OL : jeunes et innocents

Olympique Lyonnais

RÉMI, IL EST TROP MÉCHANT. L’OL vit un début de saison catastrophique avec seulement 12 points en dix journées de championnat et la non-­qualification en Champions League. Si pas mal de joueurs avancent leurs théories sur ce qui ne fonctionne pas dans le groupe professionnel, d’autres personnes autour et surtout à l’intérieur du club ont semble-t­-il trouvé la principale cause du mal lyonnais : les jeunes.

Des cibles faciles

Quand on parle de l’OL depuis deux ou trois ans, on en revient toujours à sa politique des jeunes. Sont pratiques ces jeunes : ils permettent de justifier des choix économiques tout en passant pour une institution saine, voire philanthrope. Et surtout, quand ça ne va pas, c’est beaucoup plus aisé de tailler le gamin de vingt piges que le trentenaire expérimenté.

À Lyon pourtant, ils ne sont pas plus mauvais que les autres sur le terrain. Benzia, Ferri et Fékir ont montré sur certains matchs qu’ils avaient le niveau pour l’OL et c’est déjà très bien. Peut-on en dire autant de Bisevac et Koné cette saison ? Le problème c’est qu’on demande à Ferri et Fékir, les bonnes surprises du début de saison, d’être bons à chaque match. Avoir cette exigence avec Benzia, « le nouveau Benzema », pourquoi pas. Mais mettre tous les jeunes dans le même panier pour au final tout jeter à la poubelle, c’est navrant. Et trop simple.

Des cadres qui n’en sont pas

Une des critiques qui revient depuis quelques temps tourne autour du manque de culture de la gagne. Mais si les jeunes ne détestent pas perdre, pourquoi ne pas leur apprendre ? Sauf qu’il n’y a plus personne pour mettre des pains (Cris faisait ça très bien, pas vrai Clémy ?). Un peu trop facile de mettre la faute sur les autres sans se poser de questions sur son propre rôle. Encore faut-il une certaine légitimité. Problème : les soi­-disant cadres sont juste mauvais sur le terrain. Bisevac est le taulier de la réflexion philosophique sur Twitter à défaut d’en être un sur le terrain. Grenier, que l’on peut considérer comme un cadre au regard de ses émoluments, est à la ramasse. Défensivement, il ne fait pas le job, offensivement, il se cache trop souvent. Gourcuff a été bénéfique pendant quatre ou cinq petits matchs, c’est tout. Et vu la personnalité apparente du garçon, difficile d’imaginer qu’il apporte quoi que ce soit dans le vestiaire. Gonalons, lui, a fait un début de saison lamentable, même s’il s’est repris depuis un mois. Mais on est en droit d’en attendre davantage d’un capitaine de l’OL. Quant à Briand et Gomis, qui devaient apporter monts et merveilles, on attend toujours. Si Briand montre parfois des choses encourageantes, le poids qu’est censé faire peser Gomis sur les défenses ne se voit que lorsqu’un coéquipier le sert dans la profondeur.

Notre Pep Gardiola à nous

Faire la composition de l’OL 2013/2014, avec tous les blessés, c’est dur. La deviner relève du casse-tête chinois. Un jeu dont le but ultime consiste à deviner à quels postes seront alignés Fofana et Ferri ou encore d’anticiper la présence ou non de Mvuemba. Et autant dire que, vu la gueule des prestations, on en est presque à souhaiter qu’il fasse ce qu’il fait de mieux à l’OL : ne pas être là. Faut dire que Rémi Garde sait brouiller les pistes : contre Rijeka, Gonalons et Fofana ont échangé leurs postes comme deux Stéphanois leurs gourmettes. Allez aussi comprendre pourquoi Fofana a joué le match le plus important de la saison alors qu’Umtiti était disponible. Umtiti qui a eu quatre jours de vacances parce que le staff en avait besoin pour ce match. Umtiti qui est maintenant… blessé… Mettez au milieu de ce beau bordel une dizaine de jeunes qui arrivent de CFA et vous avez la meilleure recette pour un accident industriel (définition dans Le Petit Jean­-Michel : finir quatorzième ou quinzième alors que vous avez une équipe pour terminer dans les cinq premiers ).

Lavons notre linge sale en famille

Les jeunes sont avant tout une chance. Oui, je le dis : avoir Naby Sarr en défense centrale est une chance ! Ah le gamin est mauvais et aussi à l’aise avec ses pieds que le général Bako. Mais bordel : s’il n’était pas là, on mettrait qui ? Fofana ? Pas sûr que ce soit bien meilleur en défense centrale. Que l’on soit bien clair, certains n’ont rien à faire là. Mais si l’OL a sept blessés en moyenne depuis le début de saison et des problèmes financiers, les jeunes n’y sont pour rien. Des clubs avec un autre passé ont gagné quelques trophées avec des équipes très jeunes, l’exemple le plus récent étant Dortmund (oui des blondinets allemands, pas la jeunesse franco-­musulmane décrite ici). La comparaison ne sert à rien. Mais la stigmatisation encore moins. Des jeunes, dont certains n’ont même pas le niveau L1, ont vraiment besoin d’en prendre plein la gueule dans la presse ? Ça les aide à être meilleurs ? L’interview d’Évra et le traitement médiatique qui s’ensuit prouvent que certaines choses méritent des actes entre bonhommes plutôt que des mots dans les médias. On en revient au partage, qui d’après Benzia est une notion difficile à saisir à Tola Vologe cette saison. J’ai du mal à ne pas le croire quand je vois que tout le monde à l’OL divise l’équipe en deux, les jeunes trop vite trop riches d’un côté et les autres.

Et puis arrêtez de nous les briser avec votre « c’était mieux avant ». On le sait, même Juninho était meilleur avant.

Reminho

(Photo Frédéric Chambert – Panoramic)

4 Comments

  1. Moon

    26 octobre 2013 at 1:41

    Vous publiez les piliers de bars maintenant ?

  2. BernardHenryLevitte

    26 octobre 2013 at 10:56

    @moon la pluralité des opinions est toujours intéressante! non?

    Moi ça me va!

    • Le Libéro Lyon

      27 octobre 2013 at 5:06

      Pardon pour la validation tardive du com’, on l’avait un peu raté celui-là.

  3. Joueur de dames

    27 octobre 2013 at 6:14

    Vrai, Reminho. Sans demander sa tête tous les quatre matins, quand fera-t-on le procès de la méthode Rémi Garde ? Parce qu’au-delà des compositions d’équipe façon tirage du Super Loto, s’il y a bien une chose qui manque aux jeunes comme aux cadres de l’OL, c’est la sueur. A force de théoriser sur la racine carrée du replacement et sur le cosinus du 4-3-3, on en oublierait presque que le mouvement et l’allant sont les pierres angulaires du football victorieux… A 20 comme à 30 ans. Cet OL n’a pas faim. Or, c’est bien là toute la tâche d’un entraîneur.

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