Dimitri Liénard, l’anti-star système

Liénard

INCULTURE FOOT. Vous vous souvenez sans doute de son coup franc contre l’OL lors de la 37e journée. Mais Dimitri Liénard a aussi incarné au cours de ces derniers mois le footballeur authentique 100% terroir. Pas un hasard, mais un vrai choix de carrière.

Nous sommes en 2003. Dimitri Liénard a 15 ans. Celui qui est alors l’un des adolescents les plus cotés de la planète football (et qui est d’ailleurs comparé à « un mix entre Ryan Giggs et Cristiano Ronaldo » par Sir Alex Ferguson himself) fait un choix de carrière surprenant. Le Belfortain refuse en effet le salaire mirobolant proposé par l’OM pour intégrer son centre de formation et décide de retourner dans le football amateur.

Un choix qui se base en grande partie sur l’échec de l’équipe de France lors de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon l’année précédente. Liénard et ses conseillers anticipent la fin de la hype. Finis les joueurs stars qui font du jet-ski avec Linda Evangelista et des pubs pour les biscuits TUC. Les gens veulent désormais des footballeurs humbles et proches d’eux.

Le jeune Liénard s’astreint pour cela à un programme draconien. Visionnage quotidien de TPMP, chips avant chaque repas, tuning d’Audi A3, port de T-shirt Airness : le milieu de terrain de l’USC Sermamagny, de l’ASM Belfort puis du FC Mulhouse ressemble parfaitement aux supporters venus l’acclamer derrière la main courante.

Son talent lui permet comme prévu de percer et de gravir petit à petit les échelons. Liénard rejoint Strasbourg en 2013 et y gagne ses lettres de noblesse dans les divisions inférieures, en jouant avec des coéquipiers médiocres aux noms bien de chez nous, Jérémy Grimm, Jérémy Blayac, Corentin Munch et autres Martin Terrier.

La saison dernière, en Ligue 1, est vraiment celle de la consécration. Liénard a l’air d’un type normal. Liénard se qualifie de « paysan de Belfort » dans une interview à la bonne franquette. Liénard boit une bière en zone mixte. Liénard a eu « peur pour tout le peuple alsacien » avant d’assurer le maintien contre l’OL. Liénard est devenu un personnage de la Ligue 1. Liénard sera à coup sûr nommé au Ballon d’eau fraîche. Liénard va à la plage. Liénard sait compter deux par deux et lacer ses chaussures.

Même la Coupe du monde remportée par la France (un événement qui a remis les footballeurs stars à la mode et donc fait du mal à tous les Liénards de France, huit ans après la consécration à Knysna) ne devrait pas trop être préjudiciable à son petit business. Liénard devrait en effet pouvoir compter sur un petit 1200€ de piges mensuelles à France Bleu Alsace lorsqu’il prendra sa retraite sportive. Plus que ce que touche n’importe quel ex-pensionnaire du centre de formation de l’OM grâce au football.

Zénon Zadkine

(Photo RCSA)

One Comment

  1. Rosette

    30 août 2018 at 1:07

    Les ex-pensionnaires de L’OM gagne plus de 1700 euros par mois.
    À raison de 20 euros la barrette, 50 barrettes par jour, 22 jours par mois…

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