Le foot rhodanien perd gros et ne le sait même pas

Pochat

HUMEUR. On n’a rien contre Hervé Della Maggiore, dont le parcours en tant que joueur est d’ailleurs totalement Libéro Lyon compatible, mais le départ d’Alain Pochat de Villefranche nous a fait quelque chose.

A l’heure de se remémorer Pochat, les premiers souvenirs qui remontent concernent forcément sa forte personnalité, à base de hurlements voire de confrontations physiques. Une personnalité sanguine qui lui aura finalement coûté cher, Villefranche le licenciant après une suspension de huit matchs pour une altercation avec un membre du staff adverse lors d’une mi-temps, la goutte d’eau de trop.

Mais il serait trop réducteur de n’évoquer que cet aspect du personnage Pochat. Car sa personnalité expansive, avec toujours la blague ou la formule qui va bien, n’est pas la seule chose qui explique pourquoi Pochat était si intéressant à écouter parler de football : parce qu’il parlait de football, ce qui semble simple et évident mais ne l’est pas toujours, et que son équipe était toujours intéressante à jouer.

On le rapprochera d’ailleurs volontiers de Karim Mokeddem, autre entraîneur qui a pris une équipe rhodanienne en quatrième division pour l’amener un cran plus haut, en prouvant au passage que style de jeu et résultats n’étaient pas deux notions contradictoires comme les esprits simplistes aiment pourtant le faire croire. Villefranche et la Duchère ont évidemment eu leur dose de matchs moins flamboyants et de contre-performances, mais on savait au moins qu’on allait voir quelque chose de différent avec ces deux défenses à trois. Le semi-échec Laurent Roussey et le raté total Manu Da Costa ont d’ailleurs clairement rappelé la chance que le football rhodanien avait eu d’avoir Mokeddem à la Duchère.

On souhaite évidemment à Villefranche de mieux réussir à gérer le départ de son bâtisseur, tout en regrettant tout de même une chose. Que le football français ne soit pas un peu plus intéressé par ce qu’il se passe en bas, et ne valorise pas plus le bon travail qui peut y être fait par des entraîneurs qui ne sont pas d’anciens joueurs pros. On parle évidemment là des dirigeants, mais même des supporters. Les affluences du stade Armand-Chouffet (très sympathique) ou celle de Balmont (la plus basse de National) n’ont en effet pas semblé impactées par le jeu proposé, en réunissant toujours les mêmes habitués. Les autres ne savent pas ce qu’ils ont raté.

Hugo Hélin

(Photo Léo Calistri)

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