A-t-on été trop dur avec Bruno Genesio ?

Genesio

ON REFAIT LE MATCH. La question, posée dans une émission radio bien connue lundi soir, était plus précisément : « À la lumière de la victoire de Rennes contre Lyon, a-t-on été trop dur avec Genesio lors de son passage à l’OL ? » Une question qu’on a envie de questionner.

Qu’est-ce qu’un match joué en novembre 2021 peut changer aux avis (positifs ou négatifs) émis sur une période terminée en 2019 ? Le bilan de Genesio à Lyon est strictement le même aujourd’hui qu’il y a une semaine. La victoire 4-1 du Stade rennais n’enrichit pas le mandat de Genesio à l’OL, et ce dernier ne s’est pas réveillé lundi avec une coupe de France, une Ligue Europa ou une deuxième place de Ligue 1 sur une saison entière à son palmarès lyonnais. Les objectifs de l’époque ne se trouvent pas mieux ou moins bien remplis. Et celui qui s’amuserait à regarder 10 matchs de l’OL de Genesio aujourd’hui verrait le même spectacle que dans les conditions du direct.

Remise en cause toujours

Dans sa réaction d’après-match, l’entraîneur rennais a espéré que sa victoire allait pousser « ceux qui l’ont asticoté pendant trois ans et demi à se remettre en cause ». On peut toujours se remettre en cause, et se demander si on a été trop dur avec Genesio. Mais ni le match de dimanche, ni les futurs succès de l’ancien entraîneur de l’OL ne changeront quoi que ce soit à cette introspection. Les seuls à qui la démonstration rennaise magistrale de dimanche donne finalement réellement tort sont ceux qui ont parié sur l’avenir. Ceux qui auraient dit, par exemple : « Genesio est tellement nul que jamais une de ses équipes ne dominera complètement un match sur 90 minutes. » Il y en a sûrement eu pour le penser. Eux ont été ont été trop durs, c’est un fait.

Test : êtes-vous plutôt 
Peter Bosz ou Bruno Genesio ?

Assumer de remettre le seum au centre du jeu

Pour le reste, le foot laisse une très belle place au concept de revanche, et il n’y a pas de mal à s’y laisser aller. Les joueurs et entraîneurs punissant l’équipe qui les a supposément mal traités sont légion. Oui, les clubs concernés (ou leurs supporters), peuvent avoir le bec cloué par leur ancienne victime. On peut en faire un sujet de discussion, ça fait partie de la richesse de ce sport. De fait, peu de supporters lyonnais Genesio-sceptiques nieront que la claque de Rennes fait plus de mal en raison de l’identité du coach adverse. Mais paradoxalement, la pilule serait presque mieux passée si, après le match, Genesio avait montré ses fesses en scandant « dédicace au café du commerce ». Et si lui et les polémistes de tout bord avaient clairement mis le seum au centre du jeu, au lieu de tenter de revisiter l’histoire ou de redresser les torts passés de manière aussi peu logique.

Eloi Pailloux

(Photo Stade Rennais)

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