OL : l’EBITDA en réa post-Covid, mais pas en état critique

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EBITDA. Sans surprise, les comptes 2019/20 de l’OL ont fortement été plombés par le Covid-19. Mais à force d’entendre Jean-Michel Aulas crier à la catastrophe, on s’attendait à pire.

Après les polémiques médiatiques et les batailles judiciaires, l’heure est à la calculatrice et aux feuilles Excel du côté d’OL Vallée (on en profite pour l’écrire, maintenant qu’on sait enfin qu’il faut l’orthographier et le prononcer en français). Fort logiquement, la saison 2019/20 sera, comme sur le plan sportif, à ranger dans une vieille armoire dont on perd la clé.

L’analyse des comptes de cette année est globalement assez simple : toutes les lignes sont au rouge. Commençons par les recettes de billetterie, en baisse de 6,3 M€ (- 15 %) par rapport à la saison dernière, la faute notamment à l’annulation de six matchs de Ligue 1 à domicile. Le Covid ne doit cependant pas faire oublier qu’en L1, l’OL a pu jouer la plupart des « gros » à domicile avant l’épidémie (sauf l’OM), que la Ligue des Champions a été un excellent cru côté gradins (avec un bénéfice net proche de 3 M€ pour le seul match contre la Juve) et que le club a eu la chance de recevoir cinq fois en coupes nationales, dont le PSG, l’OM et Lille. Malgré cet alignement des planètes, les performances sur le terrain et/ou les tarifs lors de certains matchs réduisent probablement le résultat « espérable ».

La ligne la plus déficitaire des comptes de cette année ne surprendra personne : il s’agit des droits télés versés par la LFP, essentiellement au titre de la L1. JMA a suffisamment insisté dessus pour qu’on ne commente pas davantage ce recul de 17,8 millions d’euros (-35 %). Les recettes tirées de la participation à la Coupe d’Europe sont elles aussi légèrement en baisse, mais la compétition n’étant pas terminée, il n’est pas possible d’en tirer un bilan définitif sur le plan des droits télés.

Les pertes sont plus limitées au niveau du sponsoring et des produits dérivés. Les partenaires ont probablement discrètement renégocié les termes des contrats suite à l’arrêt des compétitions. Ces baisses sont cependant plus faibles que la billetterie et les droits télés. En revanche, les « events », piliers de la « full entertainment strategy », ont fortement reculé, notamment en raison de l’annulation de plusieurs concerts au Parc OL. L’Institution limite enfin la casse au niveau transferts « grâce » aux ventes de Tanguy Ndombele, Nabil Fekir et Lucas Tousart. Mais l’OL estime toutefois que les cessions de contrats joueurs (comme on dit dans le poétique jargon comptable) auraient dû rapporter 50 millions de plus sans ce drôle de contexte.

Arrêtons ici la litanie des nouvelles déprimantes, et rendons enfin hommage à Jean-Michel Aulas. Sa gestion en bon père de famille, souvent rageante quand les comptes sont au vert et que Marcelo est toujours dans l’effectif, a son intérêt lorsqu’il fait mauvais temps. L’OL précise ainsi que sa trésorerie est saine (en clair, il peut payer immédiatement ses salaires, ses dettes, et toutes ses charges), et le club assure que ses perspectives de long terme ne sont pas remises en cause : les droits télés de la L1 devraient augmenter sensiblement grâce au nouveau contrat avec Mediapro, OL Vallée va accueillir Rammstein et une piscine à vagues, Emirates est plus riche que Hyundai, et les jeunes du centre devraient encore sauver la mise de l’EBITDA – en plus de celle de certains coachs qui ne comptaient pourtant pas sur eux. 37 ans d’expérience au plus niveau, ça ne s’invente pas.

Vincent G.

(Photo Damien LG / OL)

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