à eux. Adieu Capitaine, merci pour tout.

  3. Murcia

    3 juillet 2017 at 3:15

    Monsieur Tangy Blum,

    Vous avez résumé parfaitement la situation de l’OLYMPIQUE lYONNAIS AVEC LE DÉPART DE Maxime GONALONS, Le Gone de LYON, c’est un symbole qui part du club, et c’est toujours émouvant de casser les codes , l’ame d’un club, je pense que c’est une erreur collective, mais le rouleau compresseur de l’argent
    écrase tout sur son passage , et les êtres humains sont souvent les victimes d’uns société impitoyable,
    je souhaite à ce joueur, margé tout un bonne fin de carrière chez nos amis Romains………

  4. Etienne

    3 juillet 2017 at 5:17

    Très bel hommage.
    Comme d’habitude, malheureusement, la minorité bruyante a fait savoir qu’elle en avait marre de Gonalons mais il nous reste toujours la majorité silencieuse pour pleurer le départ du capitaine symbole de l’OL et souhaiter lui rendre l’amour qu’il a donné au club.
    Aulas a parlé d’organiser ses adieux lors d’un des premiers matchs de la saison, je suis certain que le stade lui rendra une ovation méritée et digne de celle qu’a reçu récemment Lisandro a son départ !

    Il faut aussi voir que, bien qu’humainement on ait du mal à accepter un départ sous cette forme, ça garde du sens sportivement : l’OL est en changement de cycle et Max a incarné la période difficile de la construction du stade, portant le club à bout de bras tout en l’aidant à retrouver les sommets (retour en C1 et 2 parcours en C3). Il semble usé et a besoin de se renouveler avec moins de pression, ce que la Roma pourra lui offrir.
    L’OL a de son côté besoin de franchir un pallier, on verra si la mue réussit !

  5. kabongo

    3 juillet 2017 at 5:48

    Mon amour est mort a Gerland et sans doute que l’âme de Max y court encore.

    « vois-tu, bien des fois qu’arrive que, malgré ses sous, un homme riche ne soye quand même qu’un pauvre homme » – perdu dans ses délires de Parc Mickey et l’asservissement de son chef d’orchestre manifestement incompétent (et qui a définitivement cramé Gonalons alors que Tousard offrait de belles alternatives).

    les temps changent.
    Licha restera le dernier grand.
    Aulas prépare la vente d’un bel objet commercial….rien de plus.

    je n’étais pas grand fan de Gonalons mais il méritait mieux comme sortie. Et si la sagesse lyonnaise lyonnaise se fait plaisante, « Méfie-toi des gones que savent faire rien de rien, ils sont capable de tout. » gageons que Max puisse faire de belles choses. Je lui souhaite.

  6. Nicolas

    3 juillet 2017 at 6:32

    Merci pour ce bel article. Si je partage un certain nombre de vos regrets, principalement sur la forme du départ de Gonalons (mais aussi sur l’attitude présidentielle depuis un ou deux ans, sur la stupidité de la novlangue journalistique ainsi que des thématiques abordées par les journalistes sportifs sur les grands médias), je suis en désaccord sur un point : celui de son utilité actuelle à l’OL. Maxime est un joueur qui, entre 2009 et, disons 2013-2014, a progressé très rapidement, ce qui n’est pas nécessairement évident pour un milieu défensif. Le problème, c’est que son niveau stagne depuis deux ou trois saisons. Partant, il est faux, à mon sens, d’affirmer que sa mauvaise saison est accidentelle, en ce qu’elle serait liée aux circonstances de sa vie personnelle. Cela ne l’a sûrement pas aidé dans son jeu, mais le véritable problème est qu’il plafonne à un niveau insuffisant pour un joueur de son âge. À 28ans, Gonalons aurait dû arriver à maturité technique et tactique, et avoir devant lui ses quatre ou cinq meilleures années. Tel n’est pourtant pas le cas. Les mauvaises passes dans l’axe que vous évoquez (elles sont souvent latérales) ne datent pas de cette saison. Voilà au moins deux ou trois ans qu’il les répète, semblant même les multiplier.
    J’ai toujours adoré Gonalons, mais je dois dire que cette incapacité à franchir le palier le séparant du haut niveau, notamment à cause du manque de rigueur qui lui fait tenter des passes latérales aussi dangereuses qu’inutiles (c’est très bien de savoir faire une belle transversale de 30 mètres, mais si c’est pour perdre bêtement des ballons dans ton propre camp, cela ne sert à rien) ont fini par m’agacer. Mais cet agacement est sans doute proportionnel aux espoirs que je plaçais dans ce joueur. Non seulement pour son engagement au sein du club, mais aussi parce qu’il avait le potentiel pour atteindre durablement le niveau international. Il n’y a pas eu de véritable 6 en équipe de France depuis belle lurette, et Gonalons pouvait donc avoir un profil précieux, même pour l’obtus DD. La preuve de son décln (stagner, c’est déjà décliner) est que tout le monde (ou presque, manifestement) voit en Tousart un titulaire à la place de Gonalons. Tousart semble prometteur, mais Gonalons n’aurait jamais du souffrir la comparaison avec un gamin de 20 ans. Cela me semble être un indice supplémentaire, s’il en était besoin, de l’insuffisance du niveau de Gonalons. Cela conduit aussi à réfléchir à ce qu’étaient les solutions qui s’offraient au club, dans le cas où Max perdait sa place dans le 11 de départ. N’aurait-il pas été infiniment plus compliqué, voire cruel, de cantonner l’ex-capitaine au banc ? Une sortie vers un bon club européen (sans doute meilleur que l’OL) est une très bonne chose. D’ailleurs, je me dis depuis que je commence à doute de sa capacité à élever son niveau de jeu, que le confort lyonnais n’était peut-être pas favorable à sa progression. Ce sera en tous cas à quitte ou double pour lui à la Roma : soit l’obligation de gagner sa place et le beau challenge offert par ce club le poussent à progresser, soit il finira en Turquie ou en Championship. J’espère en tous cas que Monchi, qui, en principe, connait son affaire, aura bien senti le coup.
    Quant à l’OL, il doit trouver un vrai numéro 6 performant, soit avec Tousart, soit avec un joueur confirmé. Dans le football moderne, qui se passe malheureusement de n°10, le poste 6 est devenu la plaque tournante de la plupart des équipes. Une rôle qui n’allait plus à Gonalons, ou en tous cas, plus à l’OL.

    • Bedeuze

      3 juillet 2017 at 8:59

      Je suis d’accord dans les grandes lignes avec vous.

      En revanche, je ne pense pas que Max’ (que j’adore) ait les qualités intrinsèques pour prétendre à un niveau bien plus élevé que celui de l’OL, en cela, j’espérais pour lui comme pour d’autres une carrière entière à l’OL; mon côté romantique et ma non compréhension des « ambitions » actuelles des joueurs.

      Je suis par contre entièrement d’accord sur le fait que la décision prise soit, malgré tout, la meilleure pour les 2 parties : Max’ tente une expérience à l’étranger dans un club de bon niveau qui peut lui permettre un rebond qu’il n’aurait pas eu à l’OL (la faute à « l’habitude », à un coach qui certes n’aide pas à la progression des joueurs…), et l’OL récupère un peu tout en s’enlevant un cas compliqué à gérer. Car comme vous l’avez souligné, comment aurait il été géré ? La logique sportive aurait voulu que Tousart soit titulaire, chose dont on peut douter vu nos soucis de management. Nous aurions alors eu droit aux insultes et à l’irrespect de notre « bande » de supporters 15/25 ans envers Max’ et, comme d’habitude, Génésio. Max aurait encore perdu de la valeur, la fin aurait été encore moins belle et il serait sans doute parti libre provoquant encore plus l’ire des dits « supporters », sauf si nous avons la joie qu’ils ne soient réellement pas abonnés l’an prochain :-).
      Concernant la fin, je pense que sa déclaration la veille d’un des matchs les plus importants de notre histoire, après une prestation très très limite à l’aller, est malgré tout une faute, et que même si tout le monde a le droit à l’erreur, cette faute était importante et témoignait d’un manque de recul sur son niveau (ce qui donne donc du poids à la difficulté à laisser la place à la logique sportive l’année qui vient).
      La critique est facile, mais qu’auraient fait ceux qui manquent actuellement (et depuis de trop longs mois) de respect à JMA ?

      Enfin tous ces départs et cette nouvelle saison m’attristent et me font peur. « L’âme » de l’équipe, ce centre de formation très représenté disparaissent. Quels seront les comportements de nos joueurs lors des derbys ? Je ne veux pas vivre ce qu’ont subi les foréziens pendant des années avec des joueurs pas conscients de leurs importance…

      Je serai malgré tout bien présent, m’époumonerai pour mon Olympique et m’enthousiasmerai tant que possible des magnifiques moments que le club nous offrira…car finalement c’est ça une relation amoureuse, on est parfois déçu, on a parfois peur de certaines évolutions de l’autre, mais on ne peut s’empêcher de l’aimer.

  7. Knurt

    3 juillet 2017 at 6:38

    J’avais adressé il y a deux mois, un message à Maxime Gonalons. Le voici:
    Je viens de lire l’information selon laquelle vous avez par vos déclarations, blessé votre Président. Par ce message, je voudrais vous témoigner ma sympathie et vous dire combien votre Président Aulas est vraiment un rigolo. Comment peut-il dire que l’OL est ambitieux avec un entraineur qu’il va conserver et la défense en carton pâte qu’on se traine depuis des années. Sans parler d’un certain Maurice, recruteur en chef, qui nous ramène des brêles à tes tarifs que la décence m’interdit de citer. Vous êtes Monsieur Gonalons un gars avec une bonne mentalité, un brave joueur au sens noble du mot, un guerrier. Je suppose qu’Aulas a été bien content de vous avoir les deux précédentes saisons. Si cette saison vous avez pu paraitre en retrait, ce n’est pas pour cette raison qu’il faille tout oublier. Aulas me sort par la tête, sa politique de recrutement depuis 2010 est un échec total, tout comme sa communication catastrophique. Monsieur Gonalons encaissez votre pognon, qui aurait mérité d’être supérieur à Grenier, tant vous avez toujours fait preuve d’une grande combativité, d’une excellente mentalité, d’un moral d’enfer et cassez vous de ce club en faisant à Aulas un beau bras d’honneur.
    Bien cordialement

  8. tIBS13OM

    4 juillet 2017 at 2:48

    hihihihi gonalons c est une chevre soyez content qu il se soit barré ce surcoté . il y a toujours votre meilleur joueur l’arbitre

  9. paps

    4 juillet 2017 at 10:19

    Ça me gêne toujours un peu ces tribunes à charge, où l’auteur se place au-dessus de la mêlée, limite en donneur de leçons.
    Le problème c’est que l’auteur, sauf erreur de ma part n’en sait pas plus que les autres.
    Si on veut juger d’un point de vue factuel le départ de Gonalons, on a :

    positivement
    – un amour, ou au moins un fort attachement du garçon envers le club
    – un comportement exemplaire envers « l’institution » à peu de choses prêt
    – une discrétion et une simplicité (perso j’ai un peu de mal à juger ce critère, mais aux yeux de l’auteur, sa passion pour la pêche et son absence de tatouage semble un argument… soit)

    négativement
    – un niveau assez médiocre ces 2 dernières années, indigne de ce qu’il a pu être auparavant. Et j’inclus aussi une baisse dans la combativité
    – une déclaration malvenue la veille d’une demie finale de coupe d’Europe
    – une signature dans un autre club (jusqu’à preuve du contraire personne ne lui a mis un flingue sur la tempe)

    Ce qu’on ne sait pas, et ce qui est de facto le plus important à savoir pour pouvoir juger :
    – Gonalons voulait-il vraiment rester ? Est-ce lui qui est à l’initiative de son départ ? Quel rôle a joué son agent dans l’histoire ?

    Bref, est-ce que ce qui arrive à Maxime est légitime ou pas ? Je pense qu’on en sait rien. Et c’est bien ça qui provoque ma gêne face à ce genre d’article (et je précise qu’un article qui irait dans le sens opposé à celui-ci provoquerait aussi la même gêne.)

    D’un point de vue personnel, je suis bien triste de son départ. Mais je pense pas qu’il soit nécessaire de désigner un coupable autre que le système et le fonctionnement du football actuel. Ce qui inclut les instances, les dirigeants de clubs, les médias, les agents, ET LES JOUEURS.

    Allez, bon vent Max, éclate toi à la Roma. Si tu reviens à Décines, je pense que tu seras bien accueilli.
    En tout cas par moi.

  10. Djelezinc

    5 juillet 2017 at 8:00

    Bel article mais, vous même, vous traitez Bruno Genesio de cette façon qui vous paraît si abjecte.
    Peut-être que votre jeune âge n’a pas la mémoire des grandes premieres années de l’ère Aulas avec la montée et la première experience européenne.
    Je respecte profondément et je n’oublierai pas Captain Max mais, pourquoi crache t’on sur notre coach qui a été tout autant fidèle a notre club? Il y a 2 poids 2 mesures dans vos jugements.
    Pourquoi critique t’on notre président, le plus grand de tous les temps, le fondateur de l’institution, celui grâce à qui tout est devenu possible?
    Max adore l’OL tout autant que BG et JMA.
    Soyons impartiaux et aimons de la même manière tous ces grands LYONNAIS!

    • Hugo Hélin

      5 juillet 2017 at 11:11

      Peut-être que ce ne sont pas les mêmes personnes qui écrivent tous les articles et qu’elles ne sont pas forcément d’accord entre elles.

      (assez rigolo le concept de « soyez impartiaux, ne critiquez pas »)

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>