Ce que l’on ne veut plus voir à l’OL en cette fin de saison

Dubois

TACTIQUE. Y croire ou pas pour la fin de saison ? C’est le dilemme des supporters de l’OL refroidis par une défaite contre Lille plus illogique que celle à Monaco trois semaines auparavant, mais aux airs de dernière chance ratée. La cinquième place, pour l’instant qualificative en Ligue Europa Conférence, n’est pourtant « qu’à » cinq points et l’OL a parfois été convaincant ces dernières semaines, même si pas encore assez régulièrement et même si quelques détails nous énervent toujours. Tour d’horizon de ces trucs que l’on ne veut plus voir d’ici la fin de saison. 

Léo Dubois

Le titre de ce premier paragraphe a surtout pour but de couper l’herbe sous le pied de ceux qui répondront la même chose sur les réseaux sociaux en voyant le titre, sans avoir lu plus loin.

Parmi toutes les contre-performances individuelles de cet OL, celles de Léo Dubois méritent-elles vraiment plus de ressortir que celles de Thiago Mendes, à qui on peut trouver des excuses quand il joue en défense mais moins le reste du temps, de Tino Kadewere, qui semble découvrir le football à chaque match, ou de Moussa Dembélé, dont on a bien du mal à dire du positif après les matchs où il ne marque pas ? Oui.

Car les contre-performances du capitaine de l’OL sont encore plus frustrantes car il est capitaine, justement, et qu’il a donc l’occasion d’en faire presque chaque semaine, ce dont il ne se prive pas. Et elles illustrent en plus un manque cruel d’apport des latéraux à l’OL. Dubois et Emerson, les deux titulaires aux 36 apparitions en cumulé, chiffrent ainsi à eux deux… 1 but et 1 passe décisive en Ligue 1 (tous les deux pour le Brésilien). Aussi insipides qu’une des très nombreuses interviews de Dubois.

Et si on avait le même niveau d’exigence 
avec l’OL qu’avec ses supporters ?

Un OL attentiste

On a presque eu du flair en se plaignant avant Nice de l’absence d’audace de l’OL de Peter Bosz. Car le match contre les Aiglons a été l’un des plus aboutis de la saison en termes de pressing, sans doute le domaine dans lequel on attendait le plus l’ancien entraîneur de l’Ajax et de Leverkusen (deux références en la matière) et celui dans lequel son équipe nous a le plus déçus.

Et ce n’est pas qu’une question de préférence personnelle au niveau du style de jeu : on préfère effectivement une équipe qui va harceler constamment son adversaire à une autre qui se replie pour n’offrir aucun espace, mais on serait prêts à être accommodants si l’OL était aussi solide que le plus cracra des 4-4-2 de Diego Simeone.

Sauf que ce n’est pas le cas et que le bloc lyonnais a tendance à se trouer tout seul et sans effort de l’adversaire dès que celui-ci peut aligner quelques passes, comme l’illustre le but lillois du week-end. Alors autant prendre les choses en main au lieu de faire des choix de jeu conservateurs, et compter sur les efforts de tout le monde pour récupérer vite le ballon. D’autant qu’ils sont nombreux à pouvoir en faire quelque chose ensuite, et d’autant plus quand ils sont proches du but et proches les uns des autres.

Contrairement à aucune apparence, ceci n'est pas le 4-4-2 de l'Atlético Madrid. Zéro passe géniale lilloise et une moitié de pression défensive de l'OL plus tard, Gabriel Gudmundsson se retrouve seul à six mètres face au but.

Contrairement à aucune apparence, ceci n’est pas le 4-4-2 de l’Atlético Madrid. Zéro passe géniale lilloise et une moitié de pression défensive de l’OL plus tard, Gabriel Gudmundsson se retrouve seul à six mètres face au but.

Une inefficacité chronique

Avec 10,94 buts en moins que ses expected goals selon Understat, l’OL peut au moins se targuer d’être l’équipe avec le plus gros déficit offensif en valeur absolue des 5 grands championnats devant Mönchengladbach (-9,16), qui compte toutefois deux matchs en moins.

Houssem Aouar, et sa frappe du plat du pied trop écrasée légèrement excentré que le gardien capte en se couchant (vous l’avez tous parfaitement visualisée, depuis le bon endroit légèrement excentré sur la gauche), est celui qui apporte le plus sa pierre à l’édifice collectif pour arriver à ces 34 buts réels au lieu des 44,94 xG.

Le numéro 8 de l’OL a marqué 2,33 buts de moins en Ligue 1 que ce que les chiffres peuvent laisser espérer (3 pour 5,33 xG). Mais il faut aussi noter la belle performance de Tino Kadewere, qui titille Aouar en valeur absolue (2,32 buts de moins que ses xG) en ayant 6 fois moins de temps de jeu (287 minutes contre 1748) et un seul but marqué.

A ce rythme-là, le Zimbabwéen aurait besoin pour passer la barre des 10 buts de se procurer 33,32 xG, un total atteint par un seul joueur sur une saison de Ligue 1 depuis qu’Understat calcule cette stat en 2014/15 (Edinson Cavani et ses 36,87 xG en 2016 2017).

S’il ne suffit pas de crier « Marquez ! » pour que cela arrive (un running gag lyonnais a même été créé à ce propos) et que les pessimistes peuvent craindre que cette stat n’illustre un manque global de qualité devant le but, les plus optimistes peuvent tout de même se rassurer en se disant qu’un tel écart serait incroyable même avec les pires finisseurs du monde et qu’un rééquilibrage s’effectuera naturellement.

Et même si l’OL n’est pas si mal payé dans l’ensemble (8e aux expected points, 8e dans la vraie Ligue 1 sans son point retiré), cela devrait déjà suffire à remonter dans un championnat toujours aussi serré (6 points entre Rennes, 4e, et Montpellier, 11e). La surperformance défensive est en effet sans doute tenable avec un Anthony Lopes aussi régulier que cette saison.

Et comme aucun secteur n’a vraiment été convaincant, on peut aussi espérer que les stats avancées s’améliorent elles aussi. Et donc rêver à une place en coupe d’Europe. Mais peut-être pas non plus à une patate de 35 mètres à la Torsten Frings signée Aouar, il ne faut pas pousser non plus.

Hugo Hélin

(Photo Damien LG / OL)

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