Les notes de l’OL : Monaco a le totem d’immunité, Lyon perd l’épreuve des poteaux (0-2)

Memphis

LES NOTES. Face à un Monaco en état de grâce même dans un mauvais soir, l’OL a réalisé un match plutôt sympathique pendant une heure, dans un 3-5-2 improvisé mais enjoué. Malheureusement, il a été trop malchanceux ou maladroit ou les deux pour atteindre les demies de la Coupe de France. Ne lui reste plus que le Championnat pour rêver à un premier titre depuis neuf ans. C’est peu, mais sur ce qu’il a montré à onze, il a le droit d’y croire.

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d’OL-Monaco (0-2) !

La défaite signifie que c’était normalement le dernier match de la saison de Julian Pollersbeck (4), qui a constitué l’une des attractions du parcours de l’OL en Coupe de France. Une attraction pas vraiment à la hauteur de son statut de « gardien allemand » : le jeu au pied qu’on fantasmait vu sa nationalité et les difficultés de Lopes dans ce secteur n’a pas vraiment été mis à contribution au cours de ces quatre matchs, et sa capacité à être décisif n’a pas non plus sauté aux yeux (il est sans doute plus coupable sur le coup franc du Red Star que sur la patate en angle fermé de Volland, mais on a au final la sensation qu’il a pris plus de buts qu’il n’aurait dû). On a quand même noté ce mercredi une parade du pied après avoir bien étendu son corps (55e), une parade décrite comme « à l’allemande » sur notre calepin. Mais c’est sans doute parce que c’est ce qu’on avait envie d’y voir.

Sinaly Diomandé (4). Un jaune dès la 6e pour avoir vengé Paqueta en donnant un coup de latte à Volland, bourreau du Brésilien sur le premier duel du match. Cela lui vaut un point bonus pour l’esprit de corps et la culture vétéran de District. Et c’est tout ce qui lui a manqué sur le second, frustrant mais pas vraiment injuste, même s’il touche le ballon avant le crâne de Balo-Touré (50e). S’il avait été plus sage et moins sûr de ses qualités athlétiques, il aurait peut-être laissé le latéral monégasque raté son action tout seul. Dommage aussi parce que le reste avait été très convenable, entre montées bien senties et couverture tranquille de Dubois.

Marcelo (4). Pépouze quand le milieu lyonnais faisait suffisamment et l’attaque monégasque pas assez. Il aurait pu ouvrir la marque de sa solide caboche sur un corner de Memphis (33e). Mais, certes pas aidé par Bard, il est trop passif devant Volland sur le 0-2 (61e).

Mattia De Sciglio (6). À la baston sur l’affaire Paqueta – Ballo-Touré (57e), qui lui vaut de rentrer au moins dans l’histoire du FC Castagne. Avant, il avait passé un match de touriste dans un poste de stoppeur gauche qui lui a permis de bien pouvoir observer Melvin Bard, en espérant qu’il ait pris des notes. Beaucoup plus sollicité après l’expulsion de Sinaly et particulièrement serein et efficace défensivement, mais aussi actif dans son couloir droit après l’entrée d’Ozkacar à la place de Dubois (80e). Un très bon centre aurait pu aboutir à une grosse occasion de Toko Ekambi (87e).

Melvin Bard (6). Son repli laisse cruellement à désirer sur le second but. Pris encore dans son dos par Aguilar quelques minutes plus tard, il se rattrape de justesse. De ce point de vue, il s’est mis au niveau du titulaire habituel du poste. La grande différence, c’est qu’il a aussi fait de bonnes choses par ailleurs. Et même beaucoup. Très utile pour combiner sur le flanc gauche, il a su alterner intelligemment les courses intérieures et le jeu à l’aile. Décalé par Memphis à la 11e, sa frappe est lourde mais trop sur le gardien. Une belle percée de sa part à la demi-heure aboutit également à un poteau de Cornet. Sans pour autant le présenter comme le nouveau Ferland Mendy, on ne comprend toujours pas comment il a pu aussi peu joué cette saison.

Léo Dubois (5). Une bonne disponibilité et un bon volume de courses. Il a été un des acteurs majeurs, non pas du match, mais de la tension de cette partie. Des fautes, des frictions, des duels, du torse bombé. C’est dommage, on a l’impression qu’il se perd surtout lui-même dans cet étalage de testostérone qui, avouons-le, prête un peu à sourire avec sa gueule de gendre idéal.

Ce match n’est certainement pas le plus abouti de Maxence Caqueret (7), mais on ne se lasse pas de lui faire des éloges, et on ne se force pas trop non plus. Sa première mi-temps, en particulier, est très bonne, avec son lot de petites découvertes : un joueur peut arriver pleine balle sur son adversaire avec un retard manifeste, et presser sans forcément tout arracher. Ou une passe vers l’arrière, si elle est jouée en une touche et ouvre des perspectives au destinataire, ça peut être une bonne chose. Malheureusement, sa deuxième mi-temps est plus neutre, et sa finition reste à améliorer, même si c’est difficile de lui reprocher sa volée spontanée qui lèche le haut de la barre (35e).

Sur certains postes, le niveau moyen des candidats pousse à une certaine mansuétude. Malheureusement pour lui, Thiago Mendes (5) joue à côté de Caqueret. Ses bonnes intentions semblent donc un peu plus timides, tout comme sa disponibilité. On peut parler malgré tout d’une bonne première période. Après un début de seconde-mi-temps en dessous, il est remplacé par Guimaraes (76e), dont les quelques inspirations n’ont pas suffi à relancer un match plus ou moins plié.

Maxwel Cornet (6). C’était l’un des coups tactiques de Garcia ce mercredi : aligner un latéral gauche au poste d’attaquant de pointe. Blague à part, Cornet a montré jusqu’à son remplacement par Islam Slimani à la 69e qu’il était évidemment plus à l’aise à ce poste que derrière. Parce que ne pas savoir défendre y est forcément moins handicapant, et parce que sa capacité à se créer des occasions est toujours là. Qu’elles viennent d’une accélération ou d’un dribble derrière la jambe d’appui (oui, oui), elles n’ont pas connu un sort heureux ce soir (deux poteaux, à chaque fois du pied droit, et un but refusé pour une course débutée un dixième de seconde trop tôt) mais ça nous a presque donné envie de revoir Cornet devant. Car même si on sait très bien qu’il finira par nous y frustrer (sans qu’on sache totalement expliquer pourquoi, puisqu’il crée pas mal d’occases et a un taux de conversion finalement pas si dégueu selon les xG), au moins ça voudrait dire qu’il n’est plus derrière.

La complicité entre Lucas Paqueta (5) et Memphis Depay (7) a été plutôt prometteuse, même si le premier a au final fait un match neutre pour ses standards (remplacé par Houssem Aouar à la 69e). Le Néerlandais a lui montré qu’il savait être beaucoup plus meneur de jeu lorsqu’il était accompagné devant, en régalant à la passe. Au moment de reprendre notre calepin et de relire notre écriture illisible, on le retrouve ainsi au décalage de Bard en angle fermé (12e), de Paqueta dont la frappe est déviée par le gardien au ras du poteau (16e) ou de Caqueret qui trouve le haut de la barre après un gros taf dos au but du capitaine de l’OL (44e). Il est sorti remplacé à la 70e par Karl Toko Ekambi (qui a prouvé qu’il était dans l’ambiance du match en mettant vite un taquet) après s’être roulé par terre, ce qui pourrait être un petit bémol puisque le porteur du brassard n’a pas vraiment réussi à calmer une équipe qui a bien trop perdu ses nerfs alors qu’il restait du temps. Ce match pourrait toutefois constituer un enseignement pour le sprint final : si Garcia continue dans le 4-2-3-1 des derniers matchs de Ligue 1, l’association Paqueta-Memphis dans l’axe fait envie, et presque pareil pour la présence de Cornet en faux ailier pour recentrer le Batave. Mais le 3-4-1-2 du soir a aussi déposé une belle lettre de motivation.

(Photo Damien LG / OL)

2 Comments

  1. kabongo

    22 avril 2021 at 9:27

    Il est donc raisonnable de demander à l’OL de jouer au football. Belle première mi-temps, agressive et enjouée. C’était quand la dernière fois ?

  2. Patrice

    22 avril 2021 at 9:42

    Rien que pour le titre !!!! BRAVO
    J’espere qu’on va leur marcher sur la gueule dans deux semaines….

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