OL – Dijon : c’est urgent Garcia

Denayer

AVANT-MATCH. L’OL a rarement connu des trêves internationales aussi mouvementées. Un changement d’entraîneur, une atmosphère lancinante de doute autour des capacités du club, et un espoir fou que la saison ne soit pas encore tout à fait finie malgré les 7 matchs sans victoire en Ligue 1. Nous sommes le 19 octobre. Bienvenue dans le nouvel OL, qui retape dans les méthodes éprouvées.

> OL – Dijon, ce samedi à 17h30 (en direct sur Canal+)

Enjeu. En effet, la nomination de Rudi Garcia au poste d’entraîneur correspond à un mode de fonctionnement que l’OL connaît plutôt bien (français, expérimenté en Ligue 1, venu avec un staff externe minimal), mais dans une situation que les supporters et suiveurs lyonnais trouveront inédite : la présence d’un directeur sportif idolâtré dont on ne peut imaginer de mal, et dont l’image aura été sérieusement écornée pendant cette trêve. Le choix de Rudi Garcia semble déjà perçu comme une défaite pour Juninho, à partir de l’équation très simple « Juninho est un vrai Lyonnais + Rudi Garcia déteste les Lyonnais = Juninho n’a pas pu choisir Garcia » et se retrouve donc dans le rôle d’un homme-lige juste là pour faire plaisir au grognon Café du Commerce.

Alors, ce match contre Dijon est-il le début de la fin d’une ère de gouvernance de l’OL? Il est encore trop tôt pour le dire, tout comme il serait imprudent de tirer dès ce samedi des conclusions au niveau du jeu, voire même concernant les rapports qu’entretiendront le nouvel entraîneur et le Parc OL. L’accueil s’annonce froid au mieux, tendu au pire, de la part d’un stade qui a respecté l’Institution (©) et l’Union Sacrée (©) sous Bruno Genesio et n’a pas eu le temps d’avoir à protester sous Sylvinho. L’arrivée à la tête du club d’un coach perçu comme anti-OL, arrivé du vrai ennemi lyonnais de ces dix dernières années, ne pouvait évidemment pas rimer avec apathie dans les virages, mais il y a fort à parier qu’une série de résultats positifs d’ici à décembre pourrait s’accompagner d’un redoux du climat social du côté de Décines.

Calendrier : tout pour voir
rapidement un effet Garcia

Pareillement, ce match pourra offrir quelques pistes par rapport à la manière dont Garcia compte faire jouer l’équipe, mais il serait prématuré de tirer des conclusions hâtives sur les « gagnants et perdants » après ce OL-Dijon ou de retirer des considérations tactiques à long terme. Garcia a admis en conférence de presse « ne pas assez bien connaître ses joueurs », malgré le fait qu’il ait dit avoir vu tous les matchs de l’OL depuis le début de saison pour alimenter son entretien d’embauche.

Comme l’a longtemps martelé Sylvinho (enfin, aussi longtemps qu’il l’a pu), l’OL a besoin de confiance, et la réception de la lanterne rouge (enfin, du 19e à égalité avec la lanterne rouge, puisque Metz est derrière Dijon pour un but) devrait être l’occasion d’en engranger un peu. Sauf que l’OL flirte avec cette même place – à un point de son adversaire du jour – et a donc déjà la pression de faire le plein afin de valider le choix de sa direction et de se donner un peu d’air avant d’aborder un déplacement crucial à Lisbonne mercredi prochain, et de bonifier les points plutôt miraculeusement pris à Leipzig. On ne peut donc rien imaginer d’autre qu’une équipe lyonnaise qui se bat pour arracher (si nécessaire) un résultat et d’enclencher une bonne série face à une équipe dijonnaise qui reste sur des résultats enfin positifs après un démarrage des plus lents (2 victoires, 2 nuls et 1 défaite sur les 5 derniers matchs, après 4 défaites d’entrée).

Le groupe de l’OL : Lopes, Tatarusanu – Marçal, Rafael, Tete, Andersen, Marcelo, Denayer, Koné – Aouar, Tousart, Reine-Adélaïde, Mendes, Jean Lucas – Cornet, Dembélé, Terrier, Traoré, Cherki.

Compo. Il faudra éviter de tirer de grandes leçons de ce premier match, ou même du fait que Cherki soit convoqué dans le groupe pour la première fois, mais on est quand même impatients de voir les premiers choix forts du nouvel entraîneur de l’OL et comment il va répondre à certaines interrogations.

L’identité du deuxième défenseur central à côté de Jason Denayer (dont on ne sait pas encore s’il gardera son brassard dans le futur) par exemple, puisque la fébrilité de Joachim Andersen pour ses débuts a offert à Marcelo la possibilité d’une résurrection. Celle du remplaçant de Léo Dubois aussi (l’un des deux blessés du jour avec Memphis Depay, qui devrait lui être suppléé par Martin Terrier), avec un Rafael qui pourrait profiter du changement d’entraîneur et du retour de l’autorisation donnée aux latéraux de monter.

On guettera aussi les choix au milieu de terrain, où Garcia a privilégié dans ses expériences récentes une sentinelle joueuse, mais pourrait jouer la (pseudo-)sécurité avec Lucas Tousart (mais ce ne serait pas la meilleure des façons de se distinguer de son prédecesseur). D’autant qu’on se demande aussi comment il exploitera Jeff Reine-Adélaïde, lui qui n’a jamais vraiment utilisé (ou eu à disposition, peut-être) de milieu de ce profil, capable de casser les lignes balle au pied. L’ancien Angevin pourrait-il donc retrouver l’aile droite et régler l’inextricable débat Bertrand Traoré – Maxwel Cornet ?

La composition probable: Lopes – Rafael, Andersen, Denayer, Koné – Mendes, Tousart, Mendes – Reine-Adélaïde, Dembélé, Terrier.

Le prono de la rédac. « Il y a 4,88 buts par match dans les matchs du Dijon FCO contre l’Olympique Lyonnais, ce sont les matchs les plus prolifiques de Ligue 1 Conforama parmi les équipes qui se sont affrontées au moins 3 saisons (16 buts pour le DFCO et 23 buts pour l’OL en 8 confrontations). » Pas de raison donc que cette rencontre déroge à la règle, d’autant que l’OL doit vite rentrer dans son match pour se mettre en confiance et décourager les Dijonnais.

Terrier est le premier à frapper, à la suite d’une situation confuse dans la surface (1-0, 12e), et ce n’est seulement cinq minutes plus tard que Moussa Dembélé double la mise, lancé dans la profondeur par Houssem Aouar à la suite d’une récupération haute #gegenpressing (2-0, 17e). L’OL arrive tranquillement à la pause, gère quelques situations chaudes sur son but, et déroule après la 70ème. Reine-Adélaïde s’offre son premier but lyonnais sur une frappe à l’entrée de la surface (3-0, 73e), suivi d’un doublé de Dembélé sur un centre en retrait parfait de Koné (4-0, 84e). Un 4-0 bien tassé et qui fait légèrement baisser la moyenne, et un Garcia qui s’engouffre dans les vestiaires pour laisser les joueurs profiter d’une petite ovation du public. En bon communicant et gestionnaire de vestiaire.

Martin Michelot (avec HH)

(Photo Damien LG / OL)

One Comment

  1. Patrice

    21 octobre 2019 at 9:49

    raté pour le prono …. ;-)

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