OL : cinq raisons de ne pas (encore) désespérer

Memphis

OPTIMISME. Résultats, condition physique, ambition offensive, intégration des jeunes, rotation de l’effectif ou encore fausses excuses : les raisons de déprimer ne manquent pas en ce moment, et les supporters de l’OL commencent à craindre une nouvelle saison blanche (de trophées comme de bons souvenirs). À l’approche d’une dizaine de jours qui ressemblent à un sérieux tournant, l’OL a pourtant quelques bonnes raisons de penser qu’il va rester en piste.

Parce que Sylvinho a des idées… mais qu’il n’est pas non plus borné

« Rigide », « borné », « frileux »… certains choix tactiques de l’entraîneur lyonnais font hurler les supporters, notamment ceux qui viennent au stade pour voir une équipe conquérante. Et il faut bien le dire, les latéraux qui ne montent pas ou les milieux brillants interdits de se projeter, ça peut dégoûter n’importe quel fan, y compris ceux assez courageux pour affronter la pluie, les navettes bondées et les voisins de stade qui passent leurs matchs à défoncer Aouar. Malgré tout, on a assez râlé sur les hésitations perpétuelles de Genesio pour ne pas apprécier qu’un coach tienne à ses idées, et n’en change pas à chaque défaite.

Mais se cramponner à ses convictions n’est une force que lorsqu’on a trouvé les siennes. Et c’est là qu’arrive la principale bonne nouvelle du match OL-PSG. Conscient des limites de son 4-3-3 actuel, Sylvinho a décidé de basculer sur un 3-5-2 (ou 5-3-2 pour les pessimistes qui sont arrivés jusqu’ici), alors qu’il avait assuré pendant la préparation qu’il était prêt à jouer dans plusieurs systèmes, mais toujours à quatre derrière. Si Sylvinho trouve les clés, il saura probablement les installer dans la durée, et les faire évoluer patiemment, sans tout balancer à la première crise de résultats.

Parce que ce 3-5-2 a peut-être de l’avenir

Ces clés, ce pourrait être un 3-5-2 qui convient bien à l’OL sur le papier. Derrière, il a permis à Andersen de faire son premier vrai bon match, probablement rassuré par la densité autour de lui. Sur les côtés, même les plus pessimistes le reconnaissent : ce 3-5-2 est peut-être la seule façon pour que Sylvinho accepte de donner des libertés à ses latéraux (surtout lorsqu’ils affronteront des ailiers moins dangereux que Neymar et Di Maria), ce qui correspond plutôt bien à leurs qualités (Koné dans la percussion, Dubois via les centres). L’action la plus dangereuse du match pour l’OL, un centre de Koné pour Aouar, vient ainsi d’un débordement du latéral gauche.

Plus haut sur le terrain, le 3-5-2 rapproche Memphis de Dembélé, ce qui lui permet d’évoluer dans une configuration pas si éloignée de sa favorite avec les Pays-Bas. Reste cependant à mettre le même mouvement autour de lui, mais Dembélé est capable de jouer dos au jeu comme en profondeur, et Aouar et Reine-Adelaïde peuvent animer le tiers gauche ou droit du terrain, car cela correspond globalement aux postes où ils se sont d’abord révélés. De quoi faire du 3-5-2 une option crédible, même s’il faudra attendre pour éventuellement le revoir. La composition du groupe parti à Brest, sans Dubois et surtout Marcelo, semble ainsi indiquer un retour à une défense à quatre.

Parce que l’OL est plutôt solide

Alors c’est sûr, ça ne fait pas rêver, l’OL ayant dans son ADN récent plutôt la réputation de bien jouer que de bien défendre. Bryan Bergougnoux, ancien de la maison, a d’ailleurs regretté l’approche trop frileuse des Lyonnais contre le PSG.


En revanche, la fin de son intervention est plus discutable. Savoir bien défendre n’est pas offert à tout le monde. La preuve, l’an passé, Bruno Genesio avait annoncé comme premier objectif de saison de mieux défendre. Sans y parvenir et en finissant par accepter le déséquilibre offensif, qui rapporte également des points.

Ce sacrifice offensif sur l’autel de la solidité défensive passe très mal auprès des supporters, surtout quand il est gâché dans les 5 dernières minutes. L’OL a ainsi laissé filer 3 points dans les dernières minutes de jeu (2 à Amiens, 1 contre Paris), ce qui change forcément un peu la lecture du bilan de cette stratégie. Mais si on observe les expected goals concédés (xGC), l’OL est la troisième meilleure équipe de Ligue 1, derrière le PSG et Reims.

Certes, le jeu produit par l’OL est plutôt mauvais depuis mi-août. Mais contrairement au début de saison où l’OL était en sur-réussite offensive, le club est désormais plutôt mal payé vu ce qu’il produit. Il existe en effet un petit écart entre le nombre de points « mérités » (xPoints) et le nombre de points obtenus, contrairement à beaucoup de concurrents qui sur-performent. Au total, d’après les modèles statistiques, l’OL mérite autant de points que Marseille, Nice, ou encore Bordeaux, et à peine moins que Lille, Montpellier, Reims et Angers. Seul le PSG se détache loin devant, sans surprise. Bref, malgré une impression visuelle mauvaise, voire désastreuse, l’OL est toujours dans le coup.

Parce qu’on donne la Ligue 1 à tout le monde

Imaginez le bac (vous savez, ce truc qui vous fait désormais passer pour un vieux quand vous parlez de votre spécialité S, ES, ou L – exactement comment votre oncle qui tourne en boucle avec son bac B) avec une dizaine de rattrapages possibles. Et bien là Ligue 1, c’est un peu ça, du moins quand vous avez plus d’argent, et donc de talent(s), que le tout-venant. La Ligue des talents permet ainsi de faire une saison atroce et de finir cinquième (coucou l’OM), ou d’être mauvais les trois quarts du temps et d’être en Ligue des Champions si la bonne équipe remporte la Ligue Europa (coucou Bruno).

Certes, on ne devrait pas s’en réjouir. Mais puisque l’OL est en reconstruction et a besoin de temps, ça tombe bien, la Ligue 1 en a beaucoup à offrir. Celui-ci ayant déjà été pas mal consommé, il serait toutefois bon de ne plus trop traîner. Mais une belle série, disons un nul à Brest puis deux victoires face à Nantes et Sainté, et l’OL passera la trêve internationale sur le podium ou à ses pieds. De quoi s’offrir deux semaines plus apaisées pour progresser tactiquement.

Parce qu’il reste plusieurs leviers à activer

L’OL a vécu un très bel été. C’est d’ailleurs pour ça que la gueule de bois actuelle fait mal. Mais avec un petit effort, on se souvient pourquoi on a cru pendant quelques semaines détrôner le PSG (ne nous mentons pas, nous l’avons fait). L’OL a enfin une direction sportive, et un président qui laisse de la place à celle-ci. Club économiquement sain, Lyon est en train de le devenir sportivement. Jean-Michel Aulas n’a pas pu s’empêcher de mettre un petit coup de pression sur le staff, ce qui n’est pas anormal. Mais Juninho semble avoir un espace bien à lui, et sur lequel JMA n’empiète pas trop. Le Brésilien débute, mais ses principes et son intransigeance font qu’il y a peu de chances qu’il se cache derrière des fausses excuses. La communication du club a d’ailleurs surpris après le match contre le PSG, le site officiel publiant un article honnête dans l’analyse plutôt qu’un COOL plein de mauvaise foi.

Autre levier, jusque-là peu utilisé : l’effectif. Sylvinho avait promis de faire tourner après la trêve internationale, ce qu’il n’a pas fait. On peut comprendre que la crise des résultats ne pousse pas spécialement à lancer Maxence Caqueret (même si ce serait peut-être un bon moyen d’en sortir). Mais l’OL a un banc qui doit faire la différence face à des équipes moins programmées pour jouer tous les trois jours. C’est sûr, miser sur Maxwel Cornet pour sortir de la crise n’est pas la meilleure façon de conclure un article optimiste. Mais c’est souvent des facteurs les moins attendus que démarrent les nouvelles dynamiques.

Vincent G.

(Photo Damien LG / OL)

One Comment

  1. baba

    24 septembre 2019 at 8:13

    6eme raison : parce que Sylvinho vient d’obtenir sa licence FIFA. Il aura enfin le droit de faire des remplacements avant la 85eme !

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>