L’OL de Sylvinho au révélateur statistique

Sylvinho

STATS. L’ère Sylvinho aura peut-être été courte dans les faits mais elle aura paru bien plus longue a la majorité d’entre nous. Longue, car elle semble avoir concentré en une poignée de mois les émotions d’une seule saison : de l’espoir d’été, bercé par un départ en trombe, aux tristes soirs d’automne, ponctués de défaites humiliantes et d’un jeu aux antipodes de la tradition et des exigence lyonnaises.

Car ne nous y trompons pas – ce qui a nourri l’espoir de nombreux suiveurs de l’OL à l’arrivée du duo Juninho – Sylvinho, c’est la promesse du retour du Jeu avec un grand J, après avoir désespérément tenté de comprendre celui mis en place par Bruno Genesio les saisons précédentes. On a déjà beaucoup écrit sur le jeu (et son absence, également) de l’OL sous Sylvinho. Mais quel éclairage supplémentaire peuvent nous apporter les statistiques ? Gardons toutefois en tête que le volume de matches (9 en Ligue 1) donne un échantillon statistique réduit, mais qui conserve cependant un réel intérêt.

Les 9 points problématiques
de Sylvinho à la tête de l’OL

Expected goals : l’OL roi du ventre mou

Commençons par la statistique avancée la plus démocratisée aujourd’hui : les expected goals. D’un point de vue offensif, la saison lyonnaise avait commencé avec une surperformance marquée, l’équipe de Sylvinho réussissant l’exploit d’inscrire 9 buts en 2 matches pour 2.33 xG créés. Cette réussite offensive ne sera que temporaire : les xG nous montrent que l’OL sous Sylvinho est une équipe très moyenne offensivement, avec 9 xG créés depuis le début de la saison de L1 (soit 1 par match), quasiment moitié moins que l’OL de Genesio en 2018/2019 (1.91).

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(source : Understat)

La différence de profil avec l’OL de la saison dernière est frappante : la solidité défensive supérieure a été obtenue au prix d’une dangerosité offensive en baisse marquée. Rajoutez à cela un léger manque de réussite au niveau défensif, avec un OL 6e aux expected points, et vous obtenez le classement actuel, 14e dans la réalité.

Top 3 : les plus belles victoires
de Sylvinho à l’OL

Passes dangereuses, une stérilité hors norme

Pour cette partie, nous emprunterons à l’excellent article de Julien Assuncao sur les passes dangereuses que vous pouvez sur le site Côté Stats.
Il définit une passe dangereuse comme « une passe réussie se terminant dans un rayon de 30m des buts adverses et commençant à l’extérieur de celui-ci ». L’examen des passes dangereuses de l’OL montrent une incapacité chronique de l’OL version Sylvinho à amener le danger aux abords de la surface adverse. Dur en effet de passer à côté de la chute libre de l’OL, qui barre ce graphique. Dauphin, certes lointain, du PSG dans ce domaine, le club lyonnais est en ce début de saison dernier de Ligue 1 avec Rennes.

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(Source : Côté Stats)

Mais se pencher sur la quantité de passes nécessaires à la création d’une passe dangereuse donne une statistique tout aussi édifiante. Et révélatrice de la stérilité des possessions lyonnaises et de l’incapacité de l’équipe à trouver des circuits de passe efficaces et dangereux, qui apparaît vraiment hors norme en la comparant aux autres clubs de Ligue 1.

(source : Côté Stats)

(source : Côté Stats)

Pour le pressing, on reviendra

Apres avoir écumé Twitter et le Discord de Vu Du Banc à la recherche des stats de PPDA et n’ayant en retour que récupéré la même vanne récurrente sur un ancien animateur de JT (merci à tous pour l’originalité de votre humour), j’ai pu mettre la main sur le PPDA de l’OL via Understat.

Le PPDA mesure la quantité de passes adverses réalisées par les adversaires dans leur zone du terrain par rapport à la quantité d’actions défensives effectuées par l’équipe qui n’a pas le ballon (récupérations, interceptions, fautes…). Une façon de mesurer la qualité du pressing et de l’intensité défensive. Pour creuser, cet article (en anglais sur StatsBomb en expose les détails.

En début de saison, Sylvinho avait insisté sur sa volonté de déployer un pressing haut à la perte – et le match d’Angers en a été le point culminant. Mais le projet collectif de l’OL a par la suite basculé vers une approche bien plus conservatrice et défensive : en témoigne son PPDA de 11.59, le 11e de Ligue 1. La saison dernière, l’OL de Génésio affichait le second PPDA de Ligue 1, avec 8.17.

Au final, les statistiques nous confirment le difficile décalage entre la volonté affichée cet été par Sylvinho et la réalité de ses quelques mois aux commandes : un OL certes plus solide, mais éminemment stérile et sans idées, autant dans son expression offensive que dans sa capacité à presser. Lauren… Jocel… Rud… Le prochain entraîneur a du boulot.

Êtes-vous un entraîneur
OL-compatible ?

Étienne M.

(Photo Damien LG / OL)

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