Timothée Taufflieb (FCVB), de la DSR (R2) au titre de champion de France avec le PSG

Taufflieb

PORTRAIT. L’OL n’a aucun champion de France dans son effectif, mais Villefranche en a un. Timothée Taufflieb, milieu de 28 ans, a en effet participé au titre de 2016 du PSG de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva et Laurent Blanc. Enfin, un peu.

C’est peut-être le plus beau conte de fées de l’histoire du PSG qatari, voire de la Ligue 1 au XXIe siècle. Il commence au FC Franconville, en DSR (septième échelon du football français, aujourd’hui R2). « Je n’ai jamais fait de centre de formation », raconte Taufflieb, un héros très normal. « C’est le club de ma ville, celle où j’ai grandi. J’étais avec mes copains du lycée, dans le club où j’ai grandi aussi, des débutants aux seniors. »

C’est là et dans cette DSR de région parisienne « qui vaut bien une N3 en Normandie par exemple » que Taufflieb va se faire repérer par le PSG. Mais le PSG amateurs, l’équipe trois. « Ils étaient aussi en septième division et ils sont montés en R1, DH à l’époque. Comme j’avais marqué contre eux, le coach de l’équipe m’avait appelé. J’avais 20 ans, j’ai dit oui. » Il rejoint donc la DH du PSG, où « il y avait de tout, quelques anciens qui ont la trentaine, quelques petits jeunes. »

La suite va très vite pour celui qui est alors ailier. « Je fais une bonne saison en DH, je marque des buts. Au bout de six mois, j’intègre juste les entraînements de la CFA. Mais l’année d’après, je cartonne en début de saison avec l’équipe trois pendant que la CFA a du mal à marquer. L’entraîneur qui me connaissait m’a donc appelé. Je travaillais à cette époque-là, je me suis mis au chômage pour six ou sept mois pour voir si ça passait. Et j’ai cartonné avec la CFA aussi, du coup j’ai signé pro. »

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En juillet 2015, deux ans après avoir quitté Franconville, Taufflieb est donc pro et meilleur buteur de la réserve du PSG en CFA (7 buts en 21 matchs). Il y côtoie Christopher Nkunka, Jonathan Ikoné, Presnel Kimpembe, Jean-Kevin Augustin, Fodé Ballo-Touré, Félix Eboa Eboa ou Rolo Pereira de Sa. Et devient une sorte de grand frère, par son parcours atypique mais pas que. « A 22 ou 23 ans j’étais le plus vieux de l’effectif. Ils avaient tous 18 ans. C’était mon rôle d’encadrer les jeunes et d’amener un peu d’expérience malgré mon jeune âge. »

En juillet 2015, Taufflieb est même appelé pour participer à la tournée du PSG aux Etats-Unis. Et il retrouvera les entraînements de Laurent Blanc au cours de la saison suivante au Camp des Loges. « Ils appellent souvent les joueurs de CFA pour compléter les entraînements. Je me suis entraîné avec les pros pratiquement deux fois par semaine toute la saison. » Au milieu des Zlatan Ibrahimovic, Javier Pastore, Marco Verratti et Thiago Silva, le titi de Franconville est forcément un peu impressionné. « Mais il ne faut pas se dire ça, il faut se dire qu’on est là pour s’entraîner. Même si ce sont vraiment des joueurs de classe mondiale, qui voient les choses avant tout le monde, qui jouent vite, qui ont la technique… C’est un autre football. »

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L’apothéose du conte de fées aura lieu le 16 avril 2016. Déjà appelé dans le groupe la semaine précédente pour un déplacement à Guingamp coincé entre les deux manches du quart de finale de Ligue des Champions contre Manchester City, Taufflieb fait finalement son entrée en jeu au Parc des Princes contre Caen. Pour cinq minutes dans un match déjà plié et alors que le PSG était assuré d’être champion, mais qu’importe. « C’est un beau souvenir. C’est passé vite, mais c’était génial. C’était inespéré sachant que deux ou trois ans avant j’étais en R2. J’ai quand même touché des ballons ! Une dizaine je pense. Je rentre milieu de terrain, et vu qu’il y avait déjà 6-0 il n’y avait pas trop de pressing en face. Je venais au ballon et je jouais simple. Je pense que j’ai réussi toutes mes passes. »

De quoi se sentir champion ? « C’est ce qu’on me demande à chaque fois ! J’ai le trophée, oui. On me charrie toujours un peu, c’est vrai que cinq minutes dans une saison… Mais ça fait quand même partie de mon palmarès malgré tout ! » Un palmarès qui ne s’est pas encore étoffé pour l’instant. La suite s’écrit d’une fin de contrat à l’autre, d’un appel de coach qui l’a repéré en tant qu’adversaire à l’autre. Une fois terminé son bail au PSG à l’été, Manu Da Costa, aujourd’hui au SC Lyon et qui l’a affronté avec QRM en CFA, le fait venir dans le club normand qui vient de monter en troisième division. Une nouvelle ascension express pour Taufflieb, qui passe du CFA au National, puis à la Ligue 2 en participant à la montée de QRM dans la foulée.

En 2019, Alain Pochat, croisé en National lorsque l’entraîneur était à Boulogne, le convainc de rejoindre Villefranche. « Quand je jouais contre lui, ça produisait toujours du beau jeu. Quand il m’a appelé en disant qu’il voulait faire une équipe de ballon, j’ai tout de suite dit oui. » Avec Maxime Blanc et Rémi Sergio, il forme en effet l’un des milieux les plus techniques de National, dans lequel le volume de jeu de l’ancien ailier fait du bien. Au point d’avoir toujours la Ligue 1 dans un coin de la tête ? « Il ne faut pas se voiler la face. Je sais que ça va être dur. J’ai quand même 28 ans. J’ai beaucoup de saisons en National et une en Ligue 2, je pense que je suis plutôt un joueur de National. » Avec tout de même un titre de champion de France de Ligue 1.

Hugo Hélin

(Photo Léo Calistri)

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