L’OL dans la haute, ça va

Olympique Lyonnais

AMICAL. Après deux matchs face à des adversaires relativement faibles, l’Olympique Lyonnais a battu le Shakhtar Donetsk (4-1) à Annecy. Une belle performance face au quintuple champion d’Ukraine en titre, qui le devance au classement UEFA (19e contre 20e). L’OL, qui a évolué avec huit puis neuf joueurs formés au club, n’a pas toujours brillé mais a su être efficace. Comme à Copenhague, Mohamed Yattara et Nabil Fekir ont encore marqué des points.

 

Samedi 19 juillet 2014, match amical

Au Parc des sports d’Annecy

Olympique Lyonnais – Shakhtar Donetsk 4-1

Buts : Fekir (36e), Lacazette (43e), Benzia (56e), Danic (87e) pour Lyon ; Dentinho (82e) pour Donetsk.

OL (1re période) : Lopes – Tolisso, Bisevac, B. Koné, Dabo (Umtiti, 34e) – Ferri, Gonalons (cap.), Mvuemba – Fekir – Lacazette, Yattara.

OL (2e période) : Lopes – Zeffane, Bisevac (Nganioni, 67e), Koné, Umtiti – Ferri, Fekir (Danic, 67e) – Pléa, Bahlouli, Ghezzal – Benzia.  Entr. : Hubert Fournier.

 

Pour ce troisième match de préparation, Hubert Fournier avait décidé de revenir au 4-4-2 en losange, un système qu’il avait délaissé après la première mi-temps à Debrecen, privilégiant depuis une équipe à une seule pointe. Nabil Fekir se voyait confier la charge du jeu derrière Alexandre Lacazette et Mohamed Yattara, dans une composition qui ressemblait à une esquisse d’équipe type en l’absence de Clément Grenier, Steed Malbranque, Yoann Gourcuff et Henri Bedimo. Reste à savoir si le choix de commencer sans Samuel Umtiti était guidé par le retour tardif de l’international Espoir ou par la nécessité de préparer la vie sans lui

Habile Fekir

De toute façon, la charnière Bisevac-Koné n’avait pas trop de boulot, puisque le Shakhtar n’aura frappé qu’une fois au but en première période. Et encore, à côté (Taison, 26e). Auparavant, Fekir avait débuté son festival par une frappe enroulée qui passait de peu à côté du cadre après qu’il eut enrhumé Shevchuk (10e). Puis Yattara avait vu sa frappe du gauche claquée in extremis par Khudzhamov au ras de son poteau (19e).

C’était finalement Fekir qui donnait de l’épaisseur à la domination de l’OL d’une frappe chirurgicale à ras du sol de 25 mètres (1-0, 36e). L’ancien meneur de l’AS Saint-Priest, encore lui, était à l’origine du deuxième but, sept minutes plus tard : il servait Yattara, qui était fauché par le gardien ukrainien. Lacazette transformait le penalty d’un contre-pied serein (2-0, 43e).

Danic, beau perdant

Au retour des vestiaires, Hubert Fournier changeait l’intégralité de son attaque et passait en 4-2-3-1. Pas de quoi rompre l’élan dans un premier temps, puisque Benzia, bien servi par Pléa, corsait rapidement la marque (3-0, 56e). La suite était plus poussive. Il faut dire que l’OL n’évoluait plus qu’avec un seul vrai milieu récupérateur, Ferri étant successivement accompagné de Fekir puis de Ghezzal devant la défense. Et lorsque Dentinho réduisait la marque (3-1, 82e), Anthony Lopes avait déjà dû s’interposer deux fois devant Stepanenko (64e) et Costa (70e). Mais c’est bien les Lyonnais qui avaient le dernier mot, Gaël Danic recupérant une mauvaise relance du gardien avant d’aller le punir d’une superbe balle piquée (4-1, 87e). Une maigre compensation pour l’ailier de 32 ans, que le coaching de Fournier au Parc des sports d’Annecy a clairement désigné comme le grand perdant des trois premières semaines de préparation.

L’OL retrouvera Gerland mercredi soir (21 heures) pour son dernier match amical, contre le Séville FC, dernier vainqueur de la Ligue Europa. Une compétition que les Lyonnais retrouveront une semaine plus tard, en République Tchèque (Mlada Boleslav) ou en Bosnie (Siroki Brijeg). Avec, quoi qu’il arrive d’ici là, quelques certitudes.

Olympique Lyonnais

Mohamed Yattara n’a pas marqué contre le Shakhtar, mais c’est bien la seule chose qui a manqué à sa performance. (Photo Shakhtar.com)

 

Yattara fait sa promo, Zeffane celle de Jallet

Anthony Lopes : une relance ratée (en touche) sur son premier… et dernier ballon de la première mi-temps. Il bouche bien son angle sur deux frappes de Stepanenko (64e) et Costa (70e) et ne peut rien sur le but de Dentinho (82e).

Corentin Tolisso : a bien commencé en remportant ses duels avant décliner après vingt minutes, perdant quelques ballons et partageant avec Ferri la responsabilité de l’occasion de Taison après une remise de Teixeira, tous les deux bien seuls dans la surface (26e).

Milan Bisevac : un match plutôt convaincant face à une faible opposition. Mais, hasard ou coïncidence, le Shakhtar est devenu plus dangereux après sa sortie. Remplacé par Louis Nganioni, qui a été sérieux sur son aile gauche, même si le jeu du Shakhtar penchait sérieusement de l’autre côté lors des 25 minutes qu’il a passées sur le terrain.

Bako Koné : paradoxalement plus à l’aise dans l’axe gauche en première mi-temps que sur son pied en deuxième, même s’il n’a pas été aidé par Zeffane.

Mahamadou Dabo : il a commencé son match par son dribble à 180° et l’a -vite- terminé après avoir reçu un coup. Difficile de faire plus classique. Entre les deux, des soucis défensifs qui lui ont valu les réprimandes d’Hubert Fournier, mais aussi un belle passe en une touche pour Yattara (19e). Et donc ce sublime enchaînement sombrero-crochet, au sortir duquel il reçut son traditionnel coup de latte (31e). Mais c’est à cause d’une douleur à un genou qu’il est sorti trois minutes plus tard. Rien de grave d’après lui.

Samuel Umtiti : une demi-heure peinard à gauche avant de revenir en défense centrale. Si l’équipe a eu plus de difficultés à partir de ce moment-là, il n’y est pas pour grand-chose.

Jordan Ferri : co-coupable, avec Tolisso, sur la seule action ukrainienne de la première période, il a toujours pour lui pour lui cette belle qualité de balle longue, mais ces transversales n’arrivent pas toutes à destination. Solide quand il s’est retrouvé devant la défense avec le très offensif Fekir puis Ghezzal.

Maxime Gonalons : il est déjà en forme, même s’il n’a pas eu à se faire très mal. Sa volonté de jouer rapidement vers l’avant a notamment permis à Fekir de se retrouver vite -et seul- en position favorable sur le premier but.

Arnold Mvuemba : disponible, propre, mais un apport offensif trop neutre à un poste qui était celui du deuxième meneur quand il était occupé par Grenier, dans le losange « originel ».

Nabil Fekir : délicieux et décisif à la pointe du losange, avec un but de 25 mètres et la passe en profondeur (du droit) pour Yattara sur l’action du penalty. Incontestablement le grand vainqueur du mois de juillet pour l’instant. Remplacé par Gaël Danic, qui a beaucoup tenté (71e, 74e) avant de marquer un joli but. Une petite rédemption tout de même atténuée par un ballon perdu qui aura pour conséquence directe le but ukrainien.

Alexandre Lacazette : discret mais joueur, il a converti son penalty et sa relation avec Fekir et Yattara a été intéressante. Mais sa meilleure action du match restera incontestablement sa déclaration : « Je reste au club. »

Mohamed Yattara : déjà auteur d’un but et d’une passe décisive à Copenhague, le Guinéen, prêté successivement à Arles, Troyes et Angers ces dernières saisons, s’est éclaté dans l’attaque à deux pointes. Collectif et inspiré, il est revenu plusieurs fois pour gêner la relance adverse. Et s’il n’a pas ajouté de ligne à ses stats, c’est lui qui provoque le penalty pour le 2-0.

Mehdi Zeffane : on l’avait déjà vu passer à côté de son match, à Rijeka par exemple, mais rarement dans de telles proportions. Les trois plus grosses occasions, but compris, sont venues de son côté. En plus, il a été maladroit dans la relance. Si les attaquants ont montré à Annecy qu’il n’était pas forcément nécessaire de recruter pour épauler Lacazette, lui a tout fait pour rendre un peu plus urgente l’arrivée de Christophe Jallet. Ou d’un autre.

Alassane Pléa : a juste eu le temps d’offrir une balle de but à Benzia avant que le Shakhtar ne s’installe dans la moitié de terrain de l’OL. Comme il avait dejà marqué au Danemark, ça pourrait suffire à en faire un outsider crédible les jours où Hubert Fournier choisira de jouer avec des ailiers. S’il reste, bien sûr.

Fares Bahlouli : la secte bahlouliste a frémi quand le meneur de 19 ans a fait son entrée à la mi-temps. Mais, passé le premier enchaînement contrôle de la semelle-accélération, il n’a, comme toute la ligne d’attaque, plus eu l’occasion de se montrer des masses dans la dernière demi-heure. À trop vouloir les bichonner, il a même raté des passes faciles en fin de match. Un peu frustrant pour les spectateurs, mais on le reverra, puisque le nouvel entraîneur de l’Olympique Lyonnais, Hubert Fournier, a bien l’intention de le garder dans le groupe pro toute la saison.

Rachid Ghezzal : propre, même s’il n’a pas fait de différences au cours des vingt minutes qu’il a passées sur l’aile. A dépanné tant bien que mal devant la défense, mais n’a pas l’intention de s’établir à ce poste.

Yassine Benzia : un but, un tacle de récupération et déviation subtile du talon pour Pléa : en moins de deux minutes, il a montré qu’il avait bien vu la première mi-temps de Yattara. Mais il n’a plus vu le ballon ensuite quand l’OL a reculé.

Au Parc des sports d’Annecy, Pierre Prugneau

(Photo Shakhtar.com)

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