Moustapha Bayal Sall déjà adopté à Lyon

Bayal Sall

NATIONAL. Ancien joueur de l’ASSE, Moustapha Bayal Sall n’a pourtant pas mis longtemps pour être adopté par ses nouveaux coéquipiers de Lyon… Duchère AS. À l’image de Matthieu Ezikian, croisé à la sortie des vestiaires de la plaine des jeux de Gerland et expansif lorsqu’il apprend que nous venons pour le colosse sénégalais à qui il a offert un but sur corner contre Laval (2-1). « Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et c’est vraiment un mec bien. » Et toujours un défenseur central solide, ce qui est le plus important. « On n’est pas une MJC, ça ne suffit pas d’être un mec bien. C’est surtout un joueur qui nous fait du bien. »

> Lyon Duchère AS – US Concarneau, ce vendredi à 20h00 au stade de Balmont (et en direct sur Youtube)

Si Bayal Sall a débarqué à Lyon, c’est évidemment grâce à Laurent Roussey, un autre ancien Vert qui l’avait installé dans le onze de départ en 2007/08 (31 matchs de Ligue 1 pour le Lion de la Teranga cette saison-là, contre 4 l’année précédente). Et qui est allé le chercher alors que le défenseur central de 33 ans s’entraînait avec la réserve de l’ASSE après la fin de son contrat au Royal Antwerp (Belgique) en avril 2018.

« C’est un pur hasard au départ. Je l’ai rencontré à Sainté au mois de mai alors que je n’étais pas encore sûr de venir à la Duchère », raconte ainsi l’entraîneur du deuxième club lyonnais, sur le podium après cinq journées de National (la troisième division). « On a parlé du passé, mais aussi de l’avenir. Il était en attente, en semi-retraite, je lui ai demandé s’il avait envie de s’amuser encore un peu. Il m’a dit pourquoi pas, mais qu’il partait au Sénégal et qu’on verrait après. Quand j’ai signé, je l’ai rappelé en lui disant que je ne pouvais pas lui proposer grand-chose à part le plaisir de m’aider sur un projet ambitieux. »

« Ça aide ceux qui ne connaissent pas le haut niveau »

Et si Bayal Sall écorne un peu la thèse du hasard total (« Il cherchait mon numéro sans arriver à l’avoir »), il fait aujourd’hui figure d’évidence dans ce projet ambitieux qui vise la Ligue 1 d’ici cinq ans selon le président Mohamed Tria. Notamment car le Sénégalais semble incarner parfaitement le discours du nouvel entraîneur Roussey, qui met l’accent sur une solidité défensive dont Bayal Sall est le garant même avec quelques kilos en trop (seulement quatre buts encaissés par la Duchère en cinq journées, dont… trois en ouverture à Dunkerque lors de ce qui est pour l’instant l’unique défaite de la saison) et qui évoque souvent l’exigence du haut niveau.

Un haut niveau que l’ancien meilleur ennemi de Zlatan Ibrahimovic connaît bien, avec ses 190 matchs en Ligue 1 et ses 29 sélections avec le Sénégal (deux participations à la CAN, en 2008 et 2012). « Il sait que le haut niveau passe par de la rigueur, de la discipline, de l’organisation et du respect« , détaille ainsi Roussey. « Ça aide ceux qui ne savent pas ce qu’est le haut niveau dans le groupe. Il a la capacité à leur servir d’exemple. » Par le comportement et aussi par la parole. « Il faut toujours se dire la vérité. On parle beaucoup, avant et après l’entraînement », explique ainsi Bayal Sall en évoquant son rôle de leader de vestiaire. « Il ne faut pas avoir peur de se dire la vérité. Il ne faut pas venir dans une équipe pour avoir des problèmes avec tout le monde. Tout le monde ne peut pas être ami, mais il faut respecter le maillot qu’on porte. On est au travail, tout le monde doit faire son boulot correctement et se donner à fond, personne ne gagne en rigolant. »

« On ne peut pas tout dire, il y a des petits secrets »

Pilier du vestiaire, Bayal Sall fait aussi figure de professeur particulier pour son partenaire de charnière centrale Youssoupha Ndiaye. Lui aussi sénégalais, le défenseur de 21 ans n’a pas connu le monde pro puisqu’il est arrivé à la Duchère il y a deux ans en provenance du FC Lyon. Son aîné de 12 ans lui voit pourtant un grand avenir. « Quand tu joues avec quelqu’un qui a de l’expérience, tu apprends beaucoup si tu es intelligent. Et lui, il est intelligent. Quand on lui parle, il écoute. Quand on lui dit quelque chose, il le fait. Et en plus, il le fait bien. Ce sera un très bon défenseur. Je le vois au niveau Ligue 1. »

Et son élève récolte même les premières félicitations du jury. « Sa mentalité commence à progresser », juge Bayal Sall. « Tu vois qu’il commence à être un joueur qui aime gagner. » Et qui aime toujours rigoler, puisque Ndiaye est l’un des principaux blagueurs du vestiaire et qu’on l’a déjà vu prendre une trotinnette électrique qui traînait par là pour faire les 50 mètres séparant le terrain d’entraînement des vestiaires, ou imiter le bruit de la sirène d’ambulance dans les couloirs du stade de Balmont pour raccompagner un coéquipier blessé. Lorsqu’on lui demande comment se passe sa relation avec Bayal Sall, le jeune défenseur central ne peut ainsi pas s’empêcher de finir par un éclat de rire. « J’apprends beaucoup de lui. Tactiquement, mais aussi certains coups de vice de vrai défenseur. On ne peut pas tout dire, il y a des petits secrets. » Le haut niveau, ça se joue aussi sur des détails.

Hugo Hélin

(Photo Lyon Duchère AS)

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