Gomis et Briand, Lyon en fait une attaque

RANK’N’OL #S02E11. À l’heure des grandes reformations, on a manqué de croire au retour du jeune à la nantaise après l’ouverture du score par Veretout. 90 minutes plus tard (3-1), pas de péril jaune canari en la demeure, mais l’idée d’un autre retour, celle d’un Rank qui se joue around the clock avec deux « chic types » qu’on a fait passer pour mauvais garçons.

Olympique Lyonnais

Le type de la sécu : « Je l’ai en visu, patron. Qu’est-ce que je fais ? – Rien, laisse tomber… » (Photo Panoramic – Frédéric Chambert)

 

Le compte rendu du match : Buts de luxe

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Le mode d’emploi : Let’s Rank’n’OL !

 

1. Clément Grenier. Grenier est peut-être ce joueur que l’OL attend, ce Juni de service qui débloque les situations les plus mal embarquées sur un coup franc et doit s’en sortir tout seul le reste du temps, soumis à la pression d’un marquage toujours plus serré. La vie et son mode d’emploi laissé par Juni à ses éventuels successeurs. On a encore du mal à souscrire à cette vision des choses. Disons qu’au train où elles vont, c’est plutôt un autre type de milieu qu’on finit par retrouver chez Grenier, moins proche du bon Juni que de cet autre meneur plus familier qui fait le bonheur des milieux de tableau de Ligue 1. Le genre Féret ou Ziani qui disparaît d’un match à l’autre – ou même à l’intérieur d’un match – pour sortir le geste qui emporte la décision et lui vaut la reconnaissance des esthètes autoproclamés. Ou des supporters lyonnais qui n’aiment rien tant que ces destins de bon petit meneur (Di Nallo, Chiesa, Gava, Dhorasoo), surtout quand leur équipe en est réduite à voir les titres se jouer loin d’elle. Suffisant pour marquer. Pas encore pour se démarquer.

2. Henri Bédimo. Un jour, on avouera à tout le monde qu’on aurait préféré Cheick Mbengue. Peut-être dans un an, quand Henri Bédimo entamera sa deuxième saison, celle qu’il a invariablement manquée, à Lens comme à Montpellier. Mais à Lyon, on sait que désormais l’amour ne dure même plus trois ans. Parfois même pas un an. Alors d’ici là, on prend tout ce qui se présente. Un peu comme le latéral gauche de l’OL. Celui qu’on est tellement content d’avoir trouvé après une si longue traversée du désert qu’on le présenterait à ses parents avant même d’aller bruncher. Les personnes qui ont trop attendues ont parfois des raisonnements irrationnels. Comme préférer Mbengue à Bédimo, par exemple.

3. Jimmy Briand. Cet été, quand on l’a croisé en short et en claquettes depuis le bord des terrains d’entraînement, on ne savait plus trop ce qu’il restait de Jimmy Briand en tant que joueur professionnel. On aurait pu croire que lui-même se le demandait deux jours plus tard en le voyant en baver comme un poux dans une séance interminable face au but. Deux mois après, la réponse qu’on pense avoir tient moins à sa performance du jour (une passe dé’ et un but) qu’à celle de son partenaire du couloir opposé, Lacazette. Là où le Kid de Mermoz peut faire admirer une vitesse d’exécution que Briand ne peut plus envoyer depuis que ses ligaments ont lâché, l’ancien Rennais a pour lui une forme de dureté qui manque tellement à Lacazette qu’il finit par en plonger. Pas de quoi rappeler le joueur qu’il a manqué devenir. Suffisant pour comprendre que la peur a un prix et que ceux qui savent l’apprivoiser méritent bien un plus gros salaire.

4. Bafé Gomis. Le travail de Gomis sur une défense n’est que rarement apprécié à sa juste valeur. Un travail d’usure, pénible pour l’adversaire et pas suffisamment admirable pour le grand public. Alors, dans sa grande mansuétude, Bafé Gomis a décidé d’expliquer sa méthode à ses supporters et à ses dirigeants. Par l’exemple. Et aujourd’hui, tout est plus clair : plus personne n’ignore comment Bafé Gomis, sans finesse, ni variation, arrive à décrocher la timbale. De la même manière qu’il finit souvent par marquer, Gomis a obtenu de rester à Lyon à ses conditions et par se faire acclamer par Gerland. Ça commence toujours pareil : Gomis fait chier. Et ça finit toujours pareil : Gomis obtient ce qu’il veut. Même une place dans le Rank.

5. Gueïda Fofana. Il venait à peine d’entrer sur la pelouse. Et l’OL a pris l’avantage. Bien sûr, il n’avait pas encore touché le ballon. Et bien sûr, il en perdra quelques uns par la suite. Mais le remplacement de Dabo (qui craignait après le match une élongation à la cuisse droite) par Fofana a marqué un tournant dans le match, et peut-être même dans la saison de l’OL. Soudain, Gerland a eu la sensation qu’il pouvait se passer quelque chose. La même douce euphorie ressentie lors des premiers matchs de Bédimo. Que le risque valait le coup d’être vécu pour peu qu’il y ait la possibilité du frisson. Et puis on s’est rappelé que tout ça n’allait peut-être pas marcher, et surtout ne pas durer. Dommage : on venait tout juste de se rappeler que c’était Bakary Sagna l’arrière droit de l’équipe de France.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

Retrouvez le Rank’n’OL sur OL Dirty Bastards et le Libéro Lyon.

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