Retrogaming : l’OL version futurs champions sur Football Manager 98

01

RETROGAMING. Après avoir retrouvé l’opus 1998/99 du jeu Football manager, dont seule la base de données restait accessible, on est tombés sur la version 1997/98 qui, elle, marche encore. Et plutôt que de lancer une partie classique, on a choisi de tripatouiller un peu l’éditeur pour tester le niveau de l’OL s’il avait eu cette saison-là uniquement les futurs champions de France lyonnais déjà présents dans le jeu.

De quoi former un effectif assez chiche : quatre années avant le premier sacre de l’OL, seuls 17 joueurs répondent à l’appel (ils auraient dû être 18, mais on a oublié Steve Marlet, alors à Auxerre et parti de Lyon vers Fulham à la fin de l’été 2001 à Fulham après cinq matchs qui lui accordent le titre de champion 2002, et on a eu la flemme de recommencer la partie quand on s’en est aperçus).

L’effectif, selon l’étrange classification du jeu

Gardiens : Coupet (OL), Hugues (Guingamp)
Défenseurs : Chanelet (Nantes), Laville et Bak (OL)
Milieux défensifs : Foé (Lens), Violeau, Linarès et Delmotte (OL)
Milieux : Laigle (Sampdoria), Dhorasoo (Le Havre), Carrière (Nantes)
Attaquants : Wiltord (Rennes), Vairelles (Lens)
Buteurs : Née (Caen), Anderson (Barcelone), Elber (Bayern)

C’est à la fois court et mal équilibré. Mais les postes de Delmotte et Foé, respectivement « milieux défensifs gauche » et « droit », en font des latéraux offensifs potables. Violeau et Linarès dépanneront à l’occasion à ces postes et Chanelet supplée la charnière Bak-Laville au besoin : en période de blessures multiples, certaines compos ont donc été un peu baroques. Pour mettre les meilleurs atouts de l’effectif sur le terrain, Vairelles (bon, mais barré en attaque par le duo brésilien Anderson-Elber) a progressivement été installé à gauche, avec Laigle qui glisse dans l’axe aux côtés de Dhorasoo, Carrière étant un peu léger.

L’équipe-type de cet OL 1997/98 de futurs champions : rugueux derrière, joueur au milieu, grande classe devant.

L’équipe-type de cet OL 1997/98 de futurs champions : rugueux derrière, joueur au milieu, grande classe devant.

La saison commence par une sortie de route en Intertoto, contre Montpellier : 0-1 à la Mosson sur un coup-franc de Ferhaoui, 1-1 à Gerland (Vairelles contre Ferhaoui sur pénalty). Pas d’exploit (au match aller du moins) contre l’Inter en Coupe UEFA, donc… Un raté compensé par un début de saison quasi-parfait en D1 : sept victoires en huit matchs. Seul accroc à la quatrième journée, défaite 0-2 contre Strasbourg (doublé de Nouma), pourtant à 10 depuis la 9e minute et l’expulsion de Dedebant. Le moteur de jeu est en tout cas plutôt réaliste, car l’infirmerie se remplit vite : au 1er septembre, Bak, Dhorasoo, Vairelles et Laville sont blessés. Ce dernier, qui n’est que légèrement touché, doit jouer malgré tout compte tenu de la pénurie de défenseurs dans l’effectif, Chanelet étant déjà obligé de jouer dans l’axe.

S’ensuit un coup de mou : nul contre Lens (0-0), défaite à Marseille (1-0, Dugarry en seul buteur) puis contre Paris (1-2, Maurice et Rabesandratana contre un but de Linarès). Mais l’OL se redresse et gagne tout jusqu’à la trêve, cap atteint en tant que leader avec treize victoire, un nul et trois défaites, soit 40 points, devant l’OM (37 pts). En Coupe de la Ligue, ça roule avec les éliminations de Caen (2-0, doublé de Wiltord) puis Strasbourg (2-0 après prolongation, buts d’Elber et Anderson), l’occasion de donner un peu de temps de jeu à Hugues, propre dans les buts.

À lire aussi >> Caveglia à l’OL,
de Cavégoal au chaos

La deuxième partie de saison est moins réussie. L’OL perd bien plus de points, avec notamment une série noire de quatre défaites de la 24e à la 27e journée : à Auxerre (4-2, Carrière et Anderson contre un doublé de Guivarc’h et des buts de Lamouchi et… Marlet, qui aurait dû être Lyonnais sans un oubli de notre part), contre Châteauroux (1-2, but d’Anderson en réponse à deux réalisations de Cakar et Dufresne), à Lens (2-0, Oruma et Brunel) et contre l’OM (1-3, but de Foé contre un triplé de Ravanelli). L’OL est alors septième, à 14 points du leader marseillais. et n’est plus en lice en coupes. La faute à deux éliminations aux tirs au but, preuve que le moteur de jeu a vraiment bien saisi l’ADN lyonnais : contre Monaco (0-0, 5-6 tab) en seizièmes de finale de Coupe de France et à Bordeaux (0-0, 3-1 tab) en Coupe de la Ligue.

Qu'est-ce qui semble le plus incongru pour les plus jeunes : le Télétexte ou la présence de Cannes et Châteauroux en première division ?

Qu’est-ce qui semble le plus incongru pour les plus jeunes : le Télétexte ou la présence de Cannes et Châteauroux en première division ?

Fidèle à ses habitudes futures, l’OL termine par un sprint réussi : six victoires et deux nuls pour finir. De quoi remonter jusqu’à la quatrième place (68 points), au lieu de la sixième place arrachée dans la réalité (seulement 53 pts, tout en sachant qu’un bug dans le jeu fait que la D1 compte 35 journées au lieu de 34, ce qui permet de gratter potentiellement 3 points de plus.). L’OM est premier et signe un doublé avec la coupe de France, Lens (champion dans la réalité) est dauphin et jouera le tour préliminaire de la Ligue des champions, Auxerre complète le podium et Metz remporte la coupe de la Ligue. Au niveau européen, le Bayern privé d’Elber remporte malgré tout la Ligue des Champions, le Bétis Séville s’octroie l’avant-dernière édition de la Coupe des coupes et l’Atlético Madrid remporte la Coupe de l’UEFA.

C’est l’un des défauts du jeu, lorsque l’on décide de « simuler » les matchs au lieu d’avoir le résultat instantanément : peu de buts sont marqués. L’OL a donc la meilleure défense du championnat (27 buts encaissés), mais une attaque faiblarde (8e, 44 buts marqués). Les algorithmes du jeu ne gâtent pas Anderson (10 buts toutes compétitions confondues), qui a pourtant joué tous les matchs, et Elber (9 buts). Dans ce jeu, les bons postes pour marquer sont à l’aile : les chiffres sont plus favorables pour Wiltord, meilleur buteur (12 buts) et Laigle, meilleur passeur (9 passes). Mention spéciale pour les latéraux Foé (3 buts) et Delmotte (3 buts, 2 passes).

Verdict

Le meilleur classement de l’OL dans le jeu et le plaisir de revoir des joueurs de la grande époque (enfin, les quelques pixels censés les réprésenter) jouer et marquer des buts (ou se faire expulser, même si Laville ne prend qu’un petit carton rouge) ne compensent pas la déception d’une campagne européenne réduite au minimum, et ne remplacent pas les souvenirs laissés par Kanouté, Carteron, Caveglia, Giuly, Devaux ou Job… On n’échangera donc pas cette saison 1997/98 virtuelle contre sa version originale, qui a posé les bases des plus belles années du club…

Le tableau de statistiques final. La colonne « performance » est une note sur 80.

Le tableau de statistiques final. La colonne « performance » est une note sur 80.

Éloi Paillol

One Comment

  1. Rems

    8 janvier 2020 at 4:10

    Stylé

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>