Comment encore rire avec cet OL

OL

ZÉNON C’EST NON. C’était un club qui n’a pendant longtemps offert que très peu d’émotions, à part un brin de détestation quand il alignait les titres. Et puis les choses ont changé. Les gens ont d’abord continué à le détester, plus par habitude qu’autre chose puisque personne ne regardait ses matchs (Sam Umtiti, on pense à toi), mais l’OL est peu à peu devenu sympathique, grâce à son centre de formation, et même drôle, grâce au Libéro Lyon.

Sauf que ce temps-là semble révolu. L’OL gagne un match sur cinq, l’OL ne joue pas de coupes d’Europe, l’OL a des joueurs prometteurs qui vont au clash pour partir au Stade Rennais (on a toujours du mal à croire qu’on a écrit cette phrase) : l’OL est tout simplement devenu un de ses clubs de Ligue 1 difficilement différenciables les uns des autres, ceux qu’on aperçoit au détour d’un multiplex suivi en lisant un magazine et en levant juste la tête sur les buts.

Pire, l’OL est triste. Il n’est même plus drôle. Bruno Genesio avait au moins une exigence en accord avec le budget du club sur ce point-là, en nous offrant des phrases drôles à la pelle et en donnant même de sa personne en-dehors de ses heures de travail, au Azar ou dans un élevage de rennes. Pour ne pas vous laisser déprimer plus longtemps, on a quand même voulu vous prouver qu’il était toujours possible de rire avec l’OL.

Ouvrez les yeux, Rudi Garcia est un personnage drôle !

Prenez un peu de recul. Un mec qui ressemble à Jordan Belfort pendant son entretien d’embauche et se transforme en chargé de clientèle à la Caisse d’Epargne Mâcon une fois qu’il a le poste. Un mec qui tente désespérément de s’en tenir à la langue de bois et d’être gentil avec tout le monde pour qu’on l’aime, mais qui finit systématiquement par raconter n’importe quoi sur un ton agressif parce que les gens se moquent de lui. Un mec qui préfère pendant des mois Lucas Tousart à Maxence Caqueret et vend Amine Gouiri pour acheter Karl-Toko Ekambi. Ce mec-là est objectivement un personnage comique fort.

Rudi Garcia est en effet la synthèse de quelques grandes figures de l’humour : Michael Scott de The Office pour le côté incompétent mais terriblement sûr de lui, Jean-Claude Convenant de Caméra Café pour le côté incompétent mais terriblement sûr de lui, et Raymond Domenech de l’UNECATEF pour le côté incompétent mais terriblement sûr de lui. Il faut s’y faire : Garcia est bel et bien un excellent ressort comique. A condition de ne pas supporter le club où il exerce, certes.

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Appréciez les centres de l’OL !

Même le jeu de l’OL ne fait plus passer d’émotions. Récemment, Fekir, Lacazette et Ndombele étaient là pour se charger du kif, Morel, Rybus et Mapou étaient là pour se charger du lol, et Bertrand Traoré hésitait entre les deux catégories. Dans le marasme collectif actuel, même Aouar, Memphis et Cherki n’arrivent plus à allumer le feu. Et le côté comique du sportif est lui aussi en rade : Marçal est parti, Mendes et Andersen sont sur le banc de touche, et Marcelo est bon depuis presque dix matchs consécutifs.

Les matchs n’ont plus aucun intérêt, ni footballistique ni humoristique  et il devient difficile de rester éveillé quand ils sont programmés à l’heure de la sieste, comme dimanche à Lorient. Seule petite éclaircie : les centreurs ! Léo Dubois et surtout Maxwel Cornet sont en effet indispensables dans cet OL, comme vous l’explique depuis si longtemps votre tonton de 55 ans qui mate un match tous les trois mois. Les pistons ont en effet un rôle-clé, de pourvoyeurs d’humour plutôt que de danger. Comme eux, oubliez donc votre héritage comique balourd lyonnais (Laurent Mourguet, Frédéric Dard, Laurent Gerra, Hugo Hélin…) et appréciez la finesse du comique de répétition de leurs centres (avec en moyenne 32 tentatives par match, vous apprendrez vite !). Et avouez que « Le Running-Gag » est le surnom idéal pour Cornet, celui qui réunit parfaitement ses deux caractéristiques principales.

(on vous met un des rares centres réussis de Cornet cette saison – vu que le ballon arrive ensuite à Tete – même si on n’est pas sûrs que les boîtes de stats l’aient compté)

Think outside of the (penalty) box

L’Institution OL est suffisamment forte et son activité suffisamment diversifiée pour résister à cette crise de l’humour. Ne vous concentrez pas sur le terrain. Riez de l’EBITDA en collant du jargon comptable au milieu de phrases en franglish. Parodiez les tweets d’Aulas, leurs @ aléatoires au début et leurs abréviations incompréhensibles ensuite. Parodiez les discours d’Aulas, ses « X ans d’expérience dans le football » et ses « Y qualifications d’affilée en coupes d’Europe » (ah non, mince). Faites des paris pour savoir si le prochain communiqué officiel commencera par « L’OL s’étonne » ou « L’OL prend acte ».

Moquez-vous du miel, des maillots « lifestyle », des « clubs amis », des influenceurs qui sont responsables des défaites, des bons supporters qui racontent systématiquement leur déplacement à Louhans en D2 en 1986 pour critiquer les précédents, du côté bobo bienveillant de Juninho, des emplois fictifs d’Houllier, des comparaisons de Lacombe, des recrues de Maurice… Et l’avantage principal de cette technique, c’est que vous n’êtes même plus obligés de vous infliger les matchs.

Zénon Zadkine

(Photo Damien LG / OL)

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