La Duchère – Villefranche (2-2) : un derby, un vrai, avec une polémique !

LDASFCVB

NATIONAL. Les deux clubs rhodaniens de National se sont quittés sur un match nul (2-2), après deux mi-temps identiques au tableau d’affichage (un but de Thomas Robinet pour Villefranche, un coup de pied arrêté pour la Duchère). Mais la rencontre, musclée sur la pelouse et conclue par l’expulsion d’Hamadi Ayari sur un tacle vengeur (90e), a aussi été marquée par un incident survenu à la pause hors du terrain.

Lyon Duchère AS : Hautbois – Nadifi, Fadhloun, Y. Ndiaye, Pierre-Charles – Banor, Ayari – Grain (Géran, 70e, puis Espinosa, 90e), Ezikian (cap.), Bouderbal -(Moizini, 77e) – Rivas. Entr. : Laurent Roussey.

FC Villefranche Beaujolais : Sauvage  – Martin, Jasse (cap.), Fischer – Agounon (Bonenfant, 80e), Sergio, Belkorchia (Taufflieb, 46e), Blanc, M. Ndiaye (Labhiri, 90e) – Robinet, Guilavogui. Entr. : Alain Pochat.

Thomas Robinet a ouvert les vannes

Ce match a peut-être été une histoire de suspension. Celle de Moustapha Bayal Sall d’abord, la plus visible sur le terrain. Car la défense centrale est un secteur où la Duchère n’a quasiment pas de profondeur de banc : Nicolas Seguin étant actuellement blessé, il a en effet fallu faire redescendre le milieu défensif Mohamed Fadhloun aux côtés de Youssoupha Ndiaye pour improviser une charnière.

Et le numéro 6 de la Duchère a été coupable sur le premier but de la partie, manquant son interception sur un ballon aérien en profondeur en se jetant trop (ce qu’un défenseur de métier habitué à ne pas être couvert dans son dos n’aurait peut-être pas fait). Un ballon qui a profité à Thomas Robinet, qui a dribblé Maxime Hautbois et ouvert le score (0-1, 28e), avant de récidiver en deuxième période pour remettre les deux équipes à égalité (2-2, 52e).

Un doublé qui a permis à l’ancien de Sochaux, redescendu d’une division cet été, de porter son total de buts en championnat cette saison à 9. Une stat qui ne suffit pas à décrire tout le bien qu’a fait Robinet à Villefranche ce vendredi. « Son match est à l’image de ce qu’il fait depuis le début de saison : il est généreux, combatif, il se bat sur tous les ballons et il se crée deux situations magnifiques où il fait le bon choix en éliminant le gardien, ce qui n’était pas évident, et arrive à redresser le ballon en angle fermé », louait ainsi son entraîneur Alain Pochat.

« C’est un garçon qui a joué au-dessus, ça se voit. Et en plus il a un état d’esprit irréprochable. Quand on voit les courses des attaquants, ça stimule tout le monde. Ce sont eux les premiers défenseurs. On a su empêcher la première relance de la Duch’ parce que Thomas et Guila (Mohamed Guilavogui) ont fait les efforts. C’étaient les conditions nécessaires pour répondre à la qualité de l’adversaire. »

Matthieu Ezikian, l’arme fatale

Une qualité incarnée notamment par Matthieu Ezikian, dont on a l’habitude de chanter les louanges et qui a de nouveau été fantastique ce vendredi. Le milieu de terrain de 28 ans avait (comme très souvent)le pied chaud sur coups de pied arrêtés, ce qui a permis à son équipe de s’en sortir malgré sa difficulté à faire le jeu face au pressing caladois et des phases de transition moins tranchantes que d’habitude selon l’aveu même de l’entraîneur Laurent Roussey.

Ezikian a fait planer un danger constant sur chacune des nombreuses fautes de l’arrière-garde caladoise, terminant avec une passe décisive sur corner pour Youssoupha Ndiaye (1-1, 32e) et un but sur un coup franc lointain et excentré qu’il voulait jouer indirect mais que personne n’a réussi à dévier (2-1, 49e). Et l’addition aurait pu être plus salée sans un sauvetage d’Alexis Sauvage sur un coup franc flottant (39e) ou si le ballon était retombé un poil plus vite sur une nouvelle tentative dans l’exercice (79e) par exemple.

Un atout décisif dans la course au podium de National. « C’est un championnat où les coups de pied arrêtés sont très importants. On l’a vu ce soir, on l’a vu à Pau. Tant que ça marche, on en profite », confiait sans tirer la couverture à lui Ezikian, dont on se demande toujours ce qu’il fait en National. Et dans cet exercice des coups de pied arrêtés aussi, dur de se dire que la suspension de Bayal n’a pas pesé. Lorsqu’on lui fait remarquer que la présence du Sénégalais, autre arme fatale sur phases statiques, aurait pu lui permettre de gonfler ses stats vu quelques situations chaudes où le ballon était tout proche d’être repris, Ezikian abonde en riant : « Je pense que Mous’ aurait mis un triplé ce soir ! »

La polémique de la pause

L’autre suspension qui aura eu un impact sur le match aura été celle d’Alain Pochat. Car l’entraîneur de Villefranche, qui suivait le match dans la tribune du stade de Balmont en hurlant ses consignes tactiques, aura été impliqué dans une polémique née à la pause. Ou plutôt quelques secondes auparavant, le moment choisi par Pochat pour enjamber la barrière afin de descendre sur la piste d’athlétisme et pénétrer dans le tunnel. La suite est plus confuse.

Quelques supporters signalent bruyamment la présence du coach suspendu et Pochat ressort du tunnel quelques secondes, au corps-à-corps avec le responsable de la sécurité de la Duchère qui le repousse pendant que l’entraîneur caladois essaye de se sortir de son emprise. Un délégué s’interpose entre les deux hommes, permettant à Pochat de sprinter dans le tunnel, suivi ensuite de la sécurité puis de certains joueurs ayant accouru après que l’arbitre a sifflé la fin de la première période. Une situation évidemment vue différemment par tous les acteurs.

Pochat

Alain Pochat en première période (Photo Hugo Hélin / Le Libéro Lyon)

Évoquant spontanément l’incident en conférence de presse, Pochat a ainsi accusé le responsable de la sécurité de la Duchère de violences envers lui et ses joueurs. « Ce qu’il s’est passé à la mi-temps est inadmissible. Quand on veut monter en Ligue 2 et aller dans le monde professionnel, il y a une façon de faire et de respecter joueurs, staff et monde du football. Et quand on met des gens dans la sécurité qui ne pensent qu’à une chose : se battre et mettre des coups de poing, que ce soit aux joueurs ou au staff… […] Je suis descendu deux minutes avant la fin, comme tous les coachs font. Pour aller dans mon vestiaire et justement pour qu’il n’y ait personne dans le tunnel à ce moment-là. Et le gars de la sécurité fait du zèle, à me prendre comme si j’étais un voyou de bas étage, à vouloir me mettre des poings dans la tête, à vouloir se battre avec mes adjoints et mes joueurs… »

Une version contestée par la Duchère. D’abord, sitôt Pochat sorti de la salle de presse, par la voix du chargé de communication du club qui est revenu sur les propos du coach adverse. En défendant d’abord la réaction du responsable de la sécurité, qui « a agi comme il l’aurait fait si un spectateur lambda avait franchi la barrière et tenté de pénétrer dans le tunnel » et en indiquant que l’entraîneur de Villefranche aurait dû accéder aux vestiaires via le chemin normal. Et en réfutant ensuite les accusations de violences, « ce qu’ont confirmé dans un premier temps les délégués puis monsieur Sauvage, gardien de Villefranche, qui a indiqué que le responsable de sécurité n’avait pas porté de coups. »

Roussey, entraîneur de la Duchère arrivé quelques minutes plus tard en conférence de presse, abordera lui aussi spontanément le sujet au détour d’une réponse sur la rencontre : « Quelque part au fond de moi, j’ai l’impression d’avoir gagné ce match. Parce que quand je vois un entraîneur se comporter comme ça… Je pense qu’il y a des règlements, une fédération, des commissions. J’attends avec beaucoup d’impatience ce qu’il va sortir de ce qu’il s’est passé à la mi-temps. » Avant de préciser sa pensée en quittant le stade, sur la piste d’athlétisme longeant le terrain désormais éteint : « Si la commission fait son travail, on est troisièmes ce soir. »  En attendant d’éventuelles répercussions, c’est bien Villefranche qui a deux points d’avance sur la Duchère.

National

Hugo Hélin

(Photo Lyon Duchère AS)

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