Umtiti, la voie du Sam muraille

Olympique Lyonnais

RANK’N’OL #S02E57 Pour s’en sortir face aux assauts de Toulouse (0-0), l’OL a pu compter sur sa bonne étoile, mais aussi sur un Sam Umtiti tranchant à défaut d’être parfait. De toute façon, un héros n’en est jamais tout à fait un sans ses failles.

 

Le compte rendu du match : Un nul heureux, mais sans plus

Olympique Lyonnais

Le mode d’emploi : Let’s Rank’n’OL !

 

Olympique Lyonnais1. Samuel Umtiti

Le fameux patron de la défense est avant tout un type irréprochable. Depuis quelques mois, le qualificatif ne colle pas vraiment à Umtiti. Pas plus qu’à ses camarades des lignes arrières d’ailleurs. Pourtant, si on lui en demande plus qu’aux autres, c’est qu’on a de bonnes raisons de le faire. Parce que si l’on avait dû fabriquer un défenseur, il aurait probablement ressemblé à ça. Peut-être même, bûcheurs comme on est, qu’on n’aurait pas sous-traité la partie coiffure. Irréprochable, Umtiti ne l’a pas été sur la pelouse maudite du Stadium. En témoigne la facilité avec laquelle Ben Yedder l’a mis dans le vent à la 11e avant que Tolisso ne vienne sauver les meubles. La suite aura davantage nourri la ferveur au sein de la micro-société umtitiste, où il est question d’interceptions, de relances et de sécurisation des espaces mitoyens, ceux de Bedimo et Bisevac pour ne pas les nommer. Et quand son compère serbe se fait fumer par Braithwaite (53e), c’est encore Umtiti qui sauve la partie du bout du crâne devant Ben Yedder. Du bout des cheveux même. Parce que si l’on avait dû fabriquer un défenseur, il aurait ressemblé exactement à ça.

GONALONS2. Maxime Gonalons

Maintenant qu’il ne reste que quatre matchs et plus aucune chance de titre pour se faire à l’idée d’un départ, on traque les chiffres qui l’annoncent chaque fois un peu plus (sa 200e sous les couleurs lyonnaises) et on fait la liste de tout ce qui va nous manquer. On pourrait revenir, une fois de plus, sur ces 21 ballons grattés et cette poignée de coups de hanches, de courses dans les pattes adverses, d’impacts en tous genres qui remettent l’OL dans le sens du match après l’avoir commencé à l’envers. En vrai, on sait que les raisons de la mélancolie qui gagnera au moment de raccrocher le n°21 au cintre sont ailleurs. Elles tiennent dans mille et un détails, des parties de pêche dans la Dombes aux matchs qu’on refait avec les copains sur les marches de Gerland en fin de partie. Elles se ramassent dans cette seule réussite : avoir permis que l’Olympique redevienne lyonnais quand la parenthèse enchantée était en train de se refermer. Vu de loin, la consolation paraît suffisamment dérisoire pour situer la qualité toute relative de Gonalons – et c’est aussi pour ça qu’il est important de partir. Vu de Lyon, on ne connaît pas de raison plus forte que celle-là pour emporter les cœurs. Surtout quand il n’est plus question de se battre que pour prendre à Sainté une place, la 4e – celle du con – et un tour préliminaire en moins en Europa League. Ce n’est pas seulement le joueur qui va manquer. C’est l’âme.

Olympique Lyonnais3. Arnold Mvuemba

Quand on a demandé, le vendredi précédant la rencontre, à Arnold Mvuemba comment on passait du statut de 19e homme chez le 12e du championnat à celui de meneur délié qui envoie les gestes les plus audacieux sur la pelouse du Stade de France, il nous a un peu endormis : « J’ai pu faire un sombrero ou un petit pont, ça arrive de temps en temps dans les matchs. Ce n’est pas une question de confiance, la confiance, je l’ai toujours eue. » Pas de chance : on se souvenait du Mvuemba distillant ses passes latérales sur la pelouse de Gerland comme une âme en peine. Alors on  s’est dit qu’il se foutait un peu de notre gueule. Quand à la 5e minute du match à Toulouse, il passe un sombrero et un petit pont, il n’y a plus de doute : il s’est foutu de notre gueule. Bien sûr, sa deuxième période a été moins glorieuse. Arnold a de la chance : on peut avoir de la mémoire, on n’est pas rankuniers pour autant.

Olympique Lyonnais4. Corentin Tolisso

On pouvait craindre qu’une fois la série de matchs bigger than life que même Gaël Danic n’a pas eu la chance de disputer, Corentin Tolisso allait redevenir ce joueur qu’on n’avait même pas pris la peine de remarquer sur le terrain n°10. D’autant que, cette fois, il s’agissait d’un match en retard, soit le genre de rencontre à faire dérailler un type précoce. On a cru saisir ce moment en voyant Akpa Akpro débouler pleins phares sur son côté et manquer de trouver Ben Yedder (20e). Avant d’être rattrapé par l’évidence : Tolisso joue en Ligue 1 comme s’il avait toujours été là. Le placement est déjà juste et la relance qui suit d’une netteté qui tranche avec ce qui se fait ailleurs en championnat, à un poste qui n’est pas le sien. Oui, mais à un poste qui est suffisamment près de la touche et du banc pour y revenir aussi vite qu’on l’a quitté. Pour faire comme ceux qui s’en sont sortis avant lui, Gonalons, Lacazette ou Umtiti, en s’imposant sans jamais avoir été annoncé comme le phénomène que tout un club attend. Juste en respectant cette règle envoyée par Toulalan un soir de victoire à Anfield : « Ce qu’il y a de bien avec Maxime, c’est qu’il est à l’écoute. » Si l’on en juge ses prestations, ce qu’il y a de mieux avec Tolisso, c’est qu’il pourrait bien avoir l’oreille absolue.

Olympique Lyonnais5. Henri Bedimo

Encore quelques minutes, les premières du match, à jouer les endormis. Avant de se reprendre et de justifier en quelques accélérations et centres à la clé la formule qui lui a été consacrée, celle de « meilleure recrue de la saison« . Pour envoyer donc un dernier raid (90e), suffisamment baroque pour changer la fin de la saison lyonnaise. Jusqu’à cette suite qui nous dit que Bedimo voit aussi au-delà, envoyant cette passe toute prête d’être décisive si Gomis ne se trouvait en bout en chaîne pour saborder le récital. C’est aussi à ça qu’il faut juger aujourd’hui de la qualité du recrutement de Bedimo : à sa façon de rappeler le coût des autres.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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(Photo Panoramic)

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