On était à FC Latino – Antillais de Villeurbanne (Coupe de France)

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COUPE DE FRANCE. C’est sans aucun doute le match le plus exotique du tour de cadrage de la Coupe de France qui s’est disputé ce dimanche au stade de la Sarra, à même pas 500 mètres à vol d’oiseau du parvis de la basilique de Fourvière.

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D’un côté, les Antillais de Villeurbanne, tous antillais comme vous l’avez deviné. « Ah non, on a aussi un Camerounais », s’aperçoit le président Jean-Baptiste Germany en regardant ses joueurs se changer sur du béton, à l’ombre d’un préfabriqué. Le coronavirus a en effet fermé les vestiaires et bousculé les habitudes. Dans les discours, comme souvent à ce niveau de la compétition, l’accent est mis sur le fait que ce match doit avant tout servir d’entraînement avant le début de la saison. Et d’autant plus dans ce contexte qui a perturbé les vrais entraînements. « On ne veut pas de réprimandes de la mairie, donc on court beaucoup. On a surtout travaillé le foncier depuis qu’on a repris. »

En face, le FC Latino est moins latino que les Antillais ne sont antillais. « On est à 70 ou 80% d’Amérique du Sud, mais il y a aussi des Français », détaille l’entraîneur Victor Sanchez, lui-même colombien. Sa causerie aura elle lieu avec Fourvière et la tour métallique en fond, dans un coin du terrain synthétique du stade de la Sarra. « Il vaut mieux commencer par une victoire. Mais le plus important c’est le respect. Vous respecter, respecter les coéquipiers, respecter les adversaires, respecter l’arbitre. » Le discours est en français, les discussions qui suivent entre les joueurs parfois en espagnol.

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Sur le terrain, le match est moins fou que le Cheminots de Vaise – FC Grigny auquel on avait assisté au premier tour la saison dernière. Et s’il peut sembler un brin cliché, pour ne pas dire raciste, d’opposer la technique des Latinos au physique des Antillais, c’est pourtant bien ce qu’il se passe lors de ce match où les différences de gabarits sont parfois comiques. Les frangins Bravo, numéros 9 et 10 dans le dos, sont parmi les plus frêles mais sont les manieurs de ballon les plus enthousiasmants de ces 90 minutes où l’on aura plus souvent vu des tentatives de contrôle du pied finissant par un rebond sur la poitrine que des enchaînements parfaits, ce qui n’est pas non plus une surprise entre deux équipes de D4 (douzième niveau dans la hiérarchie).

Luis Miguel, numéro 10 dans le losange du FC Latino, sera d’ailleurs récompensé en marquant le seul but du match au bout d’une dizaine de minutes à peine, sur une action bizarre où l’on n’a pas compris s’il voulait centrer ou vraiment prendre le gardien à contre-pied. Malgré une barre transversale sur corner en deuxième période, la suite sera plus compliquée pour les rayures noires et blanches en grande difficulté pour s’installer dans le camp adverse, même à 11 contre 10 dans le dernier quart d’heure après l’expulsion d’un Antillais qui quittera le synthétique en tirant son sac à roulettes, jusque-là laissé près du banc de touche pour cause de vestiaires fermés.

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Luis Miguel Bravo (à droite), « le plus Colombien des Français » selon un coéquipier. « J’ai déménagé en France à trois ou quatre ans », explique sans accent le seul buteur du match.

Marco, le gardien du but aux longs cheveux à la Ochoa, aura donc du travail pour sa dernière après trois ans au club. Il retournera en effet en Colombie cette semaine, en ayant grandement contribué à la qualification de ses coéquipiers avec un match presque aussi spectaculaire que ceux d’Ochoa, et pas seulement pour ses arrêts : face-à-face gagné en restant debout et en repoussant le ballon du genou, sortie hors de sa surface en allant percuter un adversaire au passage, genou haut sur une sortie aérienne qui provoquera un moment de tension entre les deux équipes…

Les Antillais de Villeurbanne pourront se consoler en se disant qu’ils ont au moins remporté le match des tribunes. Ou plutôt de la tribune, quatre rangées de béton qui vibrent en deuxième période au rythme de deux tambours et d’une grosse enceinte qui diffuse du reggae et de la musique antillaise. La dizaine de drapeaux accrochés par les Latinos sur le grillage ne fait pas vraiment le poids, mais ce sont pourtant bien leurs hinchas qui auront le droit de rêver le week-end prochain avec le premier tour de Coupe de France contre Fontaines (D2), toujours à l’Estadio De La Sarra.

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Hugo Hélin

(Photos Hugo Hélin / Le Libéro Lyon)

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