Jordy Gaspar : « Si c’était à refaire je quitterais l’OL. Mais pas pour Monaco. »

Gaspar

ENTRETIEN. Jordy Gaspar avait le sourire à la fin de GF38 – Sporting Club de Lyon ce vendredi. Le plaisir de retrouver le terrain à l’occasion du premier amical estival de son nouveau club de Ligue 2, mais aussi celui de retrouver son pote de formation à l’OL Bryan Ngwabije, qui débutait avec le Sporting et avec qui il a longuement discuté. Avant de regagner les vestiaires, le latéral de 23 ans a accepté de revenir avec nous sur son début de carrière.

À Grenoble, le Sporting Club de Lyon
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Comment s’est passé cette première grenobloise, avec 45 minutes en première période pour toi ?
Ça nous a tous fait plaisir, on sortait de quatre mois sans match. Après deux bonnes semaines et demie de prépa, c’était important de retrouver les bonnes sensations. On est en train de prendre nos repères crescendo sur le terrain.

Pourquoi ce choix de venir à Grenoble ?
C’était le projet sportif qui m’intéressait le plus. J’avais besoin de confiance pour pouvoir me relancer et Grenoble est le club qui m’a montré le plus d’assurances vis-à-vis de ça, donc je n’ai pas hésité.

Tu as donc la sensation de devoir te relancer après trois ans sous contrat avec Monaco où tu n’as pas joué en pro (18 matchs lors de son prêt au Cercle Bruges en 2017/18, ndlr) ?
Pas forcément, j’ai tout simplement envie de pouvoir profiter et pleinement saisir cette opportunité-là. C’est ce que j’attendais. On est jeunes et on veut toujours cette opportunité-là de pouvoir se montrer, et Grenoble me donnait cette assurance donc je n’ai pas hésité et j’ai foncé.

« Peut-être que j’aurais dû être moins gourmand »

Tu étais bloqué à l’OL quand tu as fait le choix de partir, avec deux latéraux expérimentés de chaque côté. Mais est-ce qu’avec le recul Monaco était la bonne destination ?
Pour le coup, je pense que Monaco n’était pas le choix que je devais faire. Si c’était à refaire, je quitterais Lyon, j’assume ce choix, mais peut-être pas pour Monaco, parce que le but c’était de progresser step by step et je n’ai pas eu cette opportunité-là. Donc je ne regrette pas, mais à Monaco plus jamais !

Tu avais d’autres options à l’époque ? Et tu ferais quel choix aujourd’hui ?
Je serais resté dans le championnat français. C’était le but. Il y avait des clubs étrangers intéressés, mais je sais qu’il y a beaucoup de jeunes français qui vont vite et se brûlent les ailes. Je préférais rester en France, mais peut-être que j’aurais dû être moins gourmand entre guillemets. Je sais que c’est ce qui est beaucoup sorti, même si ce n’est pas forcément ce qu’il s’est passé.

« Le plus important, ce n’est pas forcément de percer à l’OL »

Tu as la sensation que c’est une étiquette que tu as désormais ?
C’est un des gros clichés sur Monaco, on se dit que c’est un gros club avec beaucoup d’argent, et c’est aussi la réalité. Mais il y avait aussi pas mal de choses que Monaco me proposait et que je n’avais pas ailleurs. Et le plus important, que je pense avoir un peu négligé, c’est l’opportunité de jouer. Je pense que je me suis dit que j’étais jeune, que ça allait bien se passer et que quand j’aurais l’opportunité je prouverais. Pas de bol, je n’ai pas eu cette opportunité.

La gestion des jeunes et la difficulté de l’OL à les lancer est devenu un débat récurrent depuis ton départ il y a trois ans. On a vu beaucoup de jeunes quitter le club, quel est ton point de vue en tant qu’ancien de l’académie ?
Personnellement, je ne suis pas choqué. Je sais que l’OL est une usine de cracks et je sais qu’après c’est plus compliqué, il y a toujours énormément de talents et des têtes d’affiche venues de l’extérieur. Je suis content parce que la jeunesse se bat pour pouvoir faire quelque chose. Ça a été plus compliqué pour les générations précédentes, on a perdu énormément de gros talents, et pourtant là les jeunes pousses sont en train de faire quelque chose. J’ai vu qu’il y avait des départs et je crois qu’ils font le bon choix, en tout cas si ça dure. Ils ne sont pas à tout prix sur le bling-bling ou l’argent, c’est un projet pour jouer. Il faut les encourager. Le plus important, ce n’est pas forcément de percer à Lyon. C’est de savoir se demander est-ce qu’il faut rester pour simplement rester ou prendre le risque de partir. Mais il va aussi falloir trouver une solution pour pouvoir les garder.

Propos recueillis par Hugo Hélin

(Photo Romain Quiblier / GF38)

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