Lopes seconde l’âme

Olympique Lyonnais

RANK’N’OL #S03E31. D’abord, l’âme d’une équipe qui récite son football en onze passes et trente-cinq secondes pour envoyer Njie planter un but forcément marquant. Ensuite, Lopes qui doit la seconder – et bien plus que ça – quand le collectif manque de s’y perdre. Sur les trois points que l’OL a fini par laisser filer, son gardien est parvenu à en sauver un (1-1). Preuve qu’il peut en aller d’un Rank comme de la saison lyonnaise : sans gardien, point de titre.

 

Le match : Anthony Lopes sauve l’OL

 

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Le mode d’emploi : Let’s Rank’n’OL !

 

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1. Anthony Lopes

Les grands matchs appartiennent aux grands joueurs. Lacazette sur le flanc et Gourcuff à mi-temps, c’est finalement à celui qui a le moins à voir avec la partition collective qu’est revenu le soin d’incarner le match lyonnais. Il y en aura sans doute pour y voir d’abord une faillite de l’attaque parisienne, entre les doutes de Cavani et le retour poussif d’Ibrahimovic. Raison de plus pour ne pas reprocher à Lopes d’avoir su choisir son moment. Posséder le sens de l’histoire fait aussi partie de la mystique qui entoure les plus grands. Le gardien lyonnais s’est trop souvent vu reprocher de ne pas l’être assez pour saisir l’occasion au bond. Ou du moins pour la détourner de ses buts. En courant au duel sur Cavani lancé seul face à lui (12e et 61e). En tenant sa ligne comme Maginot en a rêvé sur deux têtes du Z (50e et 54e). Qu’il détourne le pénalty du Suédois (68e) et c’est l’histoire qui est rattrapée par le match, à sens unique à ce moment précis. Pour ramener un peu d’équité, le sentiment d’injustice doit alors frapper. Il prendra la forme de ce pénalty à retirer. On peut toujours y voir un conte du petit chose qui ne pèse rien devant l’aura des stars parisiennes. Dans le Rank underground, on ne parle pas de ces choses-là. Car Lopes est déjà au-delà. Pas assommé. Au sommet.

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2. Nabil Fekir

Il y a cet éclat qui, à lui seul, vaut une place dans tous les Rank’n’OL de la terre, enfin surtout celui-là. Cette passe de dingue, issue d’un mouvement, d’une feinte, avant cette délicieuse balle piquée qui envoie Clinton Njie vers l’ouverture du score (1-0, 31e). Et puis il y avait ce petit problème à régler, cette fameuse tendance à disparaître dans les gros matchs. On se souvenait de l’OM, surtout, et de Sainté, un peu. La dernière sortie à Monaco avait apporté un premier élément de réponse. La performance contre Paris, face à une défense enfin redevenue redoutable mais qu’il a transformée par à-coups en déco de jardin, a définitivement envoyé Nabilon dans la cour des mecs qui comptent. C’est officiel, Fekir résiste à la pression. Ce qui ne lui laisse plus beaucoup de limites.

Olympique Lyonnais3. Corentin Tolisso

Il en faut toujours un pour allumer la première mèche. Laquelle est déjà une question de survie après dix premières minutes passées à subir la possession parisienne. Tolisso accompagne un premier mouvement entre Gourcuff et Fekir, avant d’hériter d’un renvoi de la défense parisienne qu’il convertit en frappe (11e). On imagine alors Santini s’ouvrant une canette en se répétant qu’ils soient ronds ou carrés, c’est toujours la face d’un match qui s’en trouve changée à cause de ces foutus poteaux. On dira qu’il est d’autant plus difficile de lui donner tort que la suite n’est déjà plus la même. La possession parisienne se dilue sous le pressing d’un milieu lyonnais auquel l’impact et les montées de Tolisso donnent le tempo. Quitte à faire jouer Gourcuff un cran plus bas, en meneur protégé ou reculé – selon le degré de proximité avec Pirlo qu’on veut bien lui accorder. Si bien qu’à la 43e, ce n’est plus Yoyo qui alimente le dernier décalage de Bedimo pour Fekir au second poteau, mais bien Coco en relayeur projeté. La suite ne le permet déjà plus puisqu’il faut tenir le résultat, une victoire d’abord et un nul ensuite, jusqu’à la fin. Pourtant, Tolisso est le seul du milieu à garder sa place jusqu’au bout – on ne compte pas Gonalons qui fait déjà partie de la défense à partir de la 45e. On a compris.  Ce n’est plus lui qui tient le mieux au milieu. C’est lui qui tient le milieu.

Olympique Lyonnais4. Samuel Umtiti

Ibrahimovic est certes venu lui manger sur la tête deux fois (50e et 54e), mais on ne demandait pas non plus à Umtiti de faire ce qu’il ne pouvait pas. Alors il s’est occupé de tout le reste : couvrir Bedimo, mettre en confiance Rose (ce qui a été une réussite dans l’ensemble, à un pénalty près), jaillir pour annihiler les tentatives d’attaques parisiennes dans l’axe, assurer une première relance de qualité supérieure. Si Cavani n’en avait peut-être pas besoin, son retour sur l’Uruguayen parti dans le dos de la défense à l’heure l’a considérablement gêné (arrêt de Lopes, 61e). La première place des Lyonnais est un miracle que personne n’avait vu venir. Mais derrière Lacazette, Gonalons, Fekir et Lopes, le Fossoyeur de Ménival fait très clairement partie depuis quelques semaines de ceux qui rendent l’incongruité crédible. Et si l’OL a si souvent été beau et efficace, Umtiti ne peut y être pour rien. Par définition.

Olympique Lyonnais5. Clinton Njie

Première leçon, il y a une semaine, face à Monaco : on demandera aux doublures de (tout) bien faire à défaut de faire aussi bien que Lacazette. Benzia s’en était sorti avec les honneurs du Rank. Clinton revient avec un but. Et pas n’importe lequel. Sans doute le plus beau, parce qu’il symbolise comme aucun autre l’enthousiasme qui entoure cette équipe. On ne parle pas seulement de la formation ou du jeu à presque mille passes –onze en réalité – et qui ramène à la surface le Serpent à Sonnette de Houllier – départ plein axe, passage à gauche, retour vers le centre et déclenchement à droite. La vérité de cette équipe est ailleurs et elle tient d’abord dans cette haute conscience de sa force : chaque mouvement, chaque décision conditionne les autres – et inversement. Au point d’oublier que le onze titulaire aligné dimanche soir n’avait rien d’une évidence. Parce qu’il n’y avait pas onze titulaires justement. Il y a deux saisons, lorsque Paris était venu chercher son premier titre de l’ère qatarie, on y avait vu un aveu d’impuissance. Cette fois, ce sont précisément toutes les absences qui révèlent un peu plus la force de l’OL. Que Lacazette n’y soit pour rien et Njie à la conclusion est tout sauf un hasard. C’est une démonstration.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

Retrouvez le Rank’n’OL sur OL Dirty Bastards et le Libéro Lyon.

(Photo Frédéric Chambert – Panoramic)

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