« Nénèsetalgie », comment les années Bruno Genesio sont devenues tendance à Lyon

Genesio

TRANSE PRESSE. Déprimé après l’énième dérouillée reçue par l’OL contre Bournemouth ? Alors vous êtes sans doute prêt à succomber à la tendance lyonnaise du moment et à devenir « Nénèsetalgique ». Rencontre à la Collation, l’un de ces lieux où l’on fait revivre l’époque Bruno Genesio pour oublier les tourments du monde actuel.

Un grand bâtiment en béton brut au milieu d’un terrain vague de la banlieue lyonnaise. Austère ? Pas pour les Nénèsetalgiques. « On a voulu que les gens se sentent comme au Parc OL originel, celui des premières années sans une seule trace de peinture sur ses murs gris », explique Maxence, propriétaire des lieux. Ici, tout est fait pour avoir l’impression d’être entre 2016 et 2019, époque bénie où Genesio était entraîneur de l’OL.

Même les cocktails ont des noms évocateurs. « On a le Fekir, le Lacazette et le Memphis, nos grands classiques, on a le Ghezzal pour les fans hardcores de Bruno, et on a même le Gaëtan Perrin pour les vrais connaisseurs », détaille Maxence. Au comptoir, Lucas enquille « les exploits individuels », comme on dit ici. Quelques minutes plus tard, Maxence le poursuivra en costume-cravate en lui promettant de « lui niquer sa mère » sous les rires et les hourras d’un public toujours conquis par ce spectacle.

Un public qui n’est pas constitué seulement d’habitués dont le patron connaît les prénoms, mais aussi de parents venus offrir à leurs enfants un aperçu du monde dans lequel ils ont eux-mêmes grandi. Olivier donne ainsi quelques consignes à ses fils, en train de s’ébrouer sur l’un des nombreux terrains de tennis-ballon mis à disposition. « Attaque ! Défends ! » La maman des deux jumeaux, évidemment prénommés Bruno et Gérald, est assise à une table un peu plus loin, sous un écran diffusant la victoire à Manchester City.

Pour elle, la Nénèsetalgie est d’abord la nostalgie d’une époque. Celle où cartonnaient au box-office des films comme Les Tuche 3, Fast and Furious 8 ou Conjuring 2. « C’était une époque plus simple. Les nouvelles étaient moins anxiogènes. On n’entendait pas parler « d’absence de fond de jeu » lors d’un match amical sur Canal+. On savait se contenter de ce que l’on avait. On regardait le score à la fin du match, le classement à la fin de la saison, et ça nous suffisait », explique ainsi Nora.

Autre bar lyonnais, autre ambiance : on était à l’inauguration de la plage hommage à Ramy Bensebaini au Café du Commerce

Maxence, le patron, est venu s’asseoir à une table voisine et semble avoir totalement oublié son service, absorbé par l’écran et la maîtrise tactique de l’équipe de Genesio contre celle de Pep Guardiola. « Je l’ai déjà vu des milliers de fois pourtant », sourit-il. La Collation ne rediffuse pourtant pas que les grands matchs, mais aussi d’autres plus oubliés. « On a parfois une image biaisée avec le temps et je sais que cela va surprendre les gens, mais il y avait beaucoup de purges et de rencontres très loin du haut niveau tactiquement. Mais je leur trouve quand même une certaine poésie, peut-être la nostalgie là aussi. »

Une nostalgie que les Lyonnais ne sont visiblement pas les seuls à éprouver. « Genesio a marqué beaucoup de monde », conclut Maxence en se levant pour servir un client qui a commandé un double Lopes et une carpe de la Dombes. « On a des clients qui sont venus de Guingamp, Strasbourg, Rennes, Lille, Nice et même Moscou. » Preuve que la Nénèsetalgie a un vrai potentiel commercial. Avant, peut-être, de s’exporter en Chine.

Agence Transe Presse / ZZ pour le bureau de Lyon

(Photo Beijing Sinobo Guoan FC)

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