Les notes de Reims-OL (1-1) : notre drame de Reims

SDROL

LES NOTES. Frustré par l’arbitrage, plombé par une première période mollassonne, limité par une réussite qui le fuit trop souvent, l’OL a tout de même ramené le point du match nul de Delaune (1-1). Mais a le sentiment que, contrairement aux Capétiens, le déplacement à Reims l’a éloigné du sacre.

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de Reims-OL (1-1) !

Anthony Lopes (5) a réalisé deux arrêts précieux face à Dia (21e) et Munetsi (58e). Il y a un an, ça aurait été anecdotique, mais au sortir d’un hiver bien pénible, ça mérite les encouragements du jury. D’autant qu’il a presque été le « défenseur » qui a pris le plus de risques à la relance quand Reims défendait dans ses six mètres en deuxième mi-temps.

Léo Dubois (3). Quand il ne dévisse pas ses centres, ils ne servent à rien. Mais l’arrière latéral de l’équipe de France (championne du monde en titre, ndlr) a été pire dans sa production défensive, défendant dos à Dia sur la première occasion des locaux (21e), bouffé par Cafaro sur l’ouverture du score (1-0, 34e), une minute avant d’offrir une nouvelle cartouche à Berisha. Après ? On a arrêté de noter parce qu’on n’est pas salauds.

Quand on a vu El Bilal Touré, fraîchement rentré, partir pleine vitesse, on s’est trouvé bien serein alors qu’il ne restait que le seul Marcelo (6) entre lui et Lopes. On s’est alors dit que quelque chose avait changé. Soit on est devenu plus tolérant, soit le Brésilien est dans la forme de sa vie. Il doit y avoir un peu de ça. Il s’est même offert du rab de taf avec tacle salvateur devant Berisha, pourtant hors jeu (21e). Ce n’était qu’un avant-goût de sa subtile (ouais, on en est là) et aérienne intervention du bout du pied devant Munetsi dans les 6 mètres (30e). Et même quand le Zimbabwéen de Reims est passé, il l’avait suffisamment écarté sur son mauvais pied, facilitant le boulot de Lopes (58e). Le problème, c’est qu’il n’a jamais porté le ballon vers l’avant quand les Rémois ont reculé, obligeant à chaque fois un milieu à venir chercher le ballon. Et comme Jason Denayer (4), dont ce serait plutôt le rôle, ne l’a pas fait non plus, l’OL s’est trop longtemps coupé une jambe.

Longtemps, on a cru que Maxwel Cornet (5), entré à la mi-temps, avait réussi à être aussi mièvre que son prédécesseur Mattia De Sciglio (4) – même si mièvre pour ce dernier, surtout quand il joue à gauche, c’est déjà bien. L’international ivoirien avait même poussé le mimétisme en se créant lui aussi une occasion sur une frappe lointaine claqué par Rajkovic (82e), qui s’y était pris avec les genoux face à l’Italien (15e). Mais c’est Cornet qui tacle, se relève et relance sur l’action de l’égalisation, ce qui mérite un point de bonus pour l’héroïsme, d’autant qu’il s’est blessé aux adducteurs sur le coup. Ce qui a permis à Bard de rentrer pendant les arrêts de jeu, et peut-être pour un moment. En tout cas, on se le souhaite.

Thiago Mendes (4). De bonnes récupérations, que ce soit haut sur le terrain ou devant sa surface selon la hauteur du bloc, des passes honnêtes pour relancer l’équipe dans le bon sens, et puis… pas grand-chose. Dans le milieu de terrain dont on attend plus dans ces matchs où la réussite technique semble fuir tous les autres acteurs, on attend plus de lui. Même si Guimaraes fait une saison un peu décevante par rapport aux promesses du printemps dernier, on voit mal ce qu’il aurait fait de moins ce soir.

Lucas Paqueta (7). Si les autres milieux de terrain ont semblé ternes, c’est aussi parce que lui a monopolisé la lumière. Il a été presque moins en réussite sur les gestes techniques qu’on aime tant de sa part, mais il a souvent (notamment en début de match) été dix fois plus visible que ses coéquipiers. On regrette deux choses dans sa prestation : de ne pas avoir été plus tueur dans son duel contre Rajkovic après la belle remise de Memphis, et sa faute dans la surface alors qu’il aurait dû se retourner pour tirer. Et n’était vraiment pas évidente à voir, bravo monsieur Brisard.

Houssem Aouar (3). On n’est pas toujours d’accord avec les procès en constance qui lui sont faits, et semblent parfois fondés sur le stéréotype du milieu doué techniquement et arrogant. Au moins, ce soir, pas de souci de constance : il a été plutôt stable dans la médiocrité. La comparaison avec Paqueta fait mal, d’autant que son profil de milieu qui se projette vers l’avant et trouve des passes de qualité dans les 30 derniers mètres semblait être ce qu’il manquait. Remplacé à la mi-temps par Maxence Caqueret (6), encore très bon : dans des appréciations où on regrette la créativité d’un milieu de terrain qui aurait pu faire mieux, difficile de ne pas regretter son manque de temps de jeu, surtout après la mi-temps inspirée qu’il produit.

Rayan Cherki (5). Il est au coeur du bon premier quart d’heure lyonnais. Entre remontées de balles pertinentes depuis le bas du milieu lyonnais, courses percutantes et remises en une touche avec Memphis et Aouar, il a donné le tournis à la défense, laissant penser que son premier grand match en L1 serait pour ce soir. Il a disparu avec l’OL au bout d’une quinzaine de minutes, se signalant par quelques pertes de balles évitables. De quoi agacer suffisamment Garcia pour le punir à la pause, alors que son profil aurait probablement permis de mettre encore davantage de pression sur le bloc bas de Reims en seconde période. Dommage qu’il soit si jeune, ce qui ne permet pas de survivre au moindre passage à vide

Karl Toko Ekambi (4). Il n’a rien fait de particulièrement mauvais, venant chercher les ballons sur l’aile gauche et éliminant souvent ses vis-à-vis en repiquant plein axe. Mais ce schéma n’a quasiment jamais permis de créer de décalage pertinent, et il n’a pas su proposer autre chose, à part un bon appel sur lequel il rate un face à face avec le gardien, même s’il est finalement signalé (à tort ?) hors-jeu. On lui fait peut-être payer la sortie injuste de Cherki, alors qu’on aurait préféré le voir sortir, lui. Tant pis, il faut bien des délits de sale gueule pour tout le monde.

Memphis Depay (7). Il a livré un match énorme, aimantant tous les ballons dans les 30 derniers mètres, servant de point d’appui pour faire progresser l’équipe et d’ouvreur d’espace par ses appels en profondeur. Il méritait quelque chose par son engagement constant et sa détermination qui a tiré l’équipe vers le haut. Récompensé par une magnifique passe décisive sur le but. Capitaine.

Tino Kadewere (5). On ne l’a pas vu pendant les 35 premières minutes qu’il a joué en seconde période, ne sachant pas très bien quoi proposer. Il a finalement réussi à se rendre utile en venant jouer des une-deux avec Memphis dans le petit périmètre, avant de claquer une très belle tête à la 92ème, histoire de ramener un dernier espoir de titre. Bien ouej, ça fait moyenne.

(Photo Damien LG / OL)

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