Avant Riazan – OL féminin : « On ne prendra pas trois buts à chaque match »

(Photo Damien LG / OL)

FÉMININES. L’OL masculin n’est pas le seul à avoir changé d’entraîneur cet été. Jean-Luc Vasseur a ainsi pris la tête de la section féminine de l’Olympique Lyonnais et s’apprête à découvrir ce mercredi en Russie la Ligue des Champions pour son troisième match officiel. Le premier coach à avoir dirigé une équipe en Ligue 1 masculine (avec Reims en 2014/15) et en Division 1 féminine tentera de poursuivre des débuts lyonnais jusqu’ici parfaits. À une exception près : les trois buts encaissés à Reims samedi dernier (victoire 3-8), du jamais-vu pour l’OL féminin depuis le 15 novembre 2009 et une défaite 3-1 à Hénin-Beaumont.

> Riazan-OL, ce mercredi à 14h00 heure française (en direct sur OLTV)

Une première depuis dix ans pas totalement anecdotique dans un club qui vise l’excellence et qui a remporté les quatre dernières éditions de la Ligue des Champions. Et une première depuis dix ans qui peut illustrer le déséquilibre offensif de l’équipe de Vasseur jusqu’ici. L’OL a ainsi été aligné lors des deux premières journées de D1 dans ce qui était officiellement (en tout cas selon la chaîne du club) un 4-3-3 avec une joueuse offensive incongrue en position de relayeuse (Eugénie Le Sommer contre l’OM, Amel Majri à Reims), mais pouvait aussi se lire comme un 4-4-2 à plat avec Dzsenifer Marozsán aux côtés d’Amandine Henry et Le Sommer en soutien d’Ada Hegerberg devant. Voire, de façon plus réaliste, un 4-1-5 avec Henry seule à la récupération et cinq joueuses libres devant elle.

Les compos contre l'OM (à gauche) et à Reims (à droite) / Captures d'écran OLTV

Les compos contre l’OM (à gauche) et à Reims (à droite) / Captures d’écran OLTV

Un déséquilibre offensif qui n’est toutefois pas la seule cause des buts encaissés. La perte de balle lyonnaise au milieu de terrain permet certes à Naomie Feller et à deux Rémoises d’arriver lancées face à Henry et aux deux défenseuses centrales de l’OL, mais l’internationale U19 sait ensuite changer de rythme pour éliminer (trop facilement) la numéro 6 lyonnaise et Hegerberg (revenue à toute allure). La tergiversation de la charnière centrale avant que Wendie Renard ne se fasse chiper le ballon en position de dernière défenseuse est en partie due au manque de solutions disponibles à proximité, mais aussi au pressing lancé ultra-rapidement par Fueller. Le troisième but vient lui d’un mauvais marquage sur corner couplé à une sortie trop timide de Sarah Bouhaddi. Pas encore de quoi inquiéter Vasseur.

« Les joueuses étaient vexées. On l’était tous un peu. »

« C’est un accident. C’est vrai que les trois buts font un peu tache, parce que j’ai bien compris que ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé. Mais il faut voir comment ça s’est passé, et moi je vais vraiment mettre ça sur le coup d’un accident« , a ainsi dédramatisé le coach de l’OL féminin en conférence de presse avant le déplacement en Russie. « Les filles ont déjà montré un autre visage sur l’aspect défensif. On avait fait trois matchs auparavant, contre de sacrées équipes comme l’Atlético ou le [North Carolina] Courage [en International Champions Cup, une compétition amicale remportée par l’OL cet été], une des meilleures équipes du monde, et on avait fait des clean sheets. Il y a eu un petit couac, mais il ne faut pas rester là-dessus. »

D’autant que le déséquilibre offensif est loin d’être un problème, en tout cas en attendant les matchs qui comptent vraiment. L’OL devrait en effet dominer outrageusement 80% (au bas mot) de ses rencontres cette saison, et accumuler les talents offensifs devant le but adverse tout en comptant sur des individualités défensives tout aussi talentueuses pour couper les rares contre-attaques permettra de toute façon aux Lyonnaises d’instaurer un rapport de force qu’elles ne perdront pas. Et pour les 20% de rencontres restantes, Vasseur a tout le temps de poursuivre ses expérimentations. Même s’il avoue ne pas signer pour faire les 3-8 tous les week-ends : « Les joueuses étaient vexées. On l’était tous un peu. On ne prendra pas trois buts à chaque match. » Une fois tous les dix ans, c’est largement suffisant.

Hugo Hélin

(Photo Damien LG / OL)

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