Genesio/Garcia : le concours de rhétorique

Nullos

DEMI-LOL. Bienvenue à cette nouvelle édition du contest « OL rhétorique », avec aujourd’hui une affiche alléchante : Bruno Genesio contre Rudi Garcia. Niveau Ligue des Champions ! Précision importante : il s’agit d’un Genesio « Best of 2016-2019 », contre un Rudi Garcia « 4 octobre 2020 ». Ce dernier a l’avantage de surfer sur l’actu chaude et il bénéficie du coup d’envoi, mais le réservoir de Genesio sur trois ans est forcément plus important… C’est parti !

Rudi : « Notre saison commencera mardi matin. »

– Très belle entrée en matière. En pointant du doigt le mercato, il s’exonère des six premiers matchs de la saison, qui jouent très clairement contre lui. Voyons comment Bruno va répliquer…

Bruno : « Les critiques ? Quand je vais boire le café à la brasserie dans mon village, j’entends les mêmes choses donc ça me fait bien marrer. »

– Ah, on ne l’attendait pas si vite celle-là ! Il décrédibilise les critiques, se place au-dessus de la mêlée avec même un poil de condescendance, notamment dans le « ça me fait bien marrer ».

Rudi : « J’ai reconverti à ce poste [latéral gauche] Maxwel Cornet qui doit encore progresser, même s’il est pour moi encore un peu devant Melvin Bard. »

– Pas de round d’observation décidément ! Il ramène la couverture à lui, à ses choix, c’est bien joué. Et c’est surtout audacieux, vu la performance de Bard ce soir. Il prend des risques !

Bruno : « Quand on perd, c’est à cause de moi car je ne suis pas un entraîneur suffisamment expérimenté. Ou alors je devrais m’appeler Ramirez ou Sanchez. »

– Victimisation, un grand classique. Il déroule… Et je pense qu’il ne va pas s’arrêter là. L’occasion de rappeler qu’on a affaire à des pros ! Ne faites pas ça chez vous…

Rudi : « Il faut gagner un match. Et quand on en aura gagné un, il faudra faire une série. » – Après la prise de risque, il a raison de se rassurer avec les bases : rester dans l’injonction. Aucun risque de se tromper… il faut gagner des matchs, comment lui donner tort ?

Bruno : « Je n’ai pas plan de jeu ni de philosophie de jeu, on ne travaille pas à l’entraînement, on ne fait rien […] J’en ai un petit peu assez d’être sans arrêt remis en question, qu’on joue en losange, en carré, en triangle, en rectangle, à quatre, à cinq, à trois, à deux… »

– Logique. C’est la suite attendue après le Ramirez-Sanchez. Il enfonce le clou, c’est tout l’avantage de disposer de trois ans de déclarations. C’est maintenant que Rudi va devoir faire preuve de solidité.

Rudi : « Moins de points que Sylvinho après six matchs ? Je ne sais pas quoi vous répondre. Je ne m’intéresse pas à ce qu’il s’est passé l’année dernière, il y a deux ans, trois ans… »

– Aïe, petit début de fringale ? La comparaison avec le début de saison de Sylvinho semble le pousser dans ses retranchements… il est moins saignant. Tentative de répondre au « losange, carré, triangle » de Bruno avec une énumération de son propre cru, mais ça impacte clairement moins. Il réussit toutefois à ne pas répondre sur le fond. Ouf !

Bruno : « C’est quoi un match référence ? Gagner 5-0 en faisant du jeu ? Je ne sais pas ce que c’est un match référence. »

– Toujours propre, sans bavure. Il ménage sa monture sans vraiment ralentir, avec un niveau de maîtrise admirable, incontestablement.

Rudi : « Il va falloir arrêter de dire qu’on joue bien et qu’on domine, mais il va falloir dire qu’on joue bien qu’on domine et qu’on gagne les matches… »

– Ah ! Bien, bien ! Là, il joue sur l’actu du moment, c’est son atout numéro un dans ce contest, il touche une corde sensible avec la qualité de jeu, et il envoie du très lourd, du péremptoire, du gratuit. Il se remet en selle, assurément…

Bruno : « Les clubs qui font mieux que Lyon cette saison en Europe ? Pour l’instant, par rapport aux résultats globaux, Coupe de France, coupes d’Europe, championnat, il y en a cinq, voilà. »

– Il fallait s’y attendre. À péremptoire, péremptoire et demi ! Rudi s’est aventuré sur un territoire que son adversaire connaît bien. Personnellement, le petit « Voilà » conclusif, classique chez Bruno, j’adore !

Rudi : « On a eu les occasions pour les mettre au fond, mais on ne l’a pas fait, parfois par manque de précipitation. »

– Ouch, la sortie de route ! Cette phrase ne veut tout simplement rien dire ! C’est le gros risque d’une rhétorique ramassée sur une seule conf, il y a forcément plus de déchet… Genesio doit profiter de ce faux pas !

Bruno : « Dans la vie, il n’y a qu’une chose d’inéluctable : la mort. »

– Popopopoooo… aucune pitié, il achève son adversaire sans hésiter. L’arbitre met fin à l’empoignade, c’est une victoire nette. Genesio n’a même pas sorti son très efficace « Je maîtrise plusieurs systèmes » ou le fameux « Le jeu du Barça c’est courir vite, faire des passes ». C’est de la belle ouvrage ! On attend maintenant qu’il accorde à Garcia une revanche en mode « Best Of ». Tout le monde en salive d’avance… on aurait tellement aimé voir ce dernier pouvoir s’appuyer sur un « J’ai lancé Pellegrini » ou un petit « Mes joueurs ne transpirent pas assez ». Genesio n’a pas intérêt à trop tarder avant de proposer cette revanche, car le temps joue pour son adversaire qui peut continuer à accumuler les punchlines… Cette opposition a encore beaucoup à offrir !

Eloi Paillol

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