Les notes d’OL-LOSC (2-3) : au revoir là-haut

OL

LES NOTES. Renversé par les Dogues (2-3), l’OL a dit adieu au titre et tentera déjà de ne pas faire de même avec la Ligue des Champions la semaine prochaine à Monaco. Le premier de ses deux chocs du dimanche soir consécutifs a été un résumé quasi parfait des passages de Rudi Garcia dans ses clubs : des débuts où les résultats sont là au mental et au talent plutôt que grâce au jeu, une fin pénible où cela ne suffit plus et où ses choix semblent tous être perdants. Il lui reste quatre matchs pour ne pas manquer totalement sa sortie lyonnaise.

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Anthony Lopes (4) a pris trois buts, mais il se fait fusiller (de plus ou moins loin) sur les deux premiers buts et est victime d’un beau piqué de Yilmaz sur le troisième, sur lequel il peut sans doute faire mieux en se jetant moins. C’est donc dur de lui en vouloir sur ce match, où sa vitesse pour aller au sol et capter une frappe à ras de terre de Jonathan David (71e) aurait pu être décisive.

Voir Mattia De Sciglio (6) en défense centrale était l’une des surprises au moment de l’annonce du onze. Elle a finalement été plutôt bonne, avec un match sérieux (il renvoie mal un centre piégeux sur Bamba qui ne cadre pas à la 77e, et c’est la seule petite boulette qu’on a noté) conclu à droite (où on l’a trouvé pas mal aussi sur le peu qu’on a vu) après l’entrée de Benlamri pour remplacer Dubois. Les deux autres centraux ont d’ailleurs réhaussé par contraste la prestation de l’Italien : Benlamri se fait prendre de la tête par Yazici sur le but vainqueur, tandis que Marcelo (3) a rappelé ses difficultés à gérer la profondeur. Mal aligné sur le 2-3, il a souvent été pris dans son dos et en vivacité. Cela ne relancera toutefois pas un débat sur sa compatibilité avec un club (censé être) dominant qui n’existe de toute façon plus, puisqu’il a été prolongé de deux ans et est comme chacun sait le taulier de la défense de l’OL.

Manifestement, Melvin Bard (4) sait à peu près où se mettre et que faire en tant qu’arrière gauche. Ça fait déjà une différence nette avec certains autres matchs de la saison à ce poste, mais tout n’a pas été parfait malgré tout. Parfois un poil court derrière, rarement en vue dans le camp adverse, il s’est au moins accroché jusqu’au bout, dans un match où il aura été très sollicité.

Ce n’est pas habituel, mais on n’a pas grand-chose à redire sur la performance de Léo Dubois (5). Consistant derrière, utile avec la balle, il a aussi entretenu son côté bad-ass en mocassins en houspillant un ramasseur de balle. Dommage quand même de fumer deux paquets de Gitanes sans filtre par jour, il a terminé rincé (zéro retour défensif sur ses 10 dernières minutes avant son remplacement à la 79e).

Thiago Mendes (2). Un bon retour sur un contre supersonique d’Ikoné alors que David était seul (16e), mais il n’avait pas été clair au début de l’action. Quelques galettes dans le jeu long, mais toujours vers Toko Ekambi. Puis une faute balourde sur Ikoné qui entraîne le coup franc de Yilmaz (2-1, 45e+1), avant d’être passif devant David et deux fois catastrophique sur une seule action d’Araujo (77e). On se demandait pourtant déjà ce qu’il faisait encore là quand il en envoyé un missile en lulu que Maignan a préféré enregistrer dans le top arrêts plutôt que le top buts (67e). À lui seul, il a incarné la débâcle de Rudi Garcia, qui a choisi de le titulariser à la place de Guimaraes et de le laisser en deuxième période alors qu’il se faisait trouer à chaque fois et se contentait de faire le quarterback entre ses centraux alors que le scénario du match aurait exigé que l’OL reprenne le contrôle du jeu.

Lucas Paqueta (3). Comme Mendes, il va ramasser alors que c’est avant tout le choix de son coach qui est condamnable. Incertain après un coup reçu à Monaco, il a été victime de la passion de Garcia pour la conservation de son onze, alors même qu’Aouar était là, et que l’histoire du match (et de la saison ?) aurait peut-être pu être la sienne. Après une première mi-temps passé dans l’étau lillois, il a semblé mieux revenu de la pause, c’est notamment lui qui récupère le ballon qui mène à la belle occasion de Memphis (52e). Mais c’est sa passe pour Marcelo récupérée par Yilmaz sur l’égalisation qui restera (2-2, 60e), et cette erreur technique devait forcément arriver ce soir-là. Remplacé par Bruno Guimaraes (64e) à ce poste de relayeur qui ne lui correspond guère, ce qui est d’autant plus dommageable quand c’est pour laisser la place à Mendes. Il a tout de même essayé de presser à un moment où l’OL n’y allait plus et trouvé quelques décalages vers un Dubois qui avait 53 ans ressentis à ce moment du match.

Maxence Caqueret (8). Si l’OL a cru pendant 45 minutes pouvoir à nouveau rêver du titre, il le doit probablement à Caqueret. Infernal à la récupération et précieux dans les derniers mètres, le petit prince de Corbas a livré un match à l’arrachée, à l’image de sa passe décisive sur l’ouverture du score où il part au pressing sur un ballon pourtant perdu sur le papier. A chaque match de Caqueret revient la même interrogation : dans une équipe dont le coach a si souvent blâmé l’état d’esprit et l’engagement, comment comprendre que Maxence Caqueret ait passé une bonne moitié de saison sur le banc ? Moins en vue en seconde période (comme le reste de ses camarades), le numéro 25 des Gones est sorti à la 79e (remplacé par Aouar), signant ainsi le glas de toute velléité de pressing lyonnais. Faisons de la fiction : il existe un monde où Caqueret finit cette rencontre et où l’OL n’encaisse pas le troisième but. Ce monde n’est pas celui de Rudi Garcia.

Karl Toko Ekambi (3). Encore un choix fort de Garcia, même s’il a toujours fait le même et que c’est un peu ce qu’on lui reproche. La seule fois où il a réussi un débordement, Memphis n’y croyait plus et s’est retrouvé trop court (52e). Caqueret l’a pourtant régalé autant qu’il a pu, et s’il n’a pas tout raté, le contraste visuel lui était souvent défavorable. Une fois de plus, aussi, il n’a pas justifié son statut de « joueur de devoir » (ce qui n’est déjà jamais bon signe à ce niveau), à l’image de cette percée de Reinildo qu’il n’a regardait que de loin et qui a abouti à une tête dangereuse d’André (59e). Remplacé par Tino Kadewere (73e) qui n’a pas eu beaucoup d’opportunités de se mettre en valeur à un poste d’ailier qui n’est pas le sien dans une équipe qui avait décidé de subir en fin de rencontre. Ce qui n’était manifestement pas l’idée du siècle.

Entre deux infos inutiles ou à côté de la plaque, Paganelli a dit de Memphis Depay (4) qu’il « fait des choses que les autres ne savent pas faire. » C’est juste, et on l’a vu par intermittence : beaucoup de fautes provoquées, une vraie utilité pour jouer vers l’avant, par la passe courte ou longue. Mais si on s’est habitué à un certain déchet de sa part, on est quand même déçu de le voir si peu décisif dans un tel match (et ce n’est pas que la faute de Slimani, qui a recraché une de ses passes caviar).

Islam Slimani (5). Dans le duel opposant les deux anciennes gloires qui dépannent au poste d’avant-centre, Islam Slimani a fait pâle figure face au lillois Yilmaz. L’Algérien ouvre certes le score en reprenant un centre en retrait inespéré de Maxence Caqueret, mais il n’aura pas pesé grandement sur la rencontre. On retiendra du match de Slimani son but, mais également son lob trop enlevé alors que le but semblait tout fait. Dans un match où l’OL a bétonné pendant les 45 dernières minutes, difficile de lui reprocher son manque d’impact. Remplacé à un quart d’heure de la fin par Maxwel Cornet, qui a fait du Maxwel Cornet et vite mis fin à notre mini-hype Maxwel Cornet en rappelant que ce n’est pas parce que Maxwel Cornet derrière c’est horrible que Maxwel Cornet c’est super.

(Photo Damien LG / OL)

4 Comments

  1. Patrice

    26 avril 2021 at 9:17

    Une salle semaine footbalistique dont je vais avoir du mal à me remettre !!!

  2. kabongo

    26 avril 2021 at 1:58

    Une décennie plutôt qu’une semaine ?

  3. Victor-Nettoyeur

    26 avril 2021 at 6:12

    Une petite rétractation gonadique chère à Garcia et à nos amis de Hors-Jeu ?

  4. enzo

    27 avril 2021 at 8:51

    un debat sur anthony Lopès le gardien qui passe sa vie au sol est il possible dans la sphère lyonnaise ?

    y’a pas que le jeu au pied de défaillant chez lui.

    cette année il passe régulierement à travers, mais il a le totem d’immunité comme dirait la belle plume de ce site.

    le pire gardien du top 4 et de loin.
    prolongé à un salaire strato.

    un gardien qui n’a jamais convaincu au Portugal. (ils connaissent pourtant un peu le foot).

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