Évian-OL : le drame de Haute-Savoie

RANK’N’OL #S02E08. Quatrième défaite en dix jours (2-1) et voilà les Lyonnais qui torpillent un peu plus leur début de saison. Au terme d’une première mi-temps catastrophe qui devrait rester comme un sommet de ce mois-doute, l’OL a rendu un peu plus criantes ses faiblesses du moment : défense, jeunesse, absence de cadres. La seconde période ne pouvait que sauver les dernières apparences et ouvrir la voie au charity Rank.

 

Le compte rendu du match : Tout dans le dos, rien dans le ventre

 

Olympique Lyonnais

Le mode d’emploi : Let’s Rank’n’OL !

 

1. Jordan Ferri. On aurait aimé vous conter la belle histoire du premier but en Ligue 1 de Jordan Ferri. Malheureusement, si le tir pleine lucarne vaut le détour, il n’a pas vraiment changé le cours de l’histoire. Ou alors l’histoire se répète. Après avoir réalisé un bon match et manqué d’être décisif contre Reims – avec un penalty provoqué que Grenier a envoyé dans les nuages –, Ferri a marqué pour rien à Annecy. Même pas pour une révolte, et encore moins la sienne. Et s’il a failli être encore décisif, c’est en envoyant Sougou au but après une passe ratée. Sans conséquence là non plus. À moins de se dire que c’est très précisément là que se situe le destin de Jordan Ferri : dans une histoire sans conséquence.

2. Nabil Fekir. La trajectoire de Nabil Fekir a pris un peu plus d’épaisseur. D’abord parce que le petit ailier gaucher (1,73 m) a réussi à revenir à l’OL après en avoir été renvoyé. Un passage trop brillant à Saint-Priest a suffi à convaincre ses formateurs de revenir sur leur décision. Mais aussi parce qu’il a débuté sa carrière pro par deux matchs au cours desquels il a été le meilleur joueur de son équipe. D’accord, il n’aura pas eu à fournir beaucoup d’efforts pour cela. Peut-être au moins en tirera-t-il les conclusions qui s’imposent : on n’est rien sans les autres. Même quand on est le plus doué. Et ça, ça peut changer un destin.

3. Bafétimbi Gomis. C’était peut-être le seul accroc d’une communication plutôt maîtrisée au vu du caractère désespéré de sa situation. Parce qu’avant de porter une cravate verte, Gomis a laissé planer l’idée qu’il pourrait laisser passer cette saison sans jouer et continuer ainsi à encaisser le chèque à la fin de chaque mois. La preuve par l’absurde de ce bras de fer dans lequel Jean-Michel Aulas a bien voulu se lancer. A quelques mois de la Coupe du Monde, on était prêt à annoncer un genre de suicide professionnel pour un joueur qui était encore international il y a trois mois. Avant de revenir sur cette interprétation quatre défaites plus tard : le vrai suicide du moment, c’est bien de jouer dans cette équipe. On ne sait pas encore si Gomis manque vraiment à l’OL. Ce qui est sûr, c’est que cet OL-là ne lui manque pas vraiment.

4. Sidney Govou. Comme le veut désormais la coutume, Govou a profité de la rencontre pour se pointer. En joueur toujours plus libre, et ce jusque dans le contrat. On ne le reverra peut-être plus un terrain. Reste que son apparition a trouvé un écho retentissant chez les seuls types à la hauteur cet après-midi, les supporters lyonnais. Sinon, Sid a parlé de ce qu’il connaît le mieux : de l’OL. Où les choix à l’œuvre pourraient renvoyer à sa carrière lyonnaise, celle d’un joueur issu de la formation qui finit par s’imposer comme l’un des cadres majeurs. A cette différence près : avec Benzema – et dans une moindre mesure Ben Arfa –, Govou a bien été une exception à qui il a fallu planter un doublé face au Bayern en Ligue des Champions pour s’imposer. Depuis mai dernier et la défaite face au PSG, à chaque fois que Garde fait entrer Fekir, Bahlouli ou Benzia, il est moins question de faire une différence à la Sid que de révéler un peu plus l’impuissance du moment. À ce rythme, on est prêt à parier que la suite de la saison paraîtra bien plus longue que la dizaine que Govou a passée sous le maillot lyonnais.

5. Jean-Alain Boumsong. Boumsong a laissé trois grands souvenirs de son passage entre Saône et Rhône :

1. ses apparitions les soirs de grand récital à l’Auditorium et à l’Opéra, où il baissait la garde pour livrer son lot de recensions passionnées de la saison lyrique en cours.

2. un 8e de finale de Ligue des Champions face au Barça (février 2009), genre de symphonie héroïque qui ramène contre toute attente Messi à sa condition de petit garçon.

3. une touche de Pujol quelques semaines plus tard à Valenciennes qui envoie Audel au but et liquide les derniers espoirs de la saison. Cris ne s’en remettra d’ailleurs jamais : « Sur une touche ! Prendre un but sur une remise en touche en Ligue 1, franchement… » Sur l’action, Boumsong et Grosso commettent l’impardonnable : ils tournent le dos.

Devenu consultant, on imagine que Boumsong a dû apprécier l’hommage que Bisevac a rendu à ce dernier chef-d’œuvre. 69e minute, le défenseur serbe envoie dans les tribunes un ballon qui traînait côté droit. Il se replace alors en marchant, le dos tourné à la remise en jeu d’Évian. La seconde et les quelques mètres de retard suffisent à donner une nouvelle occasion de but à Wass et Barbosa. Dans la foulée de la défaite de Valenciennes en 2009, Aulas avait rassemblé ses joueurs et menacé de solder les comptes en fin de saison. Aujourd’hui, difficile de solder quoi que ce soit quand tout semble déjà bradé. Jusqu’à ce qui devait être le vrai temps fort de la saison, ce début de calendrier qui, après Reims, passait par Évian.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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One Comment

  1. lichacass

    2 septembre 2013 at 12:33

    Vu du stade, la défense était une vraie cata. Fébrile sur chaque ballon reçu mm sans pression aucune, ça fait peur…
    Le milieu de terrain comme depuis trop de temps, une passoire défensivement, et devant, j’ai trouvé très très faible y compris Fekir, dont je trouve qu’il a de bonnes aptitudes individuelles mais après pour le jeu en équipe, c’est pas encore ça…

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