On a noté tous les csc du Derby OL-ASSE (enfin, ceux qu’on a trouvés en vidéo)

LopesCSC

SOUS L’HORLOGE. Celui d’Anthony Lopes la semaine dernière n’a finalement pas prêté à conséquence, mais il nous a donné envie d’évoquer les csc marqués dans le Derby OL-ASSE. Enfin, ceux qu’on a trouvés en vidéo : Lucien Degeorges, Thadée Polak, Bernard Bosquier et Georges Polny peuvent donc souffler. On en a par contre rajouté un par rapport à la liste « officielle », un but attribué à un Stéphanois nous semblant plutôt être un csc de l’OL (on ne spoile pas plus). Et on en a uploadé deux sur Youtube pour l’occasion.

Remercions au passage Luc de Mémoires de l’ASSE, qu’on avait déjà interviewé pour qu’il nous raconte ses pires souvenirs de Derby, et qui a accepté de se plonger dans ces archives pour trouver ces deux csc inaccessibles jusqu’ici. Il est l’un de nos deux jurés du jour, avec Hugo Hélin pour Le Libéro Lyon.

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Mémoires de l’ASSE : « Avant de commencer, je souhaitais avoir une pensée pour ces actions qui ont la même portée qu’un csc, parce que la maladresse d’un joueur devant le but peut amener son équipe à en encaisser un. La fantastique cabriole de Frédéric Piquionne à Gerland en 2008 a permis aux Verts d’amorcer un contre qui s’est achevé par un but de Kevin Mirallas. Le corner lunaire de Romain Hamouma en 2017, envoyé dans le rond central (!) a permis aux Lyonnais de servir Memphis Depay pour l’ouverture du score du pire Derby jamais vu à Geoffroy-Guichard. Ils ne peuvent être comptés ici mais, de Rivière à Aouar, que ces presque-csc sachent qu’on ne les oublie pas. »

Anthony Lopes : 14/20

OL-ASSE 2-1, 8 novembre 2020

Le Libéro Lyon : « Le gardien FSGT que je suis a envie de lui trouver des circonstances atténuantes : le bel arrêt qui précède tout d’abord, mais aussi le fait que l’action ne soit pas si mal jouée que ça. Bouanga est sur la ligne de sortie de but, relativement loin du but et sur son mauvais pied, et Lopes a donc plus raison d’anticiper le centre en retrait que Moulin sur le deuxième de Kadewere. Bouanga joue bien le coup lui aussi, en redressant le ballon fort devant le but, et en comptant sur une déviation qui arrive via un réflexe du gardien de l’OL. Malgré tout, le csc est très beau esthétiquement, avec cette trajectoire nettement changée, et il n’est pas dit que sans Lopes le ballon n’aurait pas fini en touche. 7/10 pour moi. »

Mémoires de l’ASSE : « On ne saura jamais si Bouanga voulait cadrer sa frappe ou s’il cherchait un coéquipier pour couper la balle, mais dans les deux cas il a échoué. C’est pour ça qu’il faut souligner le caractère décisif du mauvais réflexe de Lopes : parvenir à transformer une action sans queue ni tête en but n’est pas à la portée du premier venu. Je mets également un 7/10. »

Moustapha Bayal Sall : 9/20

ASSE-OL 1-4, 12 février 2011

Le Libéro Lyon : « Attention, le résumé peut contenir des images choquantes aujourd’hui, puisque l’OL marque deux buts sur corner dans le même match ! Le csc (à 0:59) est d’ailleurs fêté par Cris comme s’il l’avait marqué, et sa déviation de la tête au premier poteau est effectivement décisive. Le ballon tape dans la foulée le haut du bras de Bayal Sall, qui n’y peut pas grand-chose. On peut monter à 5/10, parce que Bayal est presque de la famille après son très bon passage à la Duchère, pour le côté décisif (on passe de 1-0 pour Sainté à 1-2 pour l’OL grâce à ce deuxième but sur corner), et pour la précision. L’angle est plutôt fermé, il y a du monde sur la ligne, et le ballon passe pile là où il faut ! »

Mémoires de l’ASSE : « C’est le prototype du csc billard qu’on ne peut décemment pas reprocher à un joueur, d’autant que la balle est déviée juste avant. En revanche, ce coup du sort est à remettre dans le contexte d’un match qui est sans doute le pire de toute la carrière de Bayal en Vert. Coupable sur les troisième et quatrième buts lyonnais, il ira d’ailleurs peu après rejoindre le loft, sans jouer pendant un an et demi. Un petit 4/10. »

David Hellebuyck : 5/20

OL-ASSE 4-0, 30 avril 2006

Le Libéro Lyon : « Encore un corner et encore un but fêté par un Lyonnais ! Wiltord en l’occurrence, qui se jette pour tacler au deuxième poteau un ballon dévié au premier. Hellebuyck est vraiment tout proche et a le réflexe de tendre le pied, ce qui bat Janot à bout portant. Comme le précédent, le Stéphanois n’y peut pas grand-chose et on a un petit côté décisif avec l’ouverture du score dans ce Derby resté dans les mémoires (c’est celui où l’OL fête le titre et où les joueurs se maquillent). Il manque peut-être le côté précision du précédent. 3/10. »

Mémoires de l’ASSE : « Un csc qui n’a rien de très joli ni de très maladroit puisque Fred aurait marqué de toute façon sans l’intervention de Hellebuyck. Le pataquès qui entoure ensuite ce but (et ce match) reste un des moments les plus ridicules du Derby. Seule satisfaction de la soirée: j’ai gagné au Time’s Up pendant la deuxième mi-temps. Un petit 2/10 à mes yeux. »

David Linarès : 16/20

OL-ASSE 2-1, 21 décembre 2000

Mémoires de l’ASSE : « Il n’est étrangement pas compté comme un csc mais les images ne laissent pourtant guère de doute: c’est bien la déviation de la main de Linarès qui a provoqué l’égalisation des Verts à Gerland en cette fin de millénaire. Reprise topée et non cadrée, main ferme pour la redresser dans le but, gardien pris à contre-pied, c’est de toute beauté : 7/10. »

Le Libéro Lyon : « Je suis totalement d’accord sur la classification. C’est assez incompréhensible que ça n’ait pas été compté comme un csc vu la caméra de derrière qui montre bien que le ballon partait au-dessus du virage nord de Gerland et prenait la direction du McDo. J’ai envie de récompenser l’originalité de ce csc, entre la main qui traîne et la tentative désespérée et bizarre de Coupet. 9/10 pour moi ! »

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Sylvain Kastendeuch : 18/20

ASSE-OL 0-1, 15 septembre 1990

Le Libéro Lyon : « S’il ne fallait garder qu’un seul csc dans la mythologie du Derby, ce serait celui-ci, et plutôt avec les commentaires de l’ami Dominique Blanchard évidemment. Le match a été archi-dominé par Sainté. Rousset sort une prestation énorme dans les buts. Bouafia est tout seul dans les 30 derniers mètres, avec Domenech qui lui crie d’attendre ses coéquipiers. Il centre pour personne, et Kastendeuch s’embrouille les pieds. Difficile de faire mieux, à moins de le marquer à la 90e plutôt qu’à la 80e. Mais c’est un détail. 10/10. »

Mémoires de l’ASSE : « On galvaude souvent le terme de hold-up mais ce but illustre à merveille la glorieuse injustice de ce sport : la percée de Bouafia est honorable mais vouée à l’échec et n’a que pour but de remonter le ballon pour gagner un peu de temps dans un Derby qui semble promis aux locaux. Dominique Blanchard a beau jouer au voyant extralucide, le centre n’a aucun objectif logique et pourtant il fait mouche. Plus que l’aspect technique discutable de ce csc (Kastendeuch cherche vraiment à éviter le ballon), on retiendra sa dimension mythologique: un but pareil au terme d’un scenario pareil, n’est-ce pas la pire façon de perdre un Derby (ou la meilleure façon de le gagner, c’est selon) ? 8/10 pour la légende. »

André Ferri : 14/20

ASSE-OL 3-2, 22 février 1981

Mémoires de l’ASSE : « On est ici sur le csc d’école, le csc classieux, celui qu’on voit venir de loin. La frappe de Zanon est pure mais n’aurait sans doute pas trouvé le fond des filets. Ferri en revanche ne laisse, lui, aucune chance à son gardien en déviant le ballon dans le petit filet opposé. Plat du pied, sécurité. Rien à dire : 8/10. »

Le Libéro Lyon : « Je ne suis pas aussi enthousiaste. Pour moi c’est effectivement un csc d’école, ce qui veut dire qu’on en a déjà vu des centaines comme ça, un mec malheureux sur la trajectoire d’une frappe de loin. Allez, je veux bien monter à 6/20 pour le contre-pied, mais surtout pour les mini-shorts vintage si stylés et les chutes sur la neige qui rajoutent un effet comique. »

Gilbert Ravanello : 10/20

OL-ASSE 1-7, 5 octobre 1969

Mémoires de l’ASSE : « Un autre grand classique des csc dans le plus gros carton de l’histoire des Derbies, le fameux 1-7 à Gerland en 1969. L’ailier yougoslave Samardzic (à qui quelques sources attribuent le but) déborde et centre fort à ras de terre, le gardien Aubour et Ravanello se jettent pour intercepter la balle mais le second est plus prompt et dévie la balle juste comme il faut. Non seulement c’est le but du break, non seulement les deux joueurs se gênent, mais cela achève de détruire le moral de la défense lyonnaise peu avant la mi-temps. Les Gones ne s’en remettront pas et la seconde mi-temps sera un long calvaire pour Aubour et Ravanello. 6/10 pour le côté discutable de la paternité du but. »

Le Libéro Lyon : « J’ai utilisé en boucle l’option pour ralentir la vidéo, en me demandant même si ce n’était pas l’un des défenseurs de l’OL les plus proches de Samardzic qui déviait le ballon au départ. Je pense que c’est bien Ravanello, mais la caméra unique ne permet pas vraiment d’en apprécier la substantifique moelle et l’impact de la déviation. Un beau plaidoyer pour la HD et les caméras derrière les buts. 4/10, parce qu’il m’a trop usé les yeux. »

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