ASSE – OL (1-0) : Puel démission

OL

LES NOTES. À force de jouer avec le feu, l’OL a offert à l’ASSE sa vengeance au bout d’un scénario qui fut le copier-coller du derby de la saison dernière à Geoffroy Guichard, avec Robert Beric dans le rôle de Dembélé. Un dénouement cruel, mais logique au vu de la pauvreté et de la frilosité du jeu lyonnais ce soir.

9e journée de Ligue 1, dimanche 6 octobre 2019

Association sportive de Saint-Étienne – Olympique Lyonnais 1-0

But : Beric (89e).

Avertissements : Youssouf (37e) à l’ASSE ; Marçal (19e) et Jean Lucas (90e+6) à l’OL.

ASSE : Moulin – Saliba, Perrin (cap.), Kolodziejczak – Bouanga, M’Vila, Youssouf (Cabaye, 90e+6), Trauco – Boudebouz – Diony (Khazri, 63e), Abi (Beric, 80e). Entr. : Claude Puel.

OL : Lopes – Marcelo, Andersen, Marçal – Rafael (Tete, 70e), Mendes (Jean Lucas, 79e), Tousart, Dubois (cap.) – Aouar – Terrier (Dembélé, 59e), Memphis. Entr. : Sylvinho.

Les notes : Lopes 7 – Marcelo 5, Andersen 7, Marcal 6 – Rafael 3, Mendes 2, Tousart 3, Aouar 6, Dubois 2 – Terrier 2, Memphis 3.

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Un 3-5-2 d’une pauvreté abyssale

Décidément, les points de ressemblance entre Génésio et Sylvinho se multiplient : changer les hommes et le système après une défaite et tout garder après une victoire, mais aussi ne pas savoir animer offensivement un 3-5-2 qui reste un système exigeant dans l’utilisation des latéraux. Or les Lyonnais ont donné tout le match une leçon d’animation ratée : des latéraux à contretemps et trop bas, des milieux sans dépassement de fonction et des pointes trop isolées.

Très vite, ils sont apparus à court d’idées sur les sorties de balle, un problème récurrent sous Sylvinho. Et le coach de l’OL, malgré des changements moins tardifs qu’à ses débuts, n’aura jamais modifié son système ou son animation ni pesé sur le déroulement du match, se contentant de remplacements poste pour poste et laissant Reine-Adelaïde sur le banc. Au final, le bloc lyonnais aura été perpétuellement trop bas, ne réussissant que 48 passes destinées au dernier tiers du terrain adverse (voir infographie plus bas).

Lopes et le néant

Comme il en a l’habitude face aux verts, Lopes (7) a été irréprochable. Deux gros arrêts face a Boudebouz et Bouanga et une présence autoritaire dans sa surface, comme sur cette sortie énergique sur Trauco au sol (36e). Rien à faire sur le but pour lui.

Là où Dubois et Koné avaient plutôt correctement animé leur côté à Leipzig, Rafael (3) et Dubois (2) ont sombré. Le premier, possiblement à court de rythme, ne s’est jamais réellement projeté pour offrir des solutions hautes dans son couloir. Le second l’a fait, mais avec un niveau de pauvreté technique rarement atteint. Sa délocalisation sur son mauvais pied lui a fait enchaîner erreurs et mauvais choix – clairement une faute de la part de Sylvinho d’avoir maintenu ce système sans avoir les hommes pour le faire vivre. Blessé, il a même laissé ses coéquipiers en infériorité numérique pour les dix dernières minutes.

Dans l’axe, Marcal (5) a livré une copie correcte. Vite averti, il a cherché à offrir des solutions de relance et s’est montre présent dans les duels. De l’autre côté, Marcelo (5) a presque tout bien fait, s’imposant au sol et surtout dans les airs et protégeant bien sa surface (5 duels aériens gagnés sur 6, 7 dégagements). Mais il oublie Beric dans son dos sur le but…

Andersen, rampe de lancement

La grande satisfaction de la soirée viendra du match de Joachim Andersen (7). Excellent dans un scénario similaire face au PSG, le Danois a livré une copie défensive de qualité. Toujours bien placé pour défendre dans la surface (comme en témoignent ses 5 duels aériens gagnés sur 5 et ses 9 dégagements), il a livré une deuxième mi-temps superbe sur le plan de la relance, en étant la seule vraie source de danger pour l’OL. L’une de ses offrandes lance Aouar au but, mais la réalisation du numéro 8 lyonnais sera annulée pour hors jeu. Dommage qu’une telle qualité de pied soit gâchée dans un collectif avec si peu de mouvement et d’opportunités de relances. Il est apparu frustré par instants face au manque d’appels de ses coéquipiers.

Passes de J.Andersen – source StatsZone

Passes de J.Andersen – source StatsZone

Aouar surnage, Mendes se noie

Dans un milieu où Lucas Tousart (3) bien que combatif, n’aura jamais aidé son équipe à ressortir correctement le ballon, Thiago Mendes (2) a totalement coulé. Absent des débats à la relance, il n’a jamais su élever son intensité au niveau attendu pour un derby. Sa pire performance sous le maillot lyonnais. Devant eux, Houssem Aouar (6) fut longtemps le seul espoir de liant entre défense et attaque pour l’OL. Les Stéphanois l’ont vite compris, envoyant 2 à 3 joueurs dans sa zone pour l’empêcher de se retourner, tandis que Perrin sortait de la charnière lorsqu’Aouar arrivait à prendre de la vitesse. Quelques éclairs dans la grisaille, mais surtout une occasion ratée qu’il ressassera longtemps, deux minutes avant le but de Beric. Il aura suffi à l’ASSE de limiter son influence pour anéantir l’essentiel du jeu offensif de l’OL. 


Terrier invisible, Memphis prévisible

Très rapidement, il devint évident que Memphis (3) allait livrer l’un de ces matches frustrants dont il a le secret. Il a régulièrement tenté le dribble de trop, ou attendu trop longtemps avant de tenter la passe que le jeu demandait (66e pour Dubois). Il a certes réussi 4 dribbles, mais en a raté 5, témoignant de son entêtement à faire seul la différence. Pas avare d’efforts, mais ça ne suffit pas. À ses côtés, Martin Terrier (2) a vécu un match cauchemar. Discret, dur à trouver, jamais tranchant, il n’a pas confirmé son excellente prestation de Leipzig. Remplacé par un Dembélé vaillant mais trop peu servi.

Les passes lyonnaises dans le dernier tiers montrent à quel point l’OL n’a jamais réussi à créer du danger en passant par l’axe du terrain.

Les passes lyonnaises destinées au dernier tiers montrent à quel point l’OL n’a jamais réussi à créer du danger en passant par l’axe du terrain. – source StatsZone

Aucun changement de Sylvinho n’aura eu de réel effet – encore une fois, le coach de l’OL apparaît incapable de modifier son animation ou de corriger les lacunes de son équipe en plein match. Un énième entêtement (peut-être le dernier) qui coûte cher ce soir, au niveau du classement (l’OL est 14e à 7 points du podium, et à seulement 1 point de Metz) comme au niveau de l’honneur.

Etienne M.

(Photo Damien LG / OL)

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