Péno béni

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PHILO. Et si, plutôt que d’entretenir le scandale et de ruminer, on décidait de voir les jolis cadeaux que nous a offert le scénario du match contre le PSG, à travers le penalty de Neymar ? Voici une tentative de lire positivement la décision polémique de Clément Turpin.

Raz de marée scandalisé du côté des supporters lyonnais. Dimanche soir, Turpin a sifflé péno alors que les images montraient bien que… Il est bien normal de se sentir frustré ou en colère. Qui sait quelle direction aurait pris le match s’il y avait eu coup-franc pour Gusto ? Factuellement, ce penalty relance une équipe alors mal embarquée. Une lecture complotiste des événements a même connu un certain succès depuis 48h. Dommage ! Car derrière l’interprétation fâcheuse de Turpin, on peut aussi déceler du positif. C’est moins pénible que de ruminer une action qui ne changera plus, alors que que ce positif, lui, peut éclairer la suite.

Qui ne s’est pas dit que l’OL allait salement souffrir après l’égalisation du PSG ? Sans doute seulement ceux qui n’ont pas suivi l’OL ces dernières saisons. On s’est habitué à cet OL qui, faute de fil conducteur suffisamment robuste, se laissait ballotter par les rebondissements d’un match. L’exploit qui débloque une situation compromise et libère l’équipe, la décision arbitrale ou l’erreur individuelle qui saborde une rencontre. Le « coup dur » ou « la réussite » comme chemin de fer. On a d’ailleurs eu beaucoup d’analyses, en conférences d’après-match, davantage focalisées sur le déroulé chronologique des 90 minutes que sur un décryptage tactique, ces dernières saisons.

Aplomb dans la tête

Après le but de Neymar, l’OL n’a guère tangué. Pas loin, même, d’être au-dessus du PSG sur la dernière demi-heure. Les joueurs ont repris le fil et continué leur match, quasiment sans rien changer. Sont-ils devenus beaucoup plus mentalement solides face à la fatalité ? On a plutôt envie de croire qu’ils sont suffisamment focus sur leur jeu pour laisser moins de place aux états d’âme, quitte à être taxés d’adepte forcenés de la méthode Coué. Nota : l’entraîneur, lui aussi, semble ne pas avoir cédé à la panique, et a « paisiblement » fait du poste pour poste dans ses changements. Pas d’empilement de joueurs défensifs remplaçant les attaquants, à l’exception tardive de Paqueta/Keita – ceci étant, sur le peu de minutes jouées ensuite, l’OL n’a ni reculé, ni renoncé au ballon.

Aplomb sur l’aile

Cas plus individuel, pour finir. Malo Gusto a-t-il considéré être fautif de l’égalisation contre son équipe, ou s’est-il senti frustré de l’entourloupe de Neymar ? Un peu des deux ? Peu importe : ça ne s’est pas vu. Dans les faits, c’est vrai, le 2-1 vient de son côté. Dans l’attitude, le tout jeune latéral droit n’a pas plongé, et a réussi encore une paire d’interventions autoritaires et précieuses, et les gros plans sur son visage (pour ce que ça vaut) n’ont pas révélé de cogitation évidente. C’est une autre bonne nouvelle, qui rappelle, au passage, que l’OL a aligné un défenseur de 18 ans contre Neymar plutôt que déplacer un stoppeur, un 6, un ailier ou un autre joueur plus expérimenté à son poste. Ce qui révèle en creux, là aussi, une forme d’aplomb appréciable pour ce type d’affiche.

Eloi Pailloux

(Photo Team Pics / PSG)

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