L’OL gagne une place, une mauvaise opération selon ses supporters-comptables

Memphis

BAROMÈTRE. L’OL a gagné une place ce week-end, en repassant devant le PSG. Mais le fait de ne pas avoir creusé l’écart avec Monaco et la quatrième place a été vu comme une mauvaise nouvelle par certains.

Soyons clairs : on ne reprochera à aucun supporter de l’OL d’avoir une vision très comptable des choses. On a nous aussi appris le terme EBITDA en suivant le club, et la composante financière de notre sport préféré ne nous échappe pas. Mais on a bien du mal à comprendre ce manque d’enthousiasme.

Les jeunes supporters, souvent traités d’enfants gâtés par des fans ayant vécu au stade sept titres de champion, ont eux aussi le droit de vivre un sprint final décisif, neuf ans après une Coupe de France contre Quevilly qui est le dernier trophée de l’OL et dont ils ne se rappellent peut-être même pas. Et les anciens n’avaient pas l’air de se plaindre quand l’OL regardait Lens plutôt que derrière et a cherché la victoire jusqu’au bout lors de la 31e journée de la saison 2001/02, en lançant Sidney Govou en profondeur à Auxerre au lieu de conserver le ballon et le score alors que l’AJA n’était qu’un point derrière et le PSG à deux.

Il est même un peu triste de constater que, alors que tout le monde est conscient qu’il faut désormais un gadin du PSG pour espérer le titre, tellement de supporters rechignent encore à rêver alors que leur club est devant les Parisiens après 26 journées. Sans doute une peur d’être déçus, bien compréhensible. Mais ne vaut-il pas mieux une déception après avoir rêvé que l’auto-satisfaction pour un résultat guère exceptionnel qui a si souvent prévalu à l’OL ces dernières saisons, et que la phrase sur des « objectifs toujours atteints même si ce n’étaient pas ceux de départ » illustrait de façon comique ?

Rassurons d’ailleurs les supporters les plus frileux : l’ardeur de leur foi dans le titre n’aura aucun impact sur les prestations du LOSC, de l’OL, du PSG et de Monaco, même si la vision du football à base de « karma » peut faire penser le contraire. Et même en cas de quatrième place finale, le fait d’acter du retour de l’ambition lyonnaise et de la volonté de dépasser les deux points par match lors de chaque saison, en cohérence avec le budget du club, ne serait pas forcément négatif sur le long terme. En tout cas on a envie d’y croire, même pour quelques semaines…

Les questions en vrac

Lille a livré un match de patron à Lorient, mais le consensus des commentateurs semble être que leur effectif est le plus faible des quatre de devant : en est-on vraiment si sûrs alors que le turn-over bien effectué par Christophe Galtier n’affecte que rarement leur rythme et leur dynamique collective ? Moins référencé peut-être, moins fourni vraiment ? Le fait que l’option d’achat de Danilo Pereira soit obligatoire si le PSG finit dans les deux premiers peut-il expliquer le classement des Parisiens ? Le Bayern ne regrette-t-il pas d’avoir licencié un peu tôt Niko Kovac ? L’OM a-t-il enfin joué ses deux matchs en retard qui pourraient le placer leader ? Et ce classement si serré à l’approche de la 28e journée ne semble-t-il pas indiquer qu’il est possible que les positions évoluent lors des dix dernières journées, contrairement à une idée largement admise dans certaines zones de France l’an dernier, sans qu’on comprenne évidemment ce qui liait alors Marseille, Rennes et Reims ?

Hugo Hélin

(Photo Damien LG / OL)

One Comment

  1. NvH

    22 février 2021 at 3:18

    En tant que supporter non comptable, j’apprécie cet article ! Rien à braire du podium. Le titre un point c’est tout.

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