OL-Monaco : pourquoi Lyon n’a eu besoin que de 117 passes pour mener 4-0

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TACTIQUE. On ne s’est pas amusés à les recompter, en faisant confiance à Sofascore (qui en a d’ailleurs rajouté deux depuis hier soir) pour ça. Mais on a revu la première période d’OL-Monaco pour comprendre pourquoi les Lyonnais n’avaient réussi que 117 passes à la pause.

Il faut être deux pour faire un match, et l’une des réponses au faible total de passes réussies par l’OL réside déjà dans le profil de Monaco. Une équipe qui place du monde dans le tiers adverse, ce qui a souvent mis sous pression sans même avoir besoin de faire un pressing à la perte très intense l’arrière-garde lyonnaise qui ne s’embarrasse pas avec le ballon pour des raisons de limites techniques. Même l’ancien ailier Maxwel Cornet a été replacé là pour ses qualités de vitesse et d’endurance plutôt que son pied, et le gardien Anthony Lopes est clairement old school sur ce point avec de très nombreux parpaings où il semble chercher à taper le plus loin possible plutôt que viser très précisément (on se demande encore l’utilité de ce six-mètres joué court dans la surface pour Marcelo qui lui remet le ballon… que le gardien envoie en touche dans le camp adverse). Mais aussi une équipe qui a cherché à construire au sol et a été plutôt patiente, en totalisant elle 302 passes à la pause. Il faut dire qu’elle n’a pas été trop brusquée par l’OL, dont le 4-4-2 en phase défensive n’était pas là pour aller la chercher très haut.

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De quoi expliquer une possession en forme de monopole princier (73% en faveur de Monaco), d’autant que l’OL n’a pas vraiment cherché à conserver le ballon une fois qu’il le récupérait. Lorsque cela se faisait relativement haut, le fait que Monaco se soit tellement découvert et ses difficultés en transition défensive donnait en effet systématiquement envie de tenter la passe qui tue, pour un des talents capables de faire la différence en un-contre-un ou dans la course des tranchants Karl Toko-Ekambi et Tino Kadewere.

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Memphis Depay vient de glisser du bout du pied à Lucas Paqueta un ballon initialement destiné à Benoît Badiashile. La remise du Brésilien pour le numéro 10 lyonnais sera trop longue, mais il disposait déjà de trois options dangereuses.

Et lorsque l’OL récupérait le ballon bas, il n’a pas vraiment non plus montré une grande envie de multiplier les passes et passes et de remettre le pied sur le ballon. A cause des limites techniques de sa défense, et même de celles plus ou moins inhabituelles des milieux les plus proches de celle-ci, mais aussi par une volonté nette et travaillée de profiter directement de la vitesse des attaquants et des espaces laissés par Monaco.

Le ballon a été repoussé par un défenseur dans les pieds de Lucas Paqueta, qui le transmet à Maxwel Toko-Ekambi face au jeu mais avec peu d'options courtes…

Le ballon a été repoussé par un défenseur dans les pieds de Lucas Paqueta, qui le transmet à Karl Toko-Ekambi face au jeu mais avec peu d’options courtes…

… le Camerounais cherche donc plutôt (et trouve) Kadewere dans la course via une longue diagonale.

… le Camerounais cherche donc (et trouve) Kadewere dans la course via une longue diagonale.

Pas besoin donc d’un grand nombre de passes pour marquer ce dimanche. Le premier but illustre d’ailleurs parfaitement ce minimalisme efficace. Après une séquence de possession monégasque conclu par un arrêt de Lopes sur une tête (on s’est enflammés hier en écrivant que le but arrivait juste après), les deux défenseurs centraux dégagent en panique, puis Cornet envoie une chandelle dévissée récupérée par les Monégasques. Djibril Sidibé tente un nouveau centre, dégagé cette fois par Léo Dubois… sur Ruben Aguilar, qui rate son contrôle et se fait chiper le ballon par Kadewere. Le Zimbabwéen porte la balle et la transmet à Aouar, qui trouve Memphis seul dans la surface. Deux passes réussies en deux minutes, un but.

Et même le but le plus construit des quatre, le suivant, aura illustré ça. Si dix passes lyonnaises auront eu lieu avant la volée de Toko-Ekambi suite à son propre contrôle, seules quatre constituent vraiment l’action du but après une première séquence revenue à Lopes. Une fois le ballon transmis par celui-ci à Dubois, un relais de Memphis qui décroche lance Kadewere qui centre pour le numéro 7 et son appel au timing parfait. Il n’y avait sans doute pas besoin de faire plus de 117 passes pour mettre en difficulté Monaco ce dimanche, une faiblesse parfaitement détectée et exploitée par l’OL. Mais comme il faut être deux pour faire ce genre de matchs, il ne faut sans doute pas s’attendre à ce qu’ils se reproduisent très souvent. Même si ce serait une bonne nouvelle pour le spectacle en Ligue 1, et pour l’OL.

Hugo Hélin

(Photo Damien LG / OL – Captures d’écran OLPlay)

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