LOSC-OL (1-0) : il y a un an, le dernier match du monde d’avant

OL

SOUS L’HORLOGE. Il y a un an jour pour jour, le 8 mars 2020, l’OL jouait et perdait à Lille son dernier match en Ligue 1 2019/20. Les 365 jours atypiques qui ont suivi ont drainé leur lot d’actu foot, sur et en dehors du terrain. De quoi diluer largement les souvenirs que laisse normalement la conclusion d’une saison, surtout quand on ne sait pas à ce moment-là qu’il s’agit bien de la conclusion. 

Dynamique

Les Lyonnais les plus optimistes l’ont beaucoup répété : avec 10 matchs de plus, l’OL aurait certainement accroché la coupe d’Europe via un meilleur classement en championnat. Garcia s’est même dit convaincu que son équipe aurait obtenu une place sur le podium, évoquant « la dynamique enclenchée depuis le début de 2020. » Et si les sept matchs du mois de janvier toutes compétitions confondues ont en effet été marqués par six victoires et une qualification aux tirs au but en Coupe de la Ligue contre Lille , la suite est plus contrastée. Les victoires contre Marseille (Coupe de France), Sainté (Ligue 1) et surtout la Juve (Ligue des Champions) font du bien au club et à Garcia, qui traîne depuis l’OM une image de coach incapable de gagner les gros matchs. Ce ballottage favorable contre l’équipe de CR7, véritable grosse perf, va précisément cannibaliser l’analyse de cet OL pré-confinement dans les mémoires collectives. Or, dans le mois qui précède l’arrêt du foot, on compte aussi une défaite à Nice, des nuls poussifs à domicile contre Strasbourg et Amiens, et un lourd 3-9 en cumulé contre Paris, sur deux matchs (4-2 à Paris, 1-5 à Décines en Coupe).

Le truc vintage. Ce petit bout de déclaration d’avant-match de Rudi Garcia : « Quelle que soit l’issue de ce match, rien ne sera définitif mais on y va pour faire un résultat. » Perdu (pour les deux parties de la phrase).

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bilan de la saison 2019/20 de l’OL

L’équipe

Lopes – Andersen, Marcelo, Denayer (cap.) – Dubois, Tousart, Guimaraes, Aouar, Cornet – Toko Ekambi, Dembélé.

Rudi Garcia a expliqué, à l’automne 2020, que s’il avait su que ce LOSC-OL serait le dernier match de la saison, il aurait certainement aligné une autre équipe (et donc évidemment gagné). Pourtant, à se repencher sur les derniers matchs précédant cette affiche, ce 11 parait assez cohérent avec les tendances du moment. L’OL oscille alors entre un 4-3-3 et le 3-5-2. Et s’il y a des exceptions à la règle, le second système est surtout utilisé pour les affiches. Pas très étonnant donc de voir une défense à trois avec Andersen (Marçal étant suspendu) et Cornet replacé piston gauche au stade Pierre-Mauroy. De toute façon, tout ce qui compte dans l’OL pré-Covid, c’est la présence de Guimaraes. Arrivé fin janvier à l’OL, il aura fallu attendre le 21 février pour le voir sur le terrain, à Metz (0-2). Il devient instantanément essentiel. Garcia est même contraint de remonter Tousart en relayeur droit pour laisser la place de 6 au Brésilien.

Le truc vintage. Caqueret est le seul joueur présent sur le banc à être toujours à l’OL un an plus tard : le milieu qui brillera lors du Final 8 en profitant du départ de Tousart est en effet entouré de Tatarusanu, Tete, Traoré et Terrier, ainsi que des prêtés Koné et Jean Lucas.

Le match

Attention, auto-citation. Dans son compte-rendu du match, le Libéro Lyon écrivait : « Face à un Christophe Galtier qui n’a jamais semblé aussi sexy dans son football, Rudi Garcia est parti avec une défense à cinq et zéro intention. La défaite 1-0 est bien payée, mais elle coûte cher. » Joueurs et staff retiennent que le nul n’était pas si loin, Traoré s’étant procuré tout seul une balle de 1-1 en toute fin de match. Dans les faits, le match est totalement raté, et aucun joueur ne sauve le bilan, pas même Guimaraes, cette fois. Pire, cette défaite contre un concurrent direct au podium plombe l’opération podium de l’OL, déjà très en retard sur ses objectifs (JMA souhaitait passer les fêtes dans le top 3). L’OL est désormais septième. Et l’impression d’élan du début 2020 a pris du plomb dans l’aile. Début février, l’OL a 8 points de retard sur Rennes (3e) et 11 points sur Marseille (2e). Après le match contre Lille, ces écarts sont portés respectivement à 10 et 16 points. Surtout, l’OL pointe à la 7e place après s’être fait doubler d’un point sur cette 28e journée par Nice (qui a battu Monaco) et Reims (vainqueur de Brest). Et cela ne sera finalement pas si anecdotique.

Le truc vintage. Rémy qui marque contre l’OL en profitant peut-être du fait que Tousart ne puisse pas intervenir puisqu’il a subi un bloc maladroit d’Andersen. Rien que du classique, mais déjà vintage.

La suite

Alors que la rencontre OL-Juve avait déjà posé question compte tenu des foyers d’épidémie en Italie, le long feuilleton « Covid-19 et Ligue 1 » commence à prendre de l’ampleur. La tenue d’OL-Reims le vendredi suivant est maintenue jusqu’au jour-même, et puis… Dans le Lyon désert du confinement, les affiches présentant ce match resteront finalement placardées pendant des mois sur les vitrines vides. Pendant ce temps, Aulas mène une croisade décousue pour sauver la place européenne de l’OL  l’équité du championnat, les poissons font leur retour dans les canaux de Venise et le personnel soignant est applaudi à heure fixe. Et, tandis que le foot français décide de renoncer à son championnat, l’UEFA prépare la tenue d’un Final 8 à Lisbonne pour la Ligue des Champions. Sans Tousart et Terrier, partis à Berlin et Rennes, mais avec les retours des deux grands blessés Memphis et Reine-Adélaïde, l’OL s’apprête donc, malgré tout, à terminer cette saison 2019/20. Et à découvrir le hit Y A Cher Moy.

Le truc vintage.

Eloi Pailloux

(Photo Damien LG / OL)

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