Le Parc OL, cathédrale du (co)vide

OL

AMBIANCE. Ça va ressembler à quoi, de jouer un match « à domicile » en période de Covid ? On était à Décines à l’occasion d’OL-Dijon pour observer la nouvelle anormalité.

Le meilleur, le pire, le plus drôle :
podcast bilan de la saison 2019/20 de l’OL

« La vache, ça va vite pour arriver ce soir ! » Sur le parking P1 du Formidable Outil, on se réjouirait presque de l’affluence du soir, pour la reprise de la L1 à domicile de l’OL. Covid-19 et fermeté préfectorale oblige, 5000 personnes seulement sont autorisées à se rendre au stade en ce vendredi de la fin août. 5000 personnes, c’est près de 12 fois moins que la capacité maximale du stade. Alors forcément, à une demi-heure du coup d’envoi, difficile de trouver ses repères.

« C’est triste, c’est clair, c’est vraiment pas du tout la même excitation qu’un début de saison normal. J’ai même pas regardé les résultats de la première journée », lâche Vincent, 40 ans, abonné au Kop Virage Nord, qui balaye du regard autour de lui. Côté Ouest, le soleil se fait une place après l’orage, mais ne sert qu’à éclairer un peu mieux un podium désert. Côté Est, quelques dizaines de supporters pressés cherchent à échapper aux dernières gouttes de pluie de la soirée, cachés derrière leurs masques.

En cherchant bien, on devine tout de même quelques sourires derrière les bouts de tissus, comme celui de Christophe, 57 ans, abonné au groupe Générations OL. « On est des privilégiés, quand même, faut pas l’oublier. » On repense à certains matchs de l’OL ces dernières saisons en doutant du début de la phrase, mais les rares supporters présents ne se laissent pas abattre par le contexte : « C’est bizarre ouais, mais c’est déjà bien de pouvoir venir, et que ce ne soit pas un huis-clos complet. On sort d’une belle épopée en Ligue des Champions, il faut profiter de la dynamique », se réjouit Pierre-Alain, 52 ans.

Optimistes, les supporters le sont pour le terrain. Pour les performances économiques en revanche, le Covid a déjà gagné le match. Faire le tour du stade avant le coup d’envoi, c’est se rappeler de l’immensité de l’Outil, et de son calibrage pour un tout autre contexte. Rares stadiers sur leurs portables, boutiques fermées, messages diffusés dans des hauts-parleurs dans des zones où il n’y a absolument personne, on se voit presque en Will Smith dans « Je suis une légende »

A peine le temps de s’imaginer en acteur américain sexy, riche et populaire, qu’il est déjà 21h. « Pour ce blason, frappé du lion, à tes côtés toujours nous chanterons », dit le nouvel hymne de l’OL. Pas question de le faire mentir, même à 5000. Les puristes regretteront certes un léger décalage de rythme entre Générations OL et les supporters du KVN présents, mais pas de quoi gâcher un début de match plutôt plaisant, où les spectateurs hésitent entre l’ambiance Ligue 1 et celle du district. 

Quand les premiers chants pour l’entrée des joueurs s’éteignent, le début de match sent en effet bon la main courante et la bière plus très fraîche servie par Dédé le dimanche aprèm. « Arrête ton cinéma ! », « lâche-là bordel », « applique tes centres putain ! » En temps de Covid, ce n’est pas le capo et son micro, qui domine le stade, mais celui qui a la plus grosse (on parle de voix). Et puisque le match avance tranquillement pour l’OL, et que les chants réclamés par Memphis ne durent que quelques minutes, on laisse passer la seconde période en guettant les éclairs de Cherki et surtout les meilleurs punchlines. C’est finalement un basique mais énergique « Macron démission ! » qui emporte les suffrages des gradins. En tribune comme sur le terrain, un plat du pied, c’est la sécurité.

Vincent G.

(Photo DFCO)

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