Les notes de Brest-OL (2-3) : l’autre finish terne

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LES NOTES. Comprendrais-tu ma belle qu’un jour fatigué j’aille me briser la voix une dernière fois à cent-vingt décibels contre un grand châtaignier de rage contre De Sciglio ? (ou Cornet selon qui joue)

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de Brest-OL (2-3) !

Les deux premières parades d’Anthony Lopes (6) ont été très précieuses. Il a ensuite géré proprement les quelques alertes qui ont suivi (et galéré quelque peu à appréhender les bourrasques finistériennes sur ses relances). La deuxième mi-temps aurait pu être des plus frustrantes : difficile de lui reprocher quoi que ce soit sur les deux buts brestois, tandis que l’essentiel des autres tentatives locales ont fini hors cadre. Petit bonus perso avec sa sortie au poing pour finir, qui lui a sans doute fait du bien, compte tenu de ses récente hésitations sur ce type d’action.

Au jeu du « Qui est le moins neutre des latéraux lyonnais ? », on a longtemps donné l’avantage à Mattia De Sciglio (2) sur Léo Dubois (3). Peut-être grâce à un centre rentrant du pied droit vite réussi, peut-être parce qu’on en attend tellement peu qu’un côté relativement bien tenu pendant 20 minutes fait illusion. Cela n’a toutefois pas tenu le coup sur la durée, même si on reconnaîtra à l’Italien qu’il n’a pas semblé pire que Dubois à part le fait que ses erreurs aient coûté un but. Le compliment n’en est toutefois pas vraiment un, et on a toujours autant de mal à comprendre l’intérêt de prendre en prêt un joueur au mieux neutre. Dans l’axe, Sinaly Diomandé (5) et Jason Denayer (4) ont bien souffert face au jeu aérien aux allures de cheat code de Steve Mounié. Avantage ici à l’Ivoirien, pas pour son interview touchante dans l’Equipe du jour mais parce qu’il a moins souvent été pris à défaut.

Le milieu de terrain lyonnais a connu une soirée paradoxale. Il s’est fait balader dans de longues périodes où il a laissé des courants d’air plus impressionnants encore que les bourrasques de vent qui ont soufflé tout au long du match sur Francis Le Blé. Il a pourtant réussi, le reste du temps, à dominer techniquement le milieu et à priver les Brestois de ballons. Dans ces moments réjouissants mais finalement trop rares, surtout en deuxième mi-temps, les milieux ont donné le tempo du match, contrôlant assez facilement le rythme et les zones du jeu. Surtout, chaque homme du trio à eu son moment décisif : Paqueta sur un pressing sur le premier but, Mendes au pressing sur le second, Guimaraes à la passe sur le troisième.

Dans le détail, Bruno Guimaraes (6) ne s’est pas contenté de sa passe qui amène le troisième but : il offre aussi un caviar magnifique à KTE, qui aurait dû tuer le match. Très disponible, et, n’en déplaise à l’expertise du grand Pierre Menes, a cherché comment faire progresser l’équipe vers l’avant lorsque c’était pertinent. Thiago Mendes (6) a profité de l’activité de son compatriote pour se déplacer intelligemment et offrir des solutions, de quoi former un duo globalement bien complémentaire à la relance. Lucas Paqueta (7) a joué très haut, occupant même parfois une position d’avant-centre. Son intelligence dans les déplacements a permis de voir de belles combinaisons, mais son charbonnage défensif et sa qualité de relance ont parfois manqué un cran plus bas. On demande en tout cas à revoir ce milieu sans Aouar, avec Houssem en position d’attaquant. Une solution qui permet de ne laisser qu’un très bon milieu sur le banc.

Sans doute conscient que novembre et décembre sont loin, Karl Toko Ekambi (4) n’essaye plus de jouer la flambe. S’il s’est fait relativement discret, c’est aussi parce qu’il a privilégié la simplicité, pour proposer un match presque encourageant vu ses récents standards. Son duel perdu vient quand même tirer le bilan global vers le bas. Son remplaçant, Cornet, semble réussir des entrées plus remarqués quand il remplace un latéral sortant d’un match pourri.

Son positionnement hybride, à gauche sur l’infographie mais plus libre dans le jeu, était l’un des choix marquants du soir. Houssem Aouar (6) y a livré une partition relativement conforme à ses habitudes : des intentions qui font plaisir, et qui peuvent éclairer le jeu quand elles sont bien concrétisées, et un but qui fait du bien… mais aussi un chouïa trop de déchet, au global, pour qui se rappelle de son Final 8 par exemple. Remplacé par Kadewere, peu en vue dans le vaste temps faible qu’a été la fin de match (une grosse occasion quand même).

Du déchet, il y en a aussi chez Memphis Depay (8), mais il y a longtemps qu’on a décidé de s’y faire, surtout les soirs à un but (un nouveau pénalty imparable) et une passe (sur un pivot soyeux). Ses inspirations ne se sont d’ailleurs pas cantonnées aux gestes décisifs, et il a même retrouvé une ou deux actions tout en puissance pré-ligaments croisés. Et pour couronner le tout, un sauvetage derrière, sur Mounié. Slimani l’a remplacé pour une poignée de minutes.

(Photo Damien LG / OL)

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