On était à FC Croix-Roussien – Stade Amplepuis (Coupe de France)

Chartreux

COUPE DE FRANCE. Après avoir vécu un tour de cadrage exotique entre le FC Latino et les Antillais de Villeurbanne et suivi un arbitre lors du premier tour entre les Cheminots de Vaise et l’AS Algérienne de Villeurbanne, on s’est glissé par la porte du très discret stade des Chartreux pour suivre le deuxième tour de Coupe de France. Un bon choix, puisque c’était la première fois depuis le début de nos aventures qu’il y avait une buvette.

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup. Et encore plus lorsqu’il fait plus de 30 degrés, qu’il n’y a presque pas d’ombre autour du terrain synthétique et encore moins de places assises. Dans ses conditions, une bière fraîche en écoutant les meilleures punchlines de la main courante est un plaisir presque inégalé. La moquerie sur le coup d’envoi effectué par Amplepuis (R3) et envoyé directement en touche dans les 30 mètres adverses (« C’est bien une tactique de Régionale, ça ! ») a toutefois rapidement laissé place chez les supporters locaux à des vannes sur le surpoids post-estival des potes alignés ce dimanche.

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Le club de la Croix-Rousse (D2) n’a en effet jamais semblé en mesure de créer un petit exploit ce dimanche, à un moment de la Coupe de France où le concept de Petit Poucet n’existe de toute façon pas réellement. Mené au bout de trois minutes, le FCCR aura certes tapé deux fois le poteau (sur un penalty dévié par le gardien en fin de première période et une frappe en angle fermé au cœur de la deuxième période), mais sa défaite 0-8 ne souffre d’aucune contestation. Tant pis pour le suspense, tant mieux pour les yeux. Car Amplepuis nous aura rappelé qu’une bière fraîche et des discussions rigolotes c’est bien, mais que le foot c’est encore mieux.

Et si le spectacle aura valu le coup d’œil, c’est grâce à des visiteurs qui ont assuré l’intégralité du spectacle (exception faite d’un riverain mangeant une banane en slip sur son balcon) en étant largement au-dessus du lot d’un point de vue foot. Individuellement, avec une qualité technique et une vivacité qui ont parfois mis sur les fesses les latéraux adverses, et illustrées aussi par un coup de sombrero alors que le ballon était à l’arrêt au sol ou une superbe frappe en lucarne depuis le coin de la surface. Collectivement aussi, avec un jeu à la limite du bielsisme où tout le monde semble courir pendant 90 minutes malgré certains gabarits à peine sortis de l’adolescence, des courses croisées pour offrir des solutions aux porteurs, et des changements d’ailes ou des dédoublements réalisés les yeux fermés.

 

« Et ça va donner au 13… Et ça va chercher de l’autre côté… » Quelques minutes après l’ultime but des rouges, marqué suite à des une-deux tranquilles dans la surface adverse, des supporters locaux oscillent d’ailleurs entre dépit de voir leur équipe se faire transpercer si facilement et admiration devant le football limpide joué par leurs adversaires. Le président du club d’Amplepuis, qui a comme nous cherché un peu d’ombre dans un coin en deuxième période, révèle lui le secret du jeu enthousiasmant du promu en R3. Entre jeunesse et habitudes bien rodées. « A part le capitaine qui a 27 ans, tous nos joueurs doivent avoir moins de 22 ans là. Et sur le terrain, il y a en six qui ont joué la finale de Coupe du Rhône U19 en 2017. » Une stabilité facilitée par la situation géographique de la ville, aux confins du département. « On peut garder nos joueurs longtemps à Amplepuis. Bon, le problème c’est qu’une fois qu’ils sont partis, c’est dur de les faire revenir. »

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Hugo Hélin

(Photos Hugo Hélin / Le Libéro Lyon)

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