On était à Bourg – Le Puy en amical à Chasse-sur-Rhône

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AMICAL. Comme souvent ces derniers étés, le complexe sportif de Moleye, à Chasse-sur-Rhône, est le théâtre privilégié des premières sorties de pré-saison des clubs de seconde zone de la région. Nous nous sommes donc rendus à un alléchant amical entre Bourg (N1) et Le Puy (N2).

C’était pourtant mal embarqué : sur Twitter, le club du Puy annonçait un match à 18h, celui de Bourg à 18h30 et à huis clos, alors que le club de Chasse l’annonçait bien ouvert au public et avec « un coup d’envoi à 18h, mais on ne sait pas vraiment l’heure réelle du coup d’envoi, ça dépend » selon la réponse à notre demande de clarification sur Facebook. On nous assure toutefois que la buvette sera ouverte, un argument qui nous convainc de parcourir les 20 kilomètres qui nous séparent de ce qui s’apparentait déjà à une belle promesse footballistique.

C’est ainsi que nous découvrons une sympathique tribune perchée sur les hauteurs de Chasse, enivrée d’une merveilleuse odeur de merguez qui rappelle les plus belles heures du stade Balmont. Il est 18h15 et les joueurs sont toujours à l’échauffement, validant notre pari de viser un coup d’envoi à 18h30. La pelouse est assez moyenne et les ballons de l’échauffement fusent déjà bien au-dessus des transversales.

En tribunes, quelques dizaines de personnes sont présentes et seront bientôt rejointes par les remplaçants de Bourg, visiblement pas tous à l’aise avec les bancs en bord de terrain et préférant les sièges en plastique à dossier des tribunes (voilà par contre un avantage par rapport aux rustres sièges de Balmont). En guest star, Alexy Bosetti, ancien du Puy, rejoint également les tribunes et discute longuement avec certains de ses anciens coéquipiers. Il sera néanmoins interrompu par un de ses fans, qui lui fera prendre trois fois la même photo, les deux premières étant complètement ratées avec le contre-jour.

Pas longtemps amical

Les 22 acteurs sont en place, le coup d’envoi est donné. Le Puy ouvre le score dès la 6e minute grâce à Capoue (Lucas, pas Étienne), lancé en profondeur et pas vraiment suivi par une défense burgienne définitivement très amicale sur ce début de match. Amical, ce match ne va toutefois pas le rester longtemps : suite à un contact plutôt appuyé sur un joueur bressan, le match s’envenime et se transforme en Royal Rumble. Il faut donc regarder vers le banc de Bourg pour voir le geste technique de cette première période, avec une frappe pleine de puissance dans une bouteille d’eau qui avait le malheur de se trouver devant l’entraîneur Alain Pochat au mauvais moment.

Cela ne semble pas trop perturber les remplaçants de Bourg, en claquettes en tribunes : les discussions vont bon train, aucun ne sait quand ils vont devoir partir à l’échauffement, et l’un se voit même proposer « un casse-dalle » gratuit pour patienter (proposition refusée). Sur le terrain, les centres sont ratés et les frappes dévissées. Bourg égalise tout de même grâce à une belle action conclue avec sang froid par Jeffrey Quarshie (35e). La pause est sifflée par l’arbitre alors que le chrono n’affiche pas encore la 43e, ce qui provoque l’incompréhension de certains des acteurs du match. Pas nous : ça fait deux minutes de gagnées sur l’heure de la buvette.

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Le Puy à 11, puis à 10, puis à 11, puis à 10

Une pinte et un sandwich merguez plus tard, le match est prêt à reprendre. Les joueurs ne semblant toujours pas motivés à nous offrir du grand spectacle, c’est l’arbitre qui va s’en charger en expulsant Capoue, visiblement pour des mots. Pochat et Roland Vieira, son homologue ponot, se mettent toutefois très rapidement d’accord sur le bord du terrain : ce match doit se disputer à 11 contre 11 pour parfaire leur préparation.

Alors que le jeu a repris, Vieira rentre sur la pelouse pour s’expliquer avec l’arbitre central, qui refuse catégoriquement de remplacer le joueur exclu. L’exaspération est contagieuse, et face au refus arbitral, un joueur du Puy lance « On fait quoi coach, on arrête ? » Il reste pourtant une demi-heure à jouer, et le Puy va devoir la jouer à 10 … ou peut-être pas : Vieira fait discrètement rentrer un onzième joueur sur le terrain comme si de rien n’était, supercherie qui ne sera découverte qu’après quelques minutes par l’arbitre assistant. « Alexandra (arbitre central, ndlr), je crois bien qu’ils sont 11 là ! » Le Puy est de nouveau à 10.

Malgré cela, le match ne change pas de physionomie, et Bourg peine à prendre le dessus. La rencontre s’envenime de nouveau suite à un contact sur un joueur bressan, le ton monte entre les joueurs des deux équipes, et le gardien de Bourg va prendre à partie un joueur du Puy avec un « Qu’est-ce qu’il raconte lui avec sa grande bouche ? » (une expression employée uniquement lors d’embrouilles sur un terrain de foot). Bourg concrétise tout de même sa supériorité numérique, et hiérarchique, et arrache la victoire grâce à Romain Montiel (78e).

Le chronomètre de l’arbitre, ou celui du stade, est toujours aussi aléatoire et la fin du match est sifflée à la 89e. Personne ne bronche, les deux équipes ayant sans doute déjà épuisé leur quota de contestations. La rencontre aura en tout cas été