Entre jeunes et vieux, une exigence à géométrie variable à l’OL

Bard

HUMEUR. Le départ annoncé de Pierre Kalulu à l’AC Milan s’est accompagné d’un petit refrain rappelant l’exigence nécessaire pour s’imposer dans un club comme l’OL. Une ambition louable et un terme d’ailleurs souvent évoqué par la tranche de supporters qualifiés d’enfants gâtés, mais qui ne semble s’appliquer à l’OL qu’aux jeunes du centre de formation.

Soyons clairs : Juninho a entièrement raison lorsqu’il explique que « ce n’est pas forcément parce que tu es jeune et que tu es formé au club que tu dois jouer. » Ne serait-ce qu’arithmétiquement, il est impossible de faire entrer chaque saison cinq nouveaux joueurs dans l’équipe première. Mais on est pour l’instant loin de cette situation, tant l’ascenseur social semble cassé à l’OL. La phrase correcte devrait en effet plutôt être « Ce n’est pas forcément parce que tu as de l’expérience en pro que tu dois jouer. »

Maxence Caqueret a beau avoir fluidifié le jeu de l’OL tout en récupérant en moyenne plus de ballons que ses concurrents lors d’une série de titularisations qui a grandement correspondu à la meilleure série lyonnaise de la saison (5 titularisations lors des 7 matchs sans défaite – 6 victoires et une qualif aux tirs au but contre Lille en Coupe de la Ligue – entre le 4 et le 30 janvier), il n’est réapparu qu’à 4 reprises dans le onze de départ des 10 matchs joués ensuite.

Brillant à Nantes en Coupe de France le 18 janvier (deux buts, deux passes décisives), Rayan Cherki n’aura ensuite le droit qu’à une seule titularisation en championnat (et encore, dans un match quasiment perdu d’avance contre le PSG), victime de son âge plutôt que du niveau de ses concurrents directs. Les plus cyniques pourraient d’ailleurs dire que, quitte à attendre des exploits individuels des attaquants, autant mettre un Cherki dont on a vu qu’il savait en faire plutôt que des Karl Toko Ekambi ou des Martin Terrier.


Melvin Bard pourrait lui quitter cet été son club formateur en n’en ayant porté qu’une mi-temps le maillot en match officiel (et l’OL était alors à 11 contre 9 face à Nîmes), barré qu’il était par la décevante recrue Youssouf Koné, le gaffeur souvent dépassé Fernando Marçal et même l’ailier reconverti Maxwel Cornet.

Trois exemples parmi d’autres qui illustrent le préjugé anti-jeunes qui semble dorénavant toucher un OL qui a pourtant connu ses saisons les plus enthousiasmantes depuis son dernier titre en 2012 lorsque la moitié de son équipe sortait du centre de formation. Certes, il s’agissait alors d’une ère étrange pour l’OL, qui soldait alors les excès financiers de l’époque Claude Puel tout en se serrant les ceintures en attendant la construction du Formidable Outil. L’inauguration de celui-ci a changé la donne, en permettant au club de redevenir une place forte financière du football français.

Que tous les jeunes prometteurs n’aient pas forcément leur chance dans cette nouvelle ère où l’exigence doit augmenter à la hauteur de l’EBITDA n’est donc pas un problème en soi. Mais que Cornet ait dépassé les 200 matchs avec l’OL, en bloquant au passage la progression de nombreuses pousses lyonnaises, en est un. Et, avant de concerner les jeunes, la fameuse exigence devra surtout s’appliquer aux joueurs venant de finir septièmes de Ligue 1 et n’ayant pas atteint un objectif autrement qu’à l’arrache depuis des années.

Hugo Hélin

(Photo Damien LG / OL)

One Comment

  1. Mik Mortsllak

    13 juin 2020 at 9:35

    A croire que choisir des entraineurs qui ne pensent qu’à se cacher derrière les résultats pour défendre leur bilan n’est pas l’idéal pour voir des jeunes.

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