OM – OL (2-1 après prolongation) : l’air perdu, le reste aussi

OL

LES NOTES. Bruno Genesio a pu une nouvelle fois sortir son plus bel air hagard : l’OL a encore perdu un match, son troisième en janvier, son treizième cette saison. Distancés en Ligue 1, éliminés en Coupe de la Ligue et désormais en Coupe de France, les Lyonnais n’ont plus que la Ligue Europa comme espoir de titre. C’est à dire pas des masses d’espoir vu le palmarès français dans la compétition. Ça sent bon la saison blanche, la cinquième d’affilée.

 

Mardi 31 janvier 2017, seizièmes de finale de Coupe de France

Olympique de Marseille – Olympique de Marseille 2-1 a.p.

Buts : Fanni (24e) et Doria (109e) pour l’OM, Tolisso (64e) pour l’OL

Avertissements : Sakai (36e), Fanni (60e) Rolando (73e) Cabella (89e) pour l’OM, Tousart (22e) Rafael (51e) Darder (81e) Rybus (96e) pour l’OL

OM : Pelé – Sakai, Fanni, Rolando, Evra (Doria, 48e) – Lopez, Vainqueur, Sanson (Anguissa, 74e) – Thauvin (Payet, 94e), Gomis (cap.), Cabella. Entr. : Rudi Garcia.

OL : Lopes – Rafael, Mammana, Morel, Rybus – Darder (Gonalons, 104e), Tousart, Tolisso (cap.) – Ghezzal (Fekir, 60e), Cornet, Valbuena (Memphis, 60e). Entr. : Bruno Genesio.

Lopes 3 – Rafael 2, Mammana 4, Morel 4, Rybus 2 – Darder 5, Tousart 4, Tolisso 3 – Ghezzal 1, Cornet 1, Valbuena 3 + Fekir 4, Memphis 1

 

On va vous la faire courte : ce ne sera pas facile de trouver quelqu’un qui ressort du lot ce soir, ni de trouver grand-chose de positif à dire. Puisqu’il nous faut malgré tout un Lib’heros, ce sera Sergi Darder. Après un démarrage diesel, l’Ibère a fait ce qu’il savait faire le mieux : mettre de l’huile dans les rouages grâce à son jeu de corps et à ses passes millimétrées. Pas forcément utile avec le catastrophique trio offensif de la première heure, un peu plus par la suite. Un match correct, ce qui est déjà bien vu le contexte, et qui aurait même pu se transformer en match inoubliable s’il avait mieux ajusté son lob de l’extérieur de la surface à la 90e.

Et à part Sergi ? Dur de parler des autres. On vous fait donc le tour du musée des horreurs en partant de l’arrière.

 

Mammana promet

Pas grand-chose à reprocher à Anthony Lopes, mais pas grand-chose à mettre à son crédit non plus. A fait le taf, et aurait sans doute pu le faire mieux sur l’ouverture du score de Rod Fanni. On retiendra donc surtout en principale image de son match le fait d’avoir barré le nom de Sainté sur le maillot spécial Coupe de France.

Sur les côtés, Maciej Rybus et Rafael ont été fidèles à leur réputation. On se demande parfois ce que le Polonais sait faire, à part quelques montées au bon timing de temps en temps. Pour le reste, Rybus a du mal à défendre, a du mal à passer quelqu’un en face-à-face, a du mal à centrer, a du m… Bref, vous avez compris l’idée. De l’autre côté, Rafael n’a pas eu sa réussite offensive habituelle et a défendu, comme souvent, comme un bourrin sans cervelle. Deux tampons archi-volontaires ne lui ont valu qu’un carton jaune. Chanceux.

Charnière centrale inédite. Pas évident de juger Emanuel Mammana et Jérémy Morel dans ces conditions. Les deux ont alterné bon et mauvais, avec parfois des incompréhensions. Le premier a quand même montré de quoi nourrir quelques espoirs, et le second qu’il ferait un bon remplaçant en défense centrale plutôt qu’un titulaire sur l’aile gauche.

 

L’histoire est écrite par William Vainqueur

Le milieu de terrain s’est, à part une vingtaine de minutes, fait marcher dessus par William Vainqueur et ses compères. Lucas Tousart et Corentin Tolisso ont par instant montré leurs qualités, mais ont globalement failli à contrôler les débats. On inclut d’ailleurs aussi Darder dans ce constat, au moins défensivement. Les nombreux changement, d’hommes par rapport au dernier match et de systèmes au cours de la saison, expliquent sans doute en partie cette situation.

L’entrée de Maxime Gonalons à la place de l’Espagnol a éteint toute ambition pour la prolongation et rappelle le changement ultra-défensif du match contre le PSG, quand Tousart avait remplacé Ghezzal. Comme contre Paris, le manque d’audace a été puni quasi instantanément. Il y a une justice.

 

Elle est Ghez’ l’attaque

Le spectacle le plus pénible de la soirée nous a sans douté été offert par le trio d’attaque titulaire Rachid Ghezzal, Maxwel Cornet et Mathieu Valbuena. Le dernier aura été le moins mauvais des trois, en se contentant de ne faire aucune différence et de ralentir le jeu. Les deux autres nous ont offert un festival de mauvais choix techniques et tactiques. On attend avec impatience les vidéos best-of qui ne devraient pas manquer d’inonder la toile.

Les remplaçants ont fait du bien, enfin surtout Nabil Fekir. L’international français a offert la balle de but à Tolisso d’un exploit individuel. Dommage qu’il ait ensuite semblé cramé au bout de trois courses. Memphis Depay a fait une entrée catastrophique, qu’il aurait pu sauver en égalisant en fin de match sans un superbe arrêt de Yohann Pelé (c’était dur à anticiper, on le reconnaît). Le Néerlandais va devoir comprendre qu’il ne peut pas se contenter de jouer au héros en rentrant sur le terrain une main dans le short et un café dans l’autre.

 

Quand deux ou trois joueurs passent au travers, on peut accuser deux ou trois joueurs. Quand toute l’équipe passe au travers, il est sans doute temps de s’interroger sur l’entraîneur. L’OL en est désormais à 13 défaites en 31 matchs cette saison (ou 12 défaites et une élimination aux tirs au but si vous préférez) et n’a plus des masses d’espoir de titre. Distancé en championnat, sorti en Coupe de la Ligue et en Coupe de France, l’OL n’a plus que la Ligue Europa pour rêver. La navigation à vue de Genesio n’incite pas à l’optimisme. Le technicien lyonnais semble constamment perdu sur le banc, l’air indigné comme si ses joueurs n’obéissaient pas à sa consigne pourtant simple “Jouez bien !” Suffisant pour le Derby de dimanche ? Sans doute : l’implication des joueurs lors des chocs compense beaucoup d’errements tactiques. C’est surtout la vingtaine d’autres matchs restants qui est inquiétante.

Hugo Hélin

(Capture d’écran Eurosport2)

3 Comments

  1. FORTICHE

    1 février 2017 at 9:26

    On a bien vu le meme match et je partage donc vos interprétations et conclusions. La fin de saison risque d’etre pénible et surtout très longue.

  2. kabongo

    1 février 2017 at 9:58

    On en viendrait presque a souhaiter une défaite dans le derby si nous avions la certitude de faire sauter cet ectoplasme d’entraineur. La plaisante sagesse lyonnaise imposerait plutôt d’attendre la fin de saison afin de prendre le temps de cibler un entraineur capable de redonner un cap….
    Pathétique fin de bal congénital.

  3. Joce

    1 février 2017 at 1:59

    Je trouve tout le monde deja tres dur avec Depay. Le mec a quasi pas joue et vient d’arriver dans un nouveau championnat et n’est pas toujours tres bien entoure.
    Moi ce qui me fait flipper c’est que des joueurs talentueux comme Darder et Depay devrait pouvoir compter sur un coach / tacticien pour les faire grandir et evoluer. Et comme Genesio n’est pas du tout un bon tacticien, ils n’ont que leurs qualites intrinseques pour se faire valoir (la passe / placement pour Darder, le drible / vitesse Depay). Tu gagnes pas et ne revends pas deux fois son prix des joueurs que tu ne fais pas evoluer…. Dramatique sur el long term

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