OL et Juvisy, pourquoi se détestent-elles ?

FÉMININES. Cristallisée par l’épisode du bras d’honneur de Patrice Lair lors de la dernière Ligue des champions, la rivalité entre Lyon et Juvisy bat son plein. Sur fond de lutte entre mondes professionnel et amateur, ce nouvel épisode, samedi (18h45) à Gerland dès la 2e journée de D1, sera forcément savoureux.

FOOTBALL : Juvisy vs Lyon - D1 feminine - 13/09/2012

L’attaquante de Juvisy et des Bleues Gaëtane Thiney n’hésite pas à y aller Franco contre l’OL. (Photo Anthony Bibard/FEP/Panoramic)

Le 13 avril dernier, le grand public a découvert lors d’une rencontre de football féminin des tensions qu’il pensait réservées aux hommes. Cette demi-finale de Ligue des champions électrique de bout en bout à Gerland et remportée 3-0 par l’OL a marqué le pic d’une animosité existant depuis neuf ans entre Lyon et Juvisy. « C’est une très grande équipe. Cela pourrait être un club qui a la classe, malheureusement il a un entraîneur qui ne l’a pas et qui fait un bras d’honneur à 3-0″, avait confié à chaud l’attaquante internationale de Juvisy Gaëtane Thiney, qu’on a connue plus sobre. Ce geste controversé de Patrice Lair, adressé selon lui à un spectateur et non au banc de touche adverse, lui a valu une suspension pour le match retour, durant lequel ses joueuses se sont montrées plus impitoyables que jamais (6-1). Cinq mois plus tard et avant des retrouvailles samedi (18h45) à Gerland pour le premier choc du championnat, que reste-t-il de cet épisode ?

L’ancien ogre de la D1 n’a plus remporté de titre depuis 2006

« C’est comme ça, ça fait plusieurs saisons que ça dure avec Juvisy », évoque simplement Wendie Renard, gênée. « C’est comme un derby alors que ce n’a pas lieu d’être un derby. Mais je m’en fous de tout ça, c’est normal que tout le monde veuille nous battre. Pour moi, c’est surtout une grande rivale qui joue bien au foot », confie de son côté la toujours classieuse Lotta Schelin. Il faut donc comme souvent se tourner vers leur entraîneur pour obtenir des confidences autrement plus musclées. « C’est une équipe que je n’aime pas, balance sans détour Patrice Lair. Juvisy m’a envoyé au conseil national de l’éthique il y a deux ans car j’avais dit que ce club était voué à disparaître. Ça avait duré vingt minutes et le Conseil m’avait félicité pour la Coupe d’Europe… J’ai toujours mon match de suspension de la saison passée en travers de la gorge. Après ces deux convocations, que vont-ils réussir à faire cette année ? » Sans doute pas à stopper l’hégémonie du septuple champion de France selon Lair, qui se méfie davantage du Paris-SG et de Montpellier. Lorsqu’il coachait le club héraultais (2005-2007), il avait déjà senti une rivalité avec les dirigeants et joueuses de l’Essonne. « Tous les clubs aux structures professionnelles les dérangent. On me les a alors présentés comme l’ogre de la D1 (6 championnats remportés entre 1992 et 2006) mais ils n’ont pas gagné de titre depuis 2006″, constate-t-il.

« Des tensions rejaillissent forcément sur l’équipe de France »

Une rivalité exacerbée la saison passée par le contrat signé par Juvisy avec la gardienne remplaçante de l’OL Céline Deville… alors sous contrat à Lyon. « Juvisy est pourtant un club qui a beaucoup de classe par rapport à l’OL », ironise Patrice Lair qui avait bloqué le transfert (libre cet été, Deville a finalement rejoint Juvisy) et « mis au placard » la joueuse. Sur le terrain, l’agressivité et la gagne impulsées par l’entraîneur trouvent encore plus d’écho dans ces chocs-là, à l’image du spectaculaire tampon infligé par Megan Rapinoe à l’encontre de Sandrine Soubeyrand, dès son arrivée en D1. Les relations entre les nombreuses internationales de l’OL et l’ancienne capitaine des Bleues ainsi que Gaëtane Thiney ne sont d’ailleurs pas au beau fixe. « Des tensions rejaillissent forcément sur l’équipe de France et on a encore pu s’en apercevoir cet été », confie Patrice Lair. Voici l’un des principaux chantiers de Philippe Bergeroo à la tête des Bleues…

Jérémy Laugier

 

La composition probable pour samedi (18h45 à Gerland, 5 € tarif unique) face à Juvisy : Bouhaddi – Franco, Renard, Kumagai, Dickenmann – Henry, Abily, Bussaglia – Necib,
Le Sommer, Schelin.

One Comment

  1. LIBERT Jean-Claude

    29 novembre 2014 at 4:22

    Bonjour,

    Il est indéniable que certaines déclarations de S SOUBEYRAND sur les internationales lyonnaises et de G THINEY si prompte à se ruer, dès qu’un micro se tend vers elle, à l’assaut de P LAIR , n’ont pas contribué à assainir le climat entre JUVISY et l’OL . Cependant
    P LAIR n’a pas le caractère à améliorer la situation et à tempérer le climat.

    S SOUBEYRAND et G THINEY et leur relation privilégiée avec B BINI ont été, à mon avis, les responsables des échecs de l’EDF aux JO 2012 de LONDRES et à l’Euro 2013 de SUEDE.

    Aux JO de LONDRES, BINI a mis sur le banc C ABILY et E LE SOMMER, les meilleures buteuses de la LDC, ne les faisant rentrer qu’en 2é MT… quand il y « avait le feu ».
    Par contre S SOUBEYRAND pourtant dépassée depuis longtemps et n’ayant pas participé au stage de préparation et G THINEY transparente et obnubilée par ses passages dans les médias ont toujours été titulaires … provoquant par leurs performances plus que médiocres et leur comportement dans la composition de l’équipe la contre performance de l’EDF au grand désespoir des lyonnaises.

    A l’EURO 2013, BINI avait rappelé L TONAZZI et enfin A HENRY, écartée par BINI depuis quelques années sous l’influence des 2 juvisiennes, pour des raisons obscures.
    Mais A HENRY n’a eu droit qu’à un nouvel affront du trio en restant sur le banc pour le match décisif contre le DANEMARK. Il a été dit et dévoilé que la composition de l’équipe en 1/4 avait été décidée entre BINI et S SOUBEYRAND.
    On a vu la performance désastreuse et pathétique de la capitaine de l’EDF qui a plombée ses coéquipières et a préféré sortir à la MT et arrêter sa carrière sur cet échec dont elle est en partie responsable avec BINI et G THINEY.
    Et A HENRY n’est pas rentrée même pour les prolongations et tirs au but … INCROYABLE MAIS VRAI !!!.

    On peut voir aujourd’hui que la connivence et le système de favoritisme imposés par BINI font partie du passé. Et ce changement est bénéfique à l’EDF car G THINEY semble avoir retrouvée sa forme de la CDM 2011 car avec BERGEROO elle n’est plus assurée d’être titulaire tout comme ML DELIE dont la réputation de « sérial » buteuse a été entretenu par BINI alors qu’elle est souvent restée muette contre les nations majeures.
    Et E LE SOMMER , la lyonnaise, éclate en EDF et forme même avec G THINEY, la juvisienne, un duo complémentaire et indiscutable en EDF … comme quoi les « querelles » peuvent s’oublier.

    BINI dans une ITW a mis en cause 4 joueuses lyonnaises. Il n’a bien sûr pas cité les noms car le courage il ne connait pas : il ne faisait pas partie de son « projet de vie » (!!) , mais le journaliste les a nommé : S BOMPASTOR que BINI a « viré » de l’EDF sans explications après les JO, C ABILY, S VIGUIER (!!!) et …..
    E BUSSAGLIA sans doute parce qu’elle avait tiré un pénalty sur le poteau empêchant l’égalisation contre le JAPON en 1/2 finale des JO !!.

    Alors les différends entre JUVISY et l’OL viennent sans doute d’une différence d’approche du football féminin : farouchement amateur pour JUVISY et professionnel pour l’OL, mais aussi et je dirais même surtout, de l’attitude et des débordements verbaux des 2 juvisiennes , « maitresses » du club et très influentes dans les décisions du club.
    Bizarrement je n’ai jamais lu de déclarations hostiles à l’OL des autres joueuses de JUVISY comme des joueuses lyonnaises à l’encontre de JUVISY … mais je les ai peut être raté !!

    J-C LIBERT

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